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Les tensions en mer Rouge devraient faire grimper la demande de pétrole au premier trimestre 2024

latribune.fr

Publié le 15 mars 2024 à 10:28 - Mis à jour le 30 septembre 2025 à 20:56

La demande mondiale de pétrole devrait « augmenter plus fortement que prévu » au premier trimestre 2024 (photo d'illustration).

La demande mondiale de pétrole devrait « augmenter plus fortement que prévu » au premier trimestre 2024 (photo d'illustration).

Reuters

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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La demande de pétrole devrait augmenter pour les premiers mois de l'année, notamment à cause des attaques houthies menées en mer Rouge. Le détour désormais opéré en Afrique du Sud par les navires, leur demande une plus grande quantité de pétrole, pointe l'Agence internationale de l'énergie. En revanche, sur l'ensemble de l'année, la croissance est en passe de ralentir, selon le rapport de l'AIE.

C'est l'une des conséquences des attaques houthies en mer Rouge. La demande mondiale de pétrole devrait « augmenter plus fortement que prévu » au premier trimestre 2024, tirée notamment par l'augmentation de la demande des navires qui contournent l'Afrique pour éviter ces attaques, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

Dans le détail, la demande est attendue à 102,03 millions de barils par jour (mb/j) sur les trois premiers mois de l'année, soit 1,7 million de plus qu'au premier trimestre 2023 et 270.000 barils de plus que lors de la précédente estimation, a indiqué jeudi l'AIE dans son rapport mensuel.

Détour par l'Afrique du Sud

Les rebelles Houthis du Yémen mènent depuis novembre des attaques contre des navires commerciaux et militaires ayant des liens avec Israël. Ils affirment ainsi agir en soutien aux Palestiniens de Gaza. Ces attaques perturbent fortement le trafic maritime dans la zone, qui représente 12 à 15% du commerce maritime mondial.

D'autant que la mer Rouge est une zone stratégique, située juste avant le canal de Suez. Le volume commercial transitant par ce dernier a donc diminué de 42% ces deux derniers mois, rapporte l'ONU. Et le nombre hebdomadaire de transit de porte-conteneurs a baissé de 67% sur un an. La baisse du transit des pétroliers est, elle, de 18%, celle des cargos de vrac (grain, charbon...) de 6% et les transports de gaz sont à l'arrêt.

Pour éviter la zone, pétroliers et porte-conteneurs font un détour pas le Cap de Bonne-Espérance, en Afrique du Sud. Un crochet qui rallonge le temps de trajet et revient donc plus cher pour les compagnies. « Les perturbations des routes commerciales internationales à la suite des troubles en mer Rouge allongent les distances de navigation et entraînent une accélération de la vitesse des navires, augmentant ainsi la demande de carburant », précise ainsi l'AIE.

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Mais outre la vitesse des navires, les pétroliers sont plus longtemps en mer, ce qui a tendance à immobiliser plus longtemps les stocks de pétrole. De quoi alimenter les tensions des investisseurs.

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Frappes occidentales

Pour ramener le calme dans la zone et protéger le commerce extérieur, les Etats-Unis ont lancé en décembre une coalition de 10 pays, appelée « Prosperity Guardian ». En janvier, Washington a également mené avec le Royaume-Uni des frappes sur des positions houthies au Yémen.

Pour autant, les rebelles continuent leurs attaques. Ce vendredi matin, un navire a d'ailleurs été touché par un missile au large du Yémen, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique (UKMTO). Dans un discours prononcé jeudi soir, le chef des Houthis, Abdel Malek al-Houthi, a, en outre, affirmé que son mouvement allait « poursuivre et étendre la portée de (ses) opérations ».

«Notre principale bataille consiste à empêcher les navires liés à l'ennemi israélien de traverser la mer d'Oman, la mer Rouge et le golfe d'Aden, mais nous nous efforcerons aussi (...) de les empêcher de traverser l'océan Indien et d'aller de l'Afrique du Sud vers le cap de Bonne-Espérance», a-t-il déclaré.

Outre les incidents en mer Rouge, la demande est également alimentée par une amélioration des perspectives aux Etats-Unis, qui s'expliquent par « des opérations pétrochimiques en hausse et une économie relativement dynamique ».

Une croissance néanmoins ralentie

En revanche, pour l'ensemble de l'année, « alors que la croissance pour 2024 a été révisée à la hausse de 110.000 barils par jour par rapport au rapport du mois dernier, le rythme de l'expansion [de la demande, ndlr] est en passe de ralentir, passant de 2,3 mb/j en 2023 à 1,3 mb/j », note l'AIE.

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Le ralentissement de la croissance est ainsi à un rythme plus proche de « sa tendance historique », après une période de rebond post-Covid, mais cela n'empêchera pas la demande d'atteindre un pic historique en 2024, selon l'AIE. Juste après ces annonces, les prix du pétrole poursuivaient leur progression jeudi.

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(Avec AFP)

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