Plan de relance chinois : Pékin injecte 65 milliards d'euros dans son économie
latribune.fr
Les Bourse asiatiques sont portées par une enveloppe de 500 milliards de yuans (64,5 milliards d'euros ouverte par la Banque centrale chinoise pour stimuler l'économie.
Jason Lee
La Banque centrale chinoise a ouvert jeudi une enveloppe de liquidités de 500 milliards de yuans (64,5 milliards d'euros) promise en septembre pour redynamiser son économie. Les entreprises du pays pourront puiser dans ce fonds pour investir. Les Bourses ont apprécié.
Les Bourses asiatiques et mondiales vivent depuis plusieurs semaines au rythme des annonces de Pékin et de la Banque centrale chinoise. Mercredi, en fin de matinée, la Bourse de Shanghai reculait ainsi de plus de 5%. L'indice Hang Seng de Hong Kong perdait 1,80%. Les investisseurs ont été déçus par l'absence d'annonces lors de la conférence de presse très attendue, mardi, de Zheng Shanjie, le puissant président de la Commission nationale pour le développement et les réformes.
24 heures plus tard, les places ouvrent en hausse. A Hong Kong, l'indice Hang Seng bondissait de 3,86% pour atteindre 21.432,84 points, tandis que l'indice composite de Shanghai grimpait de 2,57% à 3.342,77 points. Celui de Shenzhen prenait 2,21% à 1.959,74 points.
Les Bourse asiatiques sont portées par une enveloppe de 500 milliards de yuans (64,5 milliards d'euros) ouverte par la Banque centrale chinoise pour stimuler l'économie. Cette mesure avait été annoncée fin septembre par le gouverneur de la Banque populaire de Chine, Pan Gongsheng, selon qui elle « améliorera considérablement » la capacité des entreprises à accéder à des fonds pour acheter des actions.
Ce programme de « swap » permettra aux « entreprises qualifiées » d'échanger des obligations, des ETF (paniers d'actifs conçus pour suivre un indice boursier particulier) ou encore des actions faisant partie de l'indice CSI 300 des bourses de Shanghai et Shenzhen contre des « actifs liquides de haute qualité » tels que des bons du Trésor ou des CBB (obligations à court terme émises par la banque centrale), a indiqué la Banque populaire de Chine. « L'ampleur de la première phase de l'opération est de 500 milliards de yuans et peut être élargie en fonction de la situation », a-t-elle ajouté, précisant que l'opération démarrait dès jeudi.
Une «relance au bazooka»
L'objectif de cette poche de liquidité est de renforcer les investissements et donc de revigorer l'économie. Car, pour rappel, la deuxième économie mondiale a du mal à redémarrer depuis la levée, fin 2022, des mesures draconiennes qu'elle s'était imposées pour lutter contre la pandémie de Covid-19. Elle est confrontée à de multiples problèmes, notamment une crise prolongée de la dette dans le secteur immobilier, une consommation chroniquement faible et un taux de chômage élevé chez les jeunes.
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Après des annonces au compte-gouttes ces derniers mois et sans effet apparent, les autorités chinoises avaient dévoilé fin septembre des mesures d'une ampleur sans précédent depuis des années. La banque centrale avait notamment réduit le taux d'intérêt à un an auprès des institutions financières, diminué l'apport nécessaire pour un emprunt immobilier et abaissé aussi les taux hypothécaires existants. Plusieurs métropoles chinoises ont par ailleurs annoncé la levée de certaines restrictions locales perçues comme un frein à l'achat d'un bien, notamment Pékin, Shanghai, Canton et Shenzhen.
Qualifiées de « relance au bazooka » par un analyste, ces mesures avaient fait s'envoler les Bourses de Hong Kong et de Chine continentale de plus de 20%. Les marchés vont désormais guetter les propos du ministre des Finances, Lan Fo'an, lors d'une réunion d'information prévue samedi à Pékin. Selon le gouvernement chinois, le responsable doit y présenter un « ajustement anticyclique de la politique budgétaire afin de promouvoir un développement économique de qualité. »
Les tensions commerciales pèsent
Par ailleurs, les autorités chinoises ont assuré mardi être « pleinement confiantes » dans le fait d'atteindre l'objectif de croissance du PIB en 2024. Le géant asiatique s'est fixé comme objectif une croissance d'environ 5% cette année, un chiffre jugé optimiste par nombre d'analystes car le pays peine à redémarrer depuis la sortie du Covid.
Reste que les tensions commerciales pèsent. Elles sont montées d'un cran, vendredi dernier, les pays membres de l'UE avaient confirmé lors d'un vote l'imposition de droits de douane sur les voitures électriques importées de Chine, malgré l'opposition des Allemands qui redoutent une guerre commerciale avec Pékin.
En réponse, mardi Pékin à annoncé sa volonté d'imposer à partir de ce vendredi aux importateurs de cognac européen le dépôt d'une caution auprès des douanes chinoises. Dans la foulée, la Commission européenne a annoncé qu'elle envisageait de soutenir les producteurs européens de brandys, dont le cognac. La Commission a déclaré dans un communiqué qu'elle allait « identifier et évaluer avec soin toutes les possibilités d'offrir un soutien approprié aux producteurs de l'UE confrontés aux effets négatifs de cette décision injustifiée du gouvernement chinois ».