Porto Rico : 72 milliards de dollars de dette "impayable"

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Il n'y a pas d'autre option. J'aimerais beaucoup disposer d'une option plus facile. Ce n'est pas de la politique, ce sont des mathématiques, a déclaré au NY Times le gouverneur de Porto Rico.
"Il n'y a pas d'autre option. J'aimerais beaucoup disposer d'une option plus facile. Ce n'est pas de la politique, ce sont des mathématiques", a déclaré au NY Times le gouverneur de Porto Rico. (Crédits : REUTERS/Alvin Baez)
Le pays aux 3,6 millions d'habitants fait face à un important exode alors que le gouvernement n'a cessé d'augmenter les taxes pour faire face au poids grimpant de la dette. Un défaut de paiement est toutefois impossible, étant donné le statut de Porto Rico.

Une annonce qui devrait avoir un large impact financier. Le gouverneur de Porto Rico, Alejandro García Padilla, a déclaré dimanche 28 juin dans un entretien au New York Times que l'île était dans l'impossibilité de payer ses dettes, s'élevant à près de 72 milliards de dollars (environ 65 milliards d'euros).

"Il n'y a pas d'autre option. J'aimerais beaucoup disposer d'une option plus facile. Ce n'est pas de la politique, ce sont des mathématiques."

En 2013, le PIB de l'île était de 103,3 milliards de dollars.

Les problèmes de Porto Rico résultent d'années de dépenses excessives, de hauts coûts énergétiques et de dépendance à la dette, d'après Ted Hampton, analyste chez Moody's, qui couvre les obligations portoricaines. Le gouverneur présentera ce lundi soir le budget de l'île à la télévision : il sera doté de 9,8 milliards de dollars, avec des coupes budgétaires à hauteur de 674 millions de dollars.

Une faillite impossible

D'après Alejandro García Padilla, l'administration "fait tout ce qui est en son pouvoir pour éviter le défaut de paiement". Il ajoute :

"Mais nous devons faire croître notre économie, sans quoi, nous entrerons dans une spirale mortelle."

Les taxes n'ont cessé d'augmenter ces dernières années, et l'exode est à son plus haut depuis les années 50. De 12.000 personnes entre 1980 et 2000, le nombre d'immigrés portoricains vers les États-Unis a quadruplué pour atteindre 48.000 par an entre 2010 et 2013, quand l'économie a commencé à tanguer, souligne CNN Money.

L'île et ses créanciers font néanmoins face à un important problème : en tant que "commonwealth" (État libre associé aux États-Unis qui a gardé sa souveraineté), Porto Rico se trouve dans l'impossibilité de faire faillite, souligne le quotidien. Un défaut sur sa dette entraînerait probablement l'île, ses créanciers et ses résidents "dans des limbes financiers, dont ils pourraient, à l'image de la crise de la dette en Grèce, prendre des années à sortir", écrit le NY Times.

Des échéances très proches

Avec 3,6 millions d'habitants, l'île dispose d'une dette par habitant plus importante que n'importe quel État américain. Et les échéances sont très proches. Le fournisseur d'électricité géré par l'État, PREPA, doit faire face au paiement de 400 millions de dollars de dette qu'il ne pourra vraisemblablement pas payer dès le 1er juillet.

La Société financière publique du gouvernement doit quant à elle rembourser 94 millions de dollars le 15 juillet, et la Banque de développement -principale organe d'investissement et le gestionnaire financier de la dette de l'île-  140 millions de dollars de dette obligataire au 1er août, écrit le NYT.

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Commentaires
a écrit le 01/07/2015 à 11:04 :
tiens la Grèce fait des émules, n'oublions pas en son temps l'Argentine, Chypre et la liste n'est pas exhaustive .... Rien de bien nouveau en ce bas monde. La manne financière abonde, via les QE et les "prêteurs" ont l'embarras du choix. En retour l'argent facile autorise les états en difficulté à ne pas être très rigoureux dans l'utilisation comptable de ces prêts; bref de l'irresponsabilité des uns et des autres qui donne l'impression que l'argent est virtuel, comme au Monopoly.
a écrit le 29/06/2015 à 22:13 :
Ceux qui font des brillants commentaires sur la Grèce sont aux abonnés absents...
Réponse de le 30/06/2015 à 21:53 :
excellente remarque. L'économie de la dette est la règle pour tous, les entreprises, les banques, les ménages, les états.
a écrit le 29/06/2015 à 16:44 :
Bien venu au club.
a écrit le 29/06/2015 à 16:16 :
La finance, le géant au pied d'argile... qui va tomber comme un chateau de cartes.

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