Le FMI tire la sonnette d’alarme : les attaques des Houthis et le conflit au Moyen-Orient menacent de « l'économie mondiale »

La directrice du Fonds monétaire international (FMI) a averti lundi que la guerre opposant Israël et le Hamas dans la bande de Gaza et les attaques des rebelles houthis au large du Yémen constituent des menaces pour l'économie mondiale.
« Je crains surtout la longévité du conflit, car s'il se prolonge, le risque de débordement augmente » s'inquiéte la patronne du FMI, Kristalina Georgieva.
« Je crains surtout la longévité du conflit, car s'il se prolonge, le risque de débordement augmente » s'inquiéte la patronne du FMI, Kristalina Georgieva. (Crédits : MICHELE TANTUSSI)

La croissance mondiale en 2024 sera-t-elle contrariée par les fronts multiples au Proche-Orient, à commencer par le conflit entre Israël et le Hamas ? Oui, si l'on en croit Kristalina Georgieva, directrice de I'institution, lors du sommet mondial des gouvernements à Dubaï. « Je crains surtout la longévité du conflit, car s'il se prolonge, le risque de débordement augmente », a-t-elle ajouté au cours de cet événement annuel rassemblant des personnalités du monde des affaires et de la politique aux Emirats arabes unis, qui se tient jusqu'à mercredi.

« A l'heure actuelle, nous constatons un risque de débordement dans le canal de Suez ». Or, ce dernier constitue une zone maritime essentielle pour le commerce mondial, a poursuivi la responsable. Pour rappel, la région est le théâtre d'attaques de navires, opérées par les rebelles yéménites, disant agir en « solidarité » avec le Hamas.

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Le transport maritime en chute libre

La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) avait averti fin janvier que le volume du trafic commercial passant par le canal de Suez avait chuté de plus de 40% au cours des deux mois précédents. Si les hostilités se propagent, « cela pourrait être plus problématique pour le monde dans son ensemble », a déploré Kristalina Georgieva.

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Selon le FMI, le transport maritime de conteneurs par la mer Rouge a chuté de près de 30% sur un an. Pour rappel, entre 12 et 15% du trafic mondial transite par cet axe, d'après des chiffres de l'Union européenne. Les attaques conduisent les armateurs à revoir leurs itinéraires, allongeant les délais, et renchérissant les coûts.

Ainsi, le géant danois du transport maritime Maersk, a annoncé jeudi dernier un bénéfice net divisé par plus de 7 en 2023. Pour l'année en cours, « compte tenu des défis importants liés à l'offre excédentaire et de la grande incertitude quant à la durée et à l'ampleur de la perturbation de la mer Rouge », le fleuron de l'industrie danoise table sur un résultat brut d'exploitation (EBITDA) entre 1 et 6 milliards de dollars (entre 927 millions et 5,56 milliards d'euros), en recul sur 2023. De son côté, le transporteur maritime français CMA CGM (propriétaire de La Tribune, NDLR) a décidé début février de suspendre jusqu'à nouvel ordre le transit de ses navires par la mer Rouge.

Une croissance mondiale de 3,1%

Les craintes du FMI semblent partagées. Le président de la Banque mondiale, Ajay Banga, a affirmé que « ce qui se passe à Gaza, mais aussi les défis de l'Ukraine (...) et de la mer Rouge » figurent parmi les principaux défis à relever pour les perspectives économiques mondiales.

Si « vous ajoutez ces variables à ce qui s'avère déjà être probablement le taux de croissance le plus bas des 35 ou 40 dernières années (...), c'est quelque chose que nous devons surveiller de près », a-t-il ajouté lors du sommet.

Le FMI s'attend à une croissance mondiale de 3,1% pour 2024, contre 2,9% lors de son estimation précédente en octobre, et à une croissance très légèrement accélérée à 3,2% en 2025, sans changement cette fois par rapport à l'estimation précédente. La tendance devrait rester sensiblement inférieure à la tendance historique observée entre 2000 et 2019, de 3,8% en moyenne.

« Nous attendons un ralentissement de la croissance aux Etats-Unis, où le resserrement monétaire continue de se diffuser dans l'économie. En Chine, la faiblesse de la consommation et de l'investissement continue de peser alors que dans la zone euro l'activité devrait rebondir un peu après une année 2023 difficile », a détaillé fin janvier le chef économiste du FMI, Pierre-Olivier Gourinchas, lors d'une conférence de presse à Johannesburg (Afrique du Sud).

La lutte contre l'inflation semble néanmoins porter ses fruits dans les pays les plus riches. Cette dernière devrait revenir à 2,6% cette année, soit 0,4 point de pourcentage de moins que l'estimation d'octobre, avant de rejoindre la cible de 2% en 2025. Mais la situation devrait être différente dans le reste du monde, où l'inflation ralentit moins vite, et même plus lentement qu'attendu il y a trois mois, pour rester à 8,1% cette année, soit 0,3 point de pourcentage plus haut qu'espéré en octobre. Cette hausse s'explique cependant en premier lieu par l'envolée de l'inflation en Argentine, qui devrait atteindre environ 150% cette année, après une année 2023 à 211%.

Un navire grec attaqué au large du Yémen

Les rebelles houthis ont visé lundi au large du Yémen un navire grec qui a continué sa traversée en mer Rouge en direction de l'Iran, n'ayant subi que des dégâts mineurs, a confirmé l'armée américaine. « Le 12 février, de 03h30 à 03h45 heure de Sanaa (06h30 GMT à 06h45 GMT), les combattants houthis, soutenus par l'Iran, ont tiré deux missiles depuis les zones qu'ils contrôlent vers le détroit stratégique de Bab el-Mandeb », a indiqué le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), dans un message posté sur le réseau social X.

« Les deux missiles ont été tirés vers le cargo grec battant pavillon des Iles Marshall MV Star Iris, qui circulait en mer Rouge, en provenance du Brésil »,  a précisé le Centcom.

L'agence britannique Maritime Trade Operations (UKMTO) avait indiqué de son côté dans un rapport que l'attaque s'était produite avant 04h00 (01h00 GMT). « L'équipage est sain et sauf et le navire se dirige vers le prochain port d'escale » Une autre société de sécurité, Ambrey, avait déclaré que le vraquier grec « avait été visé par des missiles lors de deux incidents distincts » en 20 minutes. Il « aurait été touché et aurait subi des dégâts du côté tribord », avait précisé Ambrey, ajoutant qu'une équipe de sécurité armée privée se trouvait à bord. « Le groupe propriétaire du vraquier était également coté à la bourse de New York, ce qui a été identifié comme la raison probable de l'attaque », selon la même source.

(Avec AFP)

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Commentaires 6
à écrit le 14/02/2024 à 0:38
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Depuis quand la mer rouge a été annexée par les USA?

à écrit le 13/02/2024 à 14:33
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C'est faux seuls les intérêts israélien et de ceux qui les secondent sont mis en pénitence

à écrit le 13/02/2024 à 14:23
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Quel scoup!!!🤣🤡

à écrit le 13/02/2024 à 13:38
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Bibi a dit : Tant que les médias occidentaux et leurs états tenaient bon et continuaient leur propagande, Israël pouvait continuer à éradiquer sereinement les palestiniens, seule solution logique pour vivre en paix. Le plus fort doit éliminer le plu...

à écrit le 13/02/2024 à 9:14
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Moins de trafic maritime c'est moins de pollution, moins de produits Chinois! C'est au moins 2 bonnes nouvelles.

à écrit le 13/02/2024 à 8:54
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Il faut un sacré gros réseau pour avoir un emploi fictif de cette taille !

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