Présidentielle américaine : Donald Trump a perdu la boussole
Étienne De Metz
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Le 14 août en meeting à Asheville, en Caroline du Nord.
© LTD / PETER ZAY/AFP
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Il y a un mois, c'était encore lui le héros de la campagne. Donald Trump sortait tout juste d'une tentative d'assassinat et, pansement sur l'oreille, il se faisait porter en triomphe par une convention républicaine sous influence. Écrasant les sondages, il se payait même le luxe de lisser son discours, de jouer le petit père de l'Amérique, les rassembleurs. En face, Joe Biden ne se remettait pas d'un débat, catastrophique de bout en bout. Atteint du Covid, il était isolé dans sa résidence du Delaware. Rien ne pouvait entraver la nouvelle marche de l'ex-président vers la Maison-Blanche.
Et puis Biden a fini par lâcher. Et Kamala Harris a surgi. C'est à ce moment précis que Donald Trump a perdu le fil. Depuis, déboussolé, le républicain s'essaie à toutes sortes d'attaques pour inverser la tendance. Il y a eu les sorties racistes, quand il a affirmé devant un parterre de journalistes africains-américains que son adversaire n'était pas vraiment noire. Sont venues ensuite les tentatives de la dépeindre en horrible communiste... ou en affreuse libérale, c'est selon. Friand de réalités alternatives, le populiste a laissé entendre ces derniers jours que sa nouvelle adversaire s'entourait de « fausses foules » lors de ses meetings.
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Trump godille, sans que l'on sache à qui il s'adresse vraiment. À sa base radicale, dont il sait déjà le soutien indéfectible ? Aux électeurs latinos, cette incroyable manne de voix que Kamala Harris pourrait charmer mieux qu'il ne le fait ? À moins qu'il ne pense convaincre les femmes, alors qu'il revendique fièrement la paternité de la suppression de la protection fédérale sur l'avortement. « Nous entrons dans la phase de la campagne où les candidats modèrent habituellement leur message pour attirer un électorat qui peut faire la décision, explique Wayne Steger, politologue de l'université DePaul. Or, ces jours-ci, Trump ne parle plus qu'à ceux qui lui sont acquis. »
Étienne De Metz