Présidentielle en Argentine : l'inflation tutoie encore des sommets, pesant sur l'issue du scrutin
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Argentine: s&p confirme la note a long terme a b+
Carl Recine
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Argentine: s&p confirme la note a long terme a b+
Carl Recine
L'Argentine fait face à l'un des niveaux d'inflation les plus élevés au monde. En octobre dernier, la hausse des prix a continué de grimper, atteignant 142,7% sur un an, après 138,3% en septembre, selon les indices publiés par l'Institut national de la statistique (Indec) lundi 13 novembre.
Le pays est submergé depuis douze ans par une inflation chronique à deux chiffres. Elle s'est accentuée depuis début 2023, passant à trois chiffres, dépassant de mois en mois un niveau record en 32 ans. Seule éclaircie : sur un mois, l'inflation a connu en octobre une décélération, toute relative cependant, à 8,3%, contre 12,7% en septembre. La situation demeure toutefois durement supportable, les Argentins assistant impuissant à la valse incessante et imprévisible des étiquettes, tant les détaillants tentent d'anticiper la hausse des prix à venir.
Sans surprise, ce sujet de l'inflation a dominé la campagne présidentielle ces dernières semaines. La troisième économie d'Amérique latine s'apprête à changer de président. L'actuel, Alberto Fernandez (centre-gauche), en fonction depuis 2019, a choisi de ne pas se représenter. À l'issue du premier tour fin octobre, le ministre de l'Économie, Sergio Massa, et l'économiste ultralibéral « antisystème » Javier Milei, sont arrivés en tête, avec respectivement 36,68% et 29,98% des votes. Ils seront départagés lors du scrutin du second tour ce dimanche 19 novembre.
Sergio Massa ne pourra pas miser sur son bilan, puisqu'il n'a pas été en mesure d'enrayer le dérapage progressif de l'inflation et la dépréciation constante du peso. Il avait pourtant lancé en août dernier un « programme de renforcement de l'activité économique et du salaire ». Celui-ci comprenait, entre autres, des coups de pouce fiscaux, des prêts subventionnés aux travailleurs, ainsi que l'octroi de bons aux retraités et aux bénéficiaires de l'aide alimentaire.
Pour tenter d'échapper à ce fardeau, Sergio Massa a pris ses distances avec la gestion du pays et tenté de convaincre d'une prochaine inversion de tendance. Une stratégie qui semble avoir fonctionné, puisqu'il est parvenu à se hisser en tête du premier tour, malgré le fait qu'il soit issu d'un exécutif à l'impopularité record (81% de désapprobation).
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Pour tenter de séduire l'électorat, son opposant, Javier Milei, lui, a promis des coupes budgétaire « à la tronçonneuse » dans la dépense publique, des privatisations et la dollarisation de l'économie. En arrivant en deuxième position au premier tour, il a signé une réelle performance pour un nouveau venu en politique, depuis deux ans à peine, lui permettant de dégoter le soutien de la droite « classique ».
Les sondages - une dizaine environ depuis le premier tour - prédisent un scrutin serré. Certains donnent un léger avantage à Milei, d'autres à Massa. Mais les écarts sont à chaque fois si faibles - entre 1,5% et 4% - qu'ils rendent pour l'heure impossible tout pronostic fiable.
Le dernier débat entre les deux candidats le week-end dernier a donné lieu a une joute dure et des échanges sans retenue avec des accusations de « menteur », de « voleur », de « délinquant », de « comédien » et des questions sur « l'équilibre mental » du rival. Pour une partie de la presse lundi, y compris des quotidiens plutôt proches de l'opposition de droite, comme Clarin et La Nacion, « Massa a eu l'avantage » sur un Milei qui « n'a pas su tirer profit des points faibles » du candidat gouvernemental : l'état de l'économie au jour d'aujourd'hui.
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Quel que soit le résultat du débat, « la réalité (des prix) mord... et je pense que cette élection reste, foncièrement, défavorable pour Massa », estime pour l'AFP Nicolas Saldias, analyste à l'Economist Intelligence Unit.
(Avec AFP)
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