Protectionnisme : Trump promet des droits de douane « terribles »
latribune.fr
Les années Trump avaient été celles des taxes punitives envers de nombreux partenaires, dont l'Union européenne qui s'était vu infliger en 2018 des droits de douanes sur l'acier et l'aluminium.
Donald Trump a affirmé mardi envisager des droits de douane « terribles » en cas de victoire le 5 novembre, à l'issue de l'élection présidentielle aux Etats-Unis. Objectif affiché, « faire revenir » les entreprises au pays de l'Oncle Sam.
Le candidat républicain à la Maison Blanche veut inciter les entreprises américaines à reprendre le chemin de leur mère patrie. « A mes yeux, les droits de douane sont la plus belle expression du dictionnaire », a lancé Donald Trump lors d'une interview devant l'Economic Club de Chicago mardi. Dans le détail, le milliardaire a promis de réduire « encore davantage » les impôts pour les entreprises fabriquant leurs produits aux Etats-Unis. Les autres paieront, à l'inverse, des droits de douane « élevés », a-t-il prévenu.
«Plus les droits de douane sont élevés, plus l'entreprise a de chances de s'implanter aux Etats-Unis», a justifié le candidat, estimant être «très bon en mathématiques».
Il a balayé le risque d'une hausse des prix pour les consommateurs américains. « Une autre théorie veut que les droits de douane soient si élevés, si terribles, si odieux, que (les fabricants) viendront tout de suite », a déclaré le républicain.
D'après Donald Trump, les Etats-Unis se font « entuber » économiquement et tout particulièrement par certains de leurs plus proches alliés, comme l'Union européenne et le Japon. Durant cet entretien, animé par le rédacteur en chef de Bloomberg, le candidat républicain s'est d'ailleurs lancé dans plusieurs imitations de dirigeants, dont une d'Emmanuel Macron.
Adoptant un faux accent français, il a relaté une conversation qu'il affirme avoir eue avec le président français sur une affaire de taxes douanières - une saynète qu'il reproduit souvent à ses meetings de campagne.
En 2023, Trump avait aussi accusé Macron de « lécher le cul » de son homologue chinois Xi Jinping après sa visite à Pékin. Et début octobre, le candidat a assuré dans un podcast diffusé mercredi que le président français était « un type intelligent » qui « vous dépouillerait si vous ne faisiez pas attention ».
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Un mandat déjà marqué par le protectionnisme
Les années Trump avaient été celles des taxes punitives envers de nombreux partenaires, dont l'Union européenne qui s'était vu infliger en 2018 des droits de douanes sur l'acier et l'aluminium.
Le départ de Donald Trump n'a pas mis fin à cette politique, son principe ayant été seulement gelé jusque fin 2025. Les Etats-Unis et l'UE ont par ailleurs signé en 2021 une trêve de cinq ans dans leur vieux conflit sur les subventions accordées à leurs champions aéronautiques Airbus et Boeing et ne s'imposeront pas pendant cette période de droits de douane punitifs.
Au-delà des conflits commerciaux, les échanges sont relativement stables entre la France et les Etats-Unis : les exportations françaises se sont affichées en léger recul l'an dernier par rapport à 2022, mais évoluent autour de leur niveau d'avant pandémie, montrent les statistiques du gouvernement. Les importations ont quant à elles augmenté nettement, expliquées pour partie par la hausse des achats de gaz naturel américain après la crise énergétique à partir de 2021.