Renégociation du Traité de l'Aléna : accord imminent entre les Etats-Unis et le Mexique

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Donald Trump juge l'Aléna responsable des délocalisations des constructeurs automobiles américains vers le Mexique où le coût salarial est moins élevé.
Donald Trump juge l'Aléna responsable des délocalisations des constructeurs automobiles américains vers le Mexique où le coût salarial est moins élevé. (Crédits : Reuters/Chris Wattie)
Selon les négociateurs mexicains, Washington et Mexico seraient sur le point de finaliser un accord préliminaire sur la renégociation du traité de libre-échange nord-américain (Aléna), qui unit les Etats-Unis au Canada et au Mexique. Exclu de la dernière table ronde, le Canada se dit optimiste pour la suite, percevant ce consensus comme un moyen de relancer les discussions à trois.

Un terrain d'entente va bientôt être trouvé entre les Etats-Unis et le Mexique. Les principaux conseillers économiques de la Maison-Blanche et les négociateurs mexicains ont en effet annoncé ce mercredi 22 août que les deux pays voisins étaient très proches de parvenir à un accord pour moderniser l'Aléna, alors qu'ils mènent des négociations bilatérales depuis plus d'un mois.

"Il est possible qu'on boucle tout entre les Etats-Unis et le Mexique cette semaine", a indiqué à des journalistes Jesus Seade, le négociateur en chef du Mexique dans les négociations pour un nouvel Aléna, cité par l'AFP.

Jesus Seade a également évoqué la date du 29 août pour conclure cet accord. Ces signes encourageants concernant l'avenir de l'Aléna, entré en vigueur en 1994 et instaurant une zone de libre-échange entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, a d'ailleurs permis au peso mexicain de consolider ses gains, qui a pris près de 5% sur le marché des changes depuis le 30 juin. Il y a quelques semaines, Washington et Mexico prédisaient déjà qu'une entente pouvait être trouvée en août sur la renégociation de l'Aléna.

Cela fait près d'un an que les trois pays tentent de trouver le moyen de préserver l'accord, en dépit des exigences américaines imposées par le président Trump, qui rejette la faute sur l'accord d'avoir détruit des milliers d'emplois dans son pays, en particulier dans le secteur de l'automobile. Il juge en effet le traité responsable des délocalisations des constructeurs américains vers le Mexique où le coût salarial est moins élevé. L'accord est cependant vital pour l'économie mexicaine qui exporte près de 80% de ses produits vers son voisin du Nord.

La question de l'automobile au centre des discussions

La question des règles d'origine sur les automobiles a été au centre des discussions estivales entre les États-Unis et le Mexique. Les deux voisins ont en effet toujours buté sur la demande des Etats-Unis d'augmenter la part des pièces automobiles d'origine américaine dans les véhicules assemblés chez leurs voisins pour les dispenser de taxe à l'importation. L'accord actuel spécifie qu'au moins 62,5% des composants d'un véhicule doivent être fabriqués dans un des trois pays signataires de l'Aléna pour que celui-ci soit exonéré de droits de douane. Les Etats-Unis voulaient faire passer ce pourcentage à 85%, mais cette proposition a toujours été rejetée par le Mexique et le Canada. Les récentes discussions auraient permis de le porter plutôt à 75%.

Lire aussi : Alena : Etats-Unis, Mexique et Canada d'accord pour renégocier

D'autres enjeux propres aux deux pays, notamment agricoles, étaient au menu des discussions. Des sujets plus épineux ont également été abordés, comme la  "sunset clause" (la clause crépusculaire, en français), proposée par l'administration Trump, qui permettrait aux parties de mettre fin à l'accord tous les cinq ans. Jusqu'ici, le Mexique et le Canada s'y sont toujours opposés.

Le Canada devrait revenir à la table de négociations

Le Canada a d'ailleurs été laissé de côté pour le moment pendant toutes ces discussions, le président de la Maison-Blanche estimant que ses tarifs et ses barrières commerciales sont encore trop importants.

"Leurs tarifs sont trop élevés, leurs barrières sont trop fortes, alors on ne leur parle même pas en ce moment. Mais on verra comment les choses évoluent. Elles ne pourront qu'aller en notre faveur", a déclaré le président Trump, cité par l'AFP, lors d'une réunion de son gouvernement la semaine dernière.

Le gouvernement Trump pense en effet que renégocier l'Aléna sans son voisin canadien permettrait de la placer, à la fin, devant un fait accompli. Pour autant, le Canada ne se sent pas exclu. La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland affirme même que le pays est resté en "contact étroit" avec les Etats-Unis et le Mexique cette semaine, mais aussi bien "durant tout l'été". La ministre fédérale s'est même dit impatiente de retrouver ses voisins américains et mexicains à la table de négociations.

"Quand les enjeux bilatéraux entre les États-Unis et le Mexique seront résolus, le Canada joindra ensuite les discussions, et nous sommes optimistes pour une conclusion rapide des négociations sur l'Aléna", a déclaré Chrystia Freeland, ce mercredi 22 août, à la retraite annuelle du cabinet fédéral à Nanaimo, sur l'île de Vancouver.

Contrairement à ce que le président Trump affirme, l'absence du Canada lors des discussions aurait ainsi été préméditée pour laisser les deux autres pays signataires de l'Aléna régler leurs différends, notamment dans le secteur de l'industrie automobile, concordant ainsi avec les dires du ministre mexicain de l'Economie. En effet, Ildefonso Guajardo avait déjà récemment affirmé que le Canada rejoindrait les pourparlers une fois que les questions les plus importantes pour Mexico auraient été réglées.

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Commentaires
a écrit le 23/08/2018 à 19:19 :
Finalement il sera plus rentable de produire davantage de pièces automobiles au Mexique puisque le cout de la main d’œuvre y est moins cher.
Il y a quelque chose qui m'échappe....

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