Royaume-Uni : des « décisions difficiles » à venir, prévient le ministre des Finances

Le ministre britannique des Finances, Jeremy Hunt, a annoncé dimanche des « décisions très difficiles » à venir à quelques jours de la présentation de son budget, prévenant déjà que les impôts allaient augmenter face à la hausse du coût de la vie. Et pour cause, le nouveau chancelier de l’Echiquier doit reprendre en main le mini-budget annoncé le 23 septembre, très mal accueilli par les marchés, une bonne partie du parti conservateur et la population britannique.
(Crédits : HANNAH MCKAY)

Alors que le coût de la vie explose au Royaume-Uni et après les erreurs de l'ancienne Première ministre Liz Truss, les impôts devraient bientôt augmenter pour rectifier le tir. En effet, le ministre britannique des Finances Jeremy Hunt a annoncé dimanche des « décisions très difficiles » à venir à quelques jours de la présentation de son budget, prévue le 17 novembre. « Nous allons tous devoir payer un peu plus d'impôts, j'en ai bien peur [...] Mais nous sommes un pays résilient et franchement, nous avons affronté de plus gros défis dans notre histoire », a-t-il affirmé, alors qu'il intervenait sur Sky News.

Il faut dire que le pays traverse une situation très difficile : l'inflation y dépasse les 10%, et en raison de la hausse des prix de l'énergie, de nombreux ménages peinent à payer leurs factures. A l'approche de l'hiver, la plupart redoutent le moment où ils devront allumer le chauffage.

Taxer davantage les plus riches

Celui-ci a néanmoins tenu à rassurer dimanche les ménages les plus modestes, touchés de plein fouet par cette inflation.

« Nous allons demander à tout le monde de faire des sacrifices. Mais je pense que dans une société juste, comme nous le sommes au Royaume-Uni, il faut admettre qu'on ne peut pas en demander trop à ceux qui ont les plus bas revenus, et j'en tiens compte dans les décisions que je prends », a-t-il souligné.

Selon la presse britannique, Jeremy Hunt devrait annoncer un changement dans les tranches d'imposition sur le revenu pour taxer davantage les plus riches, et imposer de strictes coupes budgétaires au sein du gouvernement.

Lire aussiRoyaume-Uni : Sunak, un financier à Downing Street pour calmer les marchés

Corriger les erreurs de Liz Truss

Une chose est sûre : le rendez-vous est très attendu après le fiasco du « mini-budget » présenté par le gouvernement de Liz Truss le 23 septembre, qui avait affolé les marchés en annonçant des baisses d'impôts massives et non-financées. Pour rappel, Jeremy Hunt avait été appelé au ministère des Finances quelques jours plus tard pour calmer la tempête, et était déjà revenu sur l'essentiel des mesures annoncées. Il devait présenter le 3 octobre un nouveau plan budgétaire mais, une fois reconduit à son poste par Rishi Sunak devenu Premier ministre, avait estimé qu'il serait « prudent » de repousser la présentation au 17 novembre.

Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que le successeur de Kwasi Kwarteng avertit de mesures délicates à venir. Au lendemain de sa nomination, le 15 octobre dernier, ce proche du Premier ministre Rishi Sunak avait en effet pointé les « erreurs » commises par Liz Truss et souligné sa volonté d'être « honnête avec les gens » au sujet des « décisions difficiles à prendre ». Il avait notamment annoncé que « les dépenses n'augmenteront pas autant que les gens le voudraient » et qu'il allait demander à « tous les départements ministériels d'être plus efficaces ». Rendez-vous jeudi prochain pour connaître le projet en détail.

Lire aussiRoyaume-Uni : Sunak cherche 50 milliards de livres désespérément pour son budget

[Avec agences]

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Commentaires 8
à écrit le 13/11/2022 à 19:23
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Et dans la continuité de mon post précédent, n'oubliez pas que la monnaie n'est pas neutre. Que la volonté des pères du monétarisme à financiariser nos économies globalisées au travers d'une pseudo efficience (Fama, Malkiel, Friedman) auront contribu...

le 14/11/2022 à 3:37
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J'ai lu rapidement mais l'idéologie je la vois dans votre commentaire, Ils ont fait l'inverse de ce que recommandais Friedman. Ce sont des politiques keynesiennes qui ont mené à cela (la relance par les injections) ce que justement Milton Friedman c...

le 14/11/2022 à 9:43
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Commencez par prendre des cours en économie, tru, avant de me répondre, car ce n'est pas en lisant en diagonale que vous allez vous instruire plus en profondeur. Ceci étant dit, une relance monétaire non assortie d'une relance budgétaire de type key...

le 15/11/2022 à 19:16
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Je vous ai repris sur Milton Friedman. Il pensait que le keynesianisme était une aberration, qui au lieu de se laisser le marché réguler par des petites crises, entrainait des faux prix et aboutissaient inexorablement à des crises inflationnistes. I...

à écrit le 13/11/2022 à 18:35
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De part de ce laboratoire néolibérale financier qu'est le RU je m'attendais à ce qu'il demande aux pauvres d'hypothéquer leurs organes vitaux ! Ben oui ils n'ont plus rien. Mais non, bah... petits joueurs ! ^^

à écrit le 13/11/2022 à 17:08
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Jusqu'au bout, on aura essayé le keynésianisme, mais maintenant, c'est terminé. Le keynésianisme ne fonctionnait que dans une société à l'énergie abondante, ce qui n'est plus le cas. Aujourd'hui, seule l'austérité et le malthusianisme peuvent fonctio...

le 13/11/2022 à 18:52
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Qu'est-ce qu'il ne faut pas lire. Tout d'abord, lorsqu'on privilégie l'offre en pensant que cette dernière va engendrer sa propre demande, et non l'inverse, nous sommes en présence du monétarisme et non pas du keynésianisme. Ensuite, lorsqu'on imagin...

le 14/11/2022 à 3:39
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le keynenianisme n'a jamais fonctionné. Même dans une société à énergie abondante.

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