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ÉconomieInternational

Royaume-Uni : le gouvernement travailliste veut taxer les écoles privées au profit des écoles publiques

latribune.fr

Publié le 23 août 2024 à 08:20 - Mis à jour le 23 août 2024 à 08:22

Le Premier ministre britannique, Keir Starmer.

Le Premier ministre britannique, Keir Starmer.

BENJAMIN CREMEL

Le Quotidien Numérique

10 juin 2026

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Le nouveau gouvernement dirigé par Keir Starmer envisage de taxer les écoles privées. L'ambition ? Donner plus de moyens à l'enseignement public au Royaume-Uni, et ainsi créer des milliers de postes d'enseignants. Le projet inquiète toutefois les familles.

Déshabiller Pierre pour habiller Paul. Le nouveau gouvernement travailliste britannique prévoit de taxer les écoles privées pour donner plus de moyens à l'enseignement public. La mesure, qui vise à créer des milliers de postes d'enseignants, est loin de faire l'unanimité : elle inquiète les familles, qui se serraient déjà la ceinture pour mettre leurs enfants dans le privé.

Le Premier ministre Keir Starmer, qui a pris ses fonctions après les législatives du 4 juillet, n'a cessé de le répéter : il n'a « rien contre les écoles privées », dans lesquelles sont scolarisées environ 600.000 enfants, soit 6,5% des élèves britanniques. Mais « tous les parents ont de l'ambition pour leurs enfants », a dit Keir Starmer, dont les deux enfants sont allés à l'école publique dans leur quartier du nord de Londres.

« Pour les élèves dans le public qui n'ont pas les enseignants dont ils ont besoin, (...) c'est un problème pour la vie ».

Suppression de l'exonération de la TVA

Après des années d'austérité dans les services publics et d'aggravation des inégalités, le gouvernement a confirmé en juillet la suppression de l'exonération de la TVA pour les frais de scolarité des écoles privées. Il vise un gain de 1,6 milliard de livres sterling (1,9 milliard d'euros) permettant notamment de financer 6.500 nouveaux enseignants dans le public. Les établissements privés vont par ailleurs se voir imposer à partir du 1er janvier une taxe de 20%, annonçant des hausses de factures salées pour les parents.

Les frais de scolarité s'élèvent déjà en moyenne à 18.000 livres sterling (21.390 euros) dans les écoles privées, selon l'Independent Schools Council (ISC), qui représente ces établissements. Ce prix atteint 42.000 livres (près de 50.000 euros) pour les « boarding schools », ces fameux pensionnats élitistes réputés dont le monde entier et qui ont vu passer bien des représentants de la classe dirigeante.

Les parents paniqués

Mais si le public de ces écoles huppées devrait pouvoir se permettre des augmentations, le sujet se pose bien au-delà des plus riches. Les témoignages de parents paniqués remplissent depuis des mois les journaux outre-Manche. Certains affirment qu'ils vont devoir repousser leur retraite, changer d'emploi, ou encore solliciter les grands-parents. D'autres envisagent même de déménager pour se rapprocher d'une bonne école publique.

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Les opposants à la réforme affirment que les effectifs dans le public vont exploser en cas d'hémorragie du privé, alourdissant le coût pour l'Etat. Mais des études les contredisent. L'Institute for Fiscal Studies (IFS) estime qu'en raison du déclin démographique, le nombre d'enfants dans les écoles publiques va baisser d'ici 2030.

Une disparité accrue sous les conservateurs

Selon plusieurs centres de recherche, la disparité entre le privé et le public s'est fortement accrue sous les conservateurs, qui ont gouverné pendant 14 ans. « Les frais de scolarité ont beaucoup augmenté dans les écoles privées, alors que les dépenses dans le public ont été réduites jusqu'à l'an dernier », explique Harry Quilter-Pinner, directeur à l'Institut de recherche sur les politiques publiques, l'IPPR.

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Au Royaume-Uni, l'inflation rebondit en juillet

« Les écoles publiques ont dû innover »pour respecter leur budget sans nuire aux élèves, poursuit-il.« Le gouvernement travailliste demande aux écoles privées de faire la même chose ».

Un trou budgétaire de 26 milliards d'euros à combler

Cette mesure s'inscrit dans un contexte de recherche d'économies pour le Royaume-Uni. Surtout après que l'emprunt du secteur public a de nouveau dépassé les attentes en juillet au Royaume-Uni. Ce dernier a atteint 3,1 milliards de livres (3,6 milliards d'euros), le chiffre « le plus élevé pour un mois de juillet depuis 2021 » et nettement supérieur aux attentes, a annoncé mercredi l'Office national des statistiques (ONS).

La ministre des Finances Rachel Reeves avait annoncé en juillet un trou budgétaire de 22 milliards de livres (soit environ 26 milliards d'euros), qui aurait été « masqué » par le parti conservateur. Elle alors anticipé des coupes dans certaines aides au fioul de chauffage en hiver pour les retraités en suggérant de les lier à des conditions de ressources.

D'autres annonces sont attendues lors de la présentation de son premier budget, fixée au 30 octobre. La ministre des Finances martèle toutefois que le gouvernement n'augmentera pas les cotisations sociales et les impôts des « gens qui travaillent ».

Augmentations des droits de succession ?

Selon le Financial Times, la ministre des Finances envisage d'augmenter les loyers dans les logements sociaux davantage que l'inflation ces dix prochaines années pour stimuler la construction de ce parc immobilier à prix abordable. L'objectif est d'offrir aux associations de logement et aux conseils municipaux, aux prises avec de lourdes dettes et d'importants retards dans l'entretien de leur parc de logements sociaux, une certitude sur les rentrées d'argent, précise le quotidien.

Le Guardian évoque pour sa part de possibles augmentations des droits de succession et des impôts sur les plus-values, mais aussi un durcissement de l'accès aux aides sociales. Selon le journal, la ministre est inquiète du fait que la reprise économique n'a pas réussi à améliorer les finances publiques.

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Insistant sur la discipline budgétaire nécessaire, Rachel Reeves, première femme à son poste, refuse de céder aux pressions l'appelant à supprimer le plafonnement des allocations familiales à deux enfants. Autre piste évoquée : cette ancienne économiste pourrait apporter des changements techniques à la façon dont la dette est mesurée pour se donner davantage de marge de manœuvre. La dette publique représentait 99,4% du produit intérieur brut (PIB) fin juillet.

(Avec AFP)

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