Recherche économies désespérément : au Royaume-Uni, les travaillistes doivent combler le trou de 26 milliards d'euros
latribune.fr
Date: 08/07/2024 12:50 Dimensions: 6000 x 4000 Size: 4.2MB Edit Status: new Category: I Topic Codes: POL EUROP BIZ BACT Fixture Identifier: RC2YQ8AGWZY6 Byline: Jonathan Brady City: LONDON Country Name: UNITED KINGDOM Country Code: GBR OTR: GPD Credit:...
La ministre des Finances britannique, Rachel Reeves, envisagerait d'augmenter les loyers dans les logements sociaux davantage que l'inflation. Elle prévoirait également d'augmenter les droits de succession et les impôts sur les plus-values, selon des informations révélées par des médias anglais. Objectif, résorber le trou de 26 milliards d'euros dans les comptes publics.
Rentrée chargée en perspective au Royaume-Uni. La ministre des Finances, Rachel Reeves, qui avait en juillet annoncé un trou budgétaire de 22 milliards de livres (soit environ 26 milliards d'euros) cherche désormais des pistes d'économies. Pour rappel, elle avait déjà annoncé le mois dernier des coupes dans certaines aides au fioul de chauffage en hiver pour les retraités, suggérant de les lier à des conditions de ressources.
D'autres annonces sont attendues lors de la présentation de son premier budget, fixée au 30 octobre. Avant cette date, le sujet va faire partie des dossiers à risque pour le nouveau gouvernement travailliste de Keir Starmer, lors de la rentrée parlementaire, le 2 septembre.
Selon des informations révélées par le Financial Timesmardi, la Chancelière de l'Echiquier envisage désormais d'augmenter les loyers dans les logements sociaux davantage que l'inflation ces dix prochaines années. Objectif affiché ? Stimuler la construction de ce parc immobilier à prix abordable, et aussi, assurer des rentrées d'argent pour les associations de logement et les conseils municipaux, aux prises avec de lourdes dettes et d'importants retards dans l'entretien de leur parc.
La même journée, leGuardiana évoqué, pour sa part, de possibles augmentations des droits de succession et des impôts sur les plus-values, ainsi qu'un durcissement de l'accès aux aides sociales ou encore une modification de la manière dont la dette est mesurée pour laisser plus de marges de manœuvre.
Les libéraux au tournant
Très attendue sur le pouvoir d'achat et le redressement des services publics après 14 ans de pouvoir conservateur, Rachel Reeves a martelé que le gouvernement n'augmentera pas les cotisations sociales et les impôts des « gens qui travaillent ». La ministre refuse aussi de céder aux pressions l'appelant à supprimer le plafonnement des allocations familiales à deux enfants.
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
De son côté, désormais dans l'opposition, le parti libéral - pourtant accusé d'avoir « masqué » le trou dans les comptes publics - dénonce une « tentative éhontée de préparer le terrain pour des hausses d'impôts ».
La situation s'avère ainsi compliquée pour les travaillistes, aussi bien politiquement qu'économiquement. Selon Dennis Tatarkov, économiste chez KPMG UK, l'emprunt public plus élevé que prévu « laisse peu de marge de manœuvre pour le budget », d'autant qu'un « ralentissement attendu de la croissance » pourrait encore limiter les recettes fiscales au second semestre.
A noter cependant : le Royaume-Uni a enregistré une croissance de 0,2% au deuxième trimestre, marquant une accélération comparé au premier, tirée par l'activité manufacturière et une baisse des prix des matériaux, ainsi que par l'hôtellerie-restaurant
Le coût des services publics en hausse
L'emprunt du secteur public a atteint le mois dernier 3,1 milliards de livres (3,6 milliards d'euros), le chiffre « le plus élevé pour un mois de juillet depuis 2021 », nettement supérieur aux attentes, a noté l'Office national des statistiques (ONS), ce mercredi.
Les finances publiques ont pâti d'une « hausse des dépenses du gouvernement » alors que « le coût des services publics et des prestations sociales a continué d'augmenter », a détaillé sur le réseau social X Jessica Barnaby, directrice adjointe des finances publiques.
En cumulé depuis début avril, début de l'année fiscale britannique, le pays a emprunté près de 5 milliards de livres de plus que les projections de l'organisme public de prévisions budgétaires (OBR). Résultat, la dette publique, gonflée notamment par les aides distribuées pendant la pandémie et la crise de l'énergie, représentait 99,4% du PIB fin juillet.
De grands projets menacés ?
Cette situation pourrait menacer des projets phares du nouvel exécutif, comme le retour de l'éolien terrestre. Le gouvernement travailliste s'était en effet engagé en juillet à « doubler l'énergie éolienne terrestre d'ici 2030 ».
«Nous mènerons des consultations pour réintégrer l'éolien terrestre dans le régime des projets d'infrastructures d'importance nationale, ce qui signifie que les décisions (en la matière) seront prises au niveau national et non au niveau local», avait précisé Rachel Reeves.
De même, le Labour a promis la construction de 300.000 nouveaux logements par an, au cours des cinq prochaines années. Le défi s'avère de taille : le rythme moyen est actuellement de 150.000 logements construits chaque année, et atteindre l'objectif que s'est fixé le Parti travailliste nécessiterait de retrouver un rythme de construction inédit depuis les années 1960. Pour atteindre son but, le Labour prévoit notamment d'assouplir les règles encadrant la construction de nouveaux logements et de limiter au maximum la bureaucratie afin d'inciter les promoteurs immobiliers à investir.