Royaume-Uni : le nouveau gouvernement veut relancer l'éolien terrestre, quasiment à l'arrêt
latribune.fr
Date: 08/07/2024 12:50 Dimensions: 6000 x 4000 Size: 4.2MB Edit Status: new Category: I Topic Codes: POL EUROP BIZ BACT Fixture Identifier: RC2YQ8AGWZY6 Byline: Jonathan Brady City: LONDON Country Name: UNITED KINGDOM Country Code: GBR OTR: GPD Credit:...
La nouvelle ministre britannique travailliste des Finances, Rachel Reeves, a annoncé ce lundi vouloir donner un coup d'accélérateur sur l'éolien terrestre, très peu développé depuis un moratoire de 2015 le limitant. Une priorité qui va avec l'envie de « réparer les fondations de notre économie » et relancer la croissance selon elle.
La nouvelle ministre britannique travailliste des Finances a énoncé ses priorités ce lundi, et la réintroduction de l'éolien terrestre en fait partie. « Dès aujourd'hui, nous mettons fin au bannissement absurde de l'énergie éolienne terrestre en Angleterre », a annoncé Rachel Reeves dans un discours devant des chefs d'entreprise à Londres.
Pour rappel, les éoliennes ont quasiment disparu des campagnes britanniques depuis le moratoire décidé sous David Cameron en 2015. Depuis, l'opposition de quelques riverains peut bloquer des projets, ce que les travaillistes considèrent comme une interdiction de fait.
«Nous mènerons des consultations pour réintégrer l'éolien terrestre dans le régime des projets d'infrastructures d'importance nationale, ce qui signifie que les décisions (en la matière) seront prises au niveau national et non au niveau local», a ajouté Rachel Reeves.
Le gouvernement travailliste s'est engagé, dans un communiqué publié par ailleurs, à « doubler l'énergie éolienne terrestre d'ici 2030 ».
La ministre a promis de manière générale de réformer des règles d'aménagement du territoire jugées « désuètes » et qui « laissent trop de projets importants bloqués pendant des années et des années » avant même d'être mis en chantier, rappelant aussi la promesse du parti travailliste de construire 1,5 million de logements.
Le nouveau gouvernement veut «réparer les fondations de notre économie»
Rachel Reeves a, en effet, affirmé, toujours ce lundi, qu'il n'y a « pas de temps à perdre » pour stimuler la croissance économique, ce qui passe par l'accélération de la construction d'infrastructures, en particulier dans l'éolien terrestre, et de logements. Il faut « faire en sorte que (le pays) se remette à construire », a-t-elle martelé, détaillant « les premières mesures prises par le nouveau gouvernement travailliste pour réparer les fondations de notre économie ».
Le pays est aujourd'hui « confronté à l'héritage de 14 années de chaos et d'irresponsabilité économique » sous des gouvernements conservateurs, a également dénoncé la chancelière de l'Echiquier, le titre officiel du ministre des Finances au Royaume-Uni. L'économie britannique a été malmenée ces dernières années par le Brexit, la pandémie ou encore la flambée de l'inflation et la crise du pouvoir d'achat qu'elle a entraînée. Si la conjoncture apparaît quelque peu revigorée ces derniers mois, les finances publiques restent fragiles.
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La croissance du pays au premier trimestre s'est établie à 0,7%, a annoncé l'Office national des statistiques (ONS) fin juin, soit une révision légèrement à la « hausse par rapport à une première estimation de 0,6% ». Ces données confirment que le pays est sorti au premier trimestre de la récession dans laquelle il était tombé fin 2023 et voit son économie repartir plus vite que prévu. Pour rappel, le PIB britannique avait reculé de 0,3% au quatrième trimestre 2023, après avoir baissé de 0,1% au trimestre précédent. Or deux trimestres de contraction économique d'affilée sont généralement considérés par les économistes comme la définition d'une récession dite « technique ».
Réparer les services de santé et résoudre la crise du logement
Reste que le pays porte toujours les stigmates des crises de ces dernières années. Ainsi, les marges de manœuvre, en particulier budgétaires, du nouveau gouvernement travailliste apparaissent limitées. Le gouvernement appliquera « des règles budgétaires robustes », a assuré la nouvelle ministre, répétant ses promesses d'une « discipline de fer » sur les finances publiques. Le programme du Labour durant la campagne est d'ailleurs resté modeste en termes de dépenses et de recettes nouvelles via des hausses d'impôts.
Samedi, le nouveau Premier ministre Keir Starmer a affiché ses priorités : relancer la croissance, réparer les services publics, réduire l'immigration et rapprocher le Royaume-Uni de l'Union européenne - sans revenir sur le Brexit. Le travail à mener est « urgent », a-t-il assuré. Dans le détail, les travaillistes souhaitent remédier aux dysfonctionnements du National Health Service (NHS), le système de santé public britannique. Jadis un motif de fierté nationale, celui-ci, après des années de coupes budgétaires décidées par le gouvernement conservateur, est sorti exsangue de la pandémie.
Le Royaume-Uni fait également depuis plusieurs années face à une importante crise du logement, générée par un déséquilibre entre l'offre et la demande. Pour y répondre, le Labour a promis la construction de 300.000 nouveaux logements par an au cours des cinq prochaines années. Le défi s'avère de taille : le rythme moyen est actuellement de 150.000 logements construits chaque année, et atteindre l'objectif que s'est fixé le Parti travailliste nécessiterait de retrouver un rythme de construction inédit depuis les années 1960. Pour atteindre son but, le Labour prévoit notamment d'assouplir les règles encadrant la construction de nouveaux logements et de limiter au maximum la bureaucratie afin d'inciter les promoteurs immobiliers à investir.