Royaume-Uni : Liz Truss démissionne emportée par sa gestion économique calamiteuse

Liz Truss quitte le poste de Première ministre après l'un des mandats les plus courts et les plus chaotiques de l'histoire britannique. Confrontée à une crise économique plus virulente que sur le continent, son gouvernement avait en plus déclenché une crise financière sur la dette et la livre en dégainant un plan d'urgence mal calibré. Sa position était devenue intenable. Dans un baroud d'honneur, Liz Truss avait tenté de sauver sa peau en remerciant son ministre des Finances pour nommer Jeremy Hunt, poids lourds des conservateurs. Ce dernier ne sera pas candidat.
Liz Truss ce jeudi au 10 Downing Street.
Liz Truss ce jeudi au 10 Downing Street. (Crédits : POOL)

44 jours. C'est le temps qu'aura passé Liz Truss à Downing Street. Mais son autorité était tellement sapée par les événements qui se sont déroulés depuis le 5 septembre que ses jours semblaient déjà comptés en début de semaine avec le départ de sa ministre de l'Intérieur. Et trois jours après s'être séparée de son ministre des Finances Kwasi Kwarteng.

« Vu la situation, je ne peux pas remplir le mandat sur lequel j'ai été élue par le Parti conservateur », a admis Liz Truss devant le 10, Downing Street. Elle a précisé qu'un nouveau scrutin interne au parti conservateur, qui possède toujours la majorité au Parlement, aurait lieu au sein de la majorité « d'ici à la semaine prochaine » pour nommer son successeur.

Arrivée au pouvoir dans des circonstances très difficiles, au terme d'une campagne interne au parti conservateur, la faible légitimité dont elle jouissait a été ruinée par sa légèreté économique face à la crise la plus grave que connaît le Royaume depuis 2008.

Dans un contexte d'inflation galopante à 10% et d'explosion des factures électriques et gazières qui menacent deux tiers des ménages britanniques de précarité énergétique cet hiver, son ex-ministre des Finances Kwasi Kwarteng avait dévoilé un plan massif de lutte contre l'inflation et de relance de l'économie... Sans prendre la peine d'établir précisément le coût de mesures chiffrables en dizaines de milliards de livres.

Gestion financière calamiteuse

L'absence de chiffrage budgétaire avait provoqué une tempête sur les marchés financiers fin-septembre, un effondrement de la livre tombée au plus bas face au dollar et une flambée des taux souverains de la dette britannique. La chute de la monnaie avait un peu plus alourdi le coût des importations britanniques et la flambée des taux a augmenté les crédits des ménages.

Dans l'urgence, la Banque d'Angleterre a été forcée de lancer un programme en urgence de rachat de dette britannique pour soutenir son financement et faire retomber les taux souverains, avant de mettre fin à ce programme ce vendredi ce qui a fait remonter les taux cette semaine. Vendredi dernier, Liz avait été contrainte de remplacer Kwasi Kwarteng par Jeremy Hunt, ancien ministre conservateur des Affaires étrangères et de la Santé. Un poids lourd des conservateurs dont l'entrée au gouvernement avait des allures de mise sous tutelle d'une Liz Truss en sursis depuis fin septembre.

Dans une tentative de rétablir en urgence la crédibilité financière du Royaume-Uni sur les marchés, Jeremy Hunt a balayé d'une main dès lundi les mesures économiques promises par la Première ministre Liz Truss il y a moins d'un mois, lui adressant un sévère camouflet.

Ont ainsi été abandonnées les baisses d'impôts sur les sociétés et les ménages, conçues par son prédécesseur Kwasi Kwarteng pour relancer l'économie. Le plafonnement des factures énergétiques des particuliers, initialement prévu pour deux ans, a lui été recalibré à seulement six mois et ne sera ciblé que sur les plus modestes à l'avenir. Ce virage budgétaire n'a pas suffi à sauver Liz Truss. Alors qu'il apparaissait comme un candidat potentiel pour remplacer Liz Truss à l'issue du scrutin interne aux conservateurs qui décidera du nom du prochain Premier ministre, Jeremy Hunt ne sera pas candidat, selon plusieurs médias dont la BBC.. L'ancien ministre des Finances Rishi Sunak, déjà candidat à Downing Street face à Liz Truss, devrait aussi être sur les rangs. Ce sera la deuxième élection de ce type chez les Tories en moins de trois mois.

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Commentaires 14
à écrit le 21/10/2022 à 10:08
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J'en connait une qui va rejoindre Jeannot à la RATP.

à écrit le 21/10/2022 à 8:31
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Dommage franchement, voir une pure néolibérale, à savoir l'idéologie dominante imposée par les marchés financiers, se faire conspuer par vous mêmes du fait de l'agacement des marchés financiers envers son propre soldat est un pur régal. Nietzsche ava...

à écrit le 20/10/2022 à 21:00
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En France, un Président peut rester 5 ans, à partir du moment où il est élu. Et même se représenter et se faire réélire si entre-temps une cohabitation lui est imposée par les urnes. Les Britanniques sont plus efficaces que nous : ils ne resservent p...

le 20/10/2022 à 22:23
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C'est sans doute pour ça que boris est candidat?

à écrit le 20/10/2022 à 18:38
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Les peuples choisissent les plus médiocres, les plus incompétents, les plus corrompus comme dirigeants. Chez nous certains appellent de leurs vœux les opportunistes du FN. La France se couvrirait de ridicule et sombrerait... Comme l'a écrit Arturo P...

à écrit le 20/10/2022 à 17:12
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Merci pour ce moment Liz... Maintenant il faut que Bojo surmonte sa déprime et revienne unifier la Grande-Bretagne par la fusion des royaumes désunis via un parlement britannique à la proportionnelle et la suppression des régionalismes anglais,...

le 20/10/2022 à 18:09
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Vous vous trompez. Comme avec l'Ecosse ils veulent être dans l'UE et l'euro.

le 20/10/2022 à 20:04
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@marc469 Manifestement vous êtes tombé dans le piège des populistes écossais tel que Nicola Sturgeon qui défend un jour l'indépendance de l'Ecosse puis le lendemain réalise que l'indépendance est trop coûteuse puis réclame plus d'autonomie fina...

le 20/10/2022 à 22:28
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Ils sont coulés depuis le brexit, une proie facile, l écosse rejoindra l union au plus vite et laissera l Angleterre à sa propre dérive nationaliste. Heureusement qu en France on est plus malin et on reste solidaires avec les nations européennes.

le 20/10/2022 à 22:31
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Pas très informé. Sur 100 euros d impôt qu un breton paie pour la culture, 1 euro lui revient en retour. Qui se fait sucrer ici? La Bretagne est forte, fière de ses racines et nous aimons l Europe...très faible score FN chez nous, ça en embete beauco...

le 20/10/2022 à 23:26
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@Bretagne Pour info selon le ministère des finances au 31-déc-2020 la dette de la région Bretagne 122 hab/km2 s'élevait à 416 EUR/hab tandis que la région Normandie 111 hab/km2 s'élevait à 184 EUR/hab. C'est à se demander qui est très mal inf...

à écrit le 20/10/2022 à 15:57
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Bah oui, la gestion économique type "Père Noël" qui consiste à distribuer de l'argent à tout le monde, ça ne marche plus. Désormais, il faut accepter l'appauvrissement

à écrit le 20/10/2022 à 15:49
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Grosso modo, Liz et son chancelier de l'échiquier ont proposé le même genre de budget que Macron a fait passer depuis la crise du Covid et pour 2023, ou que Scholz propose en ce moment pour 2023, mais elle est viré en moins d'un mois, alors qu'il ne ...

à écrit le 20/10/2022 à 15:32
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Nous nous plaignons de Bruxelkes mais depuis que les Anglais ont finalises le Brexit ça va pas fort chez eux🤭

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