Sanctions, matières premières... Trump fourbit ses armes avant sa rencontre avec Poutine
Julien Gouesmat
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Donald Trump et Vladimir Poutine au sommet d’Helsinki en 2018.
Reuters
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Donald Trump et Vladimir Poutine au sommet d’Helsinki en 2018.
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En Tchétchénie, en Géorgie, dans le Donbass, les « pauses », faux accords et cessez-le-feu de Vladimir Poutine se sont le plus souvent négociés à l'avantage du Kremlin, dès lors qu'un statu quo entérinait une présence militaire russe. À l'inverse, pour Donald Trump, la paix semble être un arrangement où quelques concessions sont faites contre des flux commerciaux.
« J'ai utilisé le commerce pour beaucoup de choses, mais c'est génial pour régler les guerres », a déclaré le locataire de la Maison-Blanche le mois dernier, au moment de menacer les partenaires économiques de la Russie de droits de douane. La divergence de méthode entre les deux chefs d'État, déjà visible lors du sommet d'Helsinki en 2018, éclaire le rendez-vous de demain à Anchorage, en Alaska : là où Poutine cherche des garanties territoriales et le maintien de forces, Trump privilégie le « deal ».
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Mais cette fois, le président russe pourrait être contraint de jouer « à la Trump », car son interlocuteur détient une carte majeure : l'économie russe, en piteux état, ne peut pas se permettre d'être la cible d'une Amérique qui maîtrise chaque jour un peu plus les rouages de la guerre commerciale. En près de trois ans de guerre, le Kremlin a puisé largement dans ses réserves pour financer un effort militaire colossal. Le budget affiche des déficits records, la valeur du fonds souverain et des réserves de change a fondu de moitié, et malgré des usines d'armes qui tournent à plein régime...les perspectives n'affichent aucune croissance selon la Banque centrale russe. Tandis que la gouverneure Elvira Nabioullina admet que le pays est « au bout de ses capacités ». Maxim Reshetnikov, ministre de l'Économie, va plus loin : « au bord d'une transition vers la récession ».
Julien Gouesmat