Depuis le début de la guerre en Ukraine, il y a trois ans, les États-Unis ont mis en place d’importantes sanctions à l’encontre du pétrole et de l’uranium enrichi en provenance de Russie. Les récentes déclarations du président Trump pourraient laisser présager un assouplissement.Qu'adviendra-t-il des sanctions américaines contre l'économie russe ? Depuis quelques jours, le nouveau président des États-Unis, Donald Trump, multiplie les mains tendues à Moscou, en attaquant son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky. Après l'avoir qualifié de « dictateur » et accusé d'avoir « commencé » la guerre le 18 février dernier, le locataire de la Maison-Blanche a estimé vendredi que sa présence aux négociations pour mettre fin au conflit n'était « pas importante ».
De quoi ravir les cadres du Kremlin, qui tentent de se débarrasser des sanctions pesant sur le pays, tout en affirmant par ailleurs qu'elles n'auraient en réalité qu'une incidence très limitée sur l'économie. À commencer par celles sur l'énergie, et plus précisément sur le pétrole et l'enrichissement de l'uranium nécessaire au combustible nucléaire.
L'appel de Moscou pour ramener les pétroliers américains en Russie
En effet, dans la foulée des déclarations de Trump du 18 février, Moscou a proposé un accord pour « reprendre la coopération économique » avec Washington, notamment sur le pétrole, lors des pourparlers qui se sont tenus avec des émissaires américains à Riyad. Alors que la Russie reste le deuxième producteur mondial d'or noir, l'homme de l'ombre du Kremlin dans les négociations russo-américaines, Kirill Dmitriev, a proposé un accord sur les ressources naturelles, comprenant « des projets communs, y compris dans l'Arctique et d'autres régions ». Le but : faire en sorte que les compagnies pétrolières américaines puissent revenir dans le pays.
Plus précisément visé : le géant ExxonMobil, impliqué dans le projet d'exploration et de production de trois champs de gaz offshore Sakhaline-1, dont il s'était retiré au début de la guerre en Ukraine sans pouvoir vendre sa participation (de 30 %). « Pourquoi [ces entreprises] renonceraient-elles à la possibilité d'accéder aux ressources naturelles que nous leur avons données ? », a interrogé celui qui est aussi directeur du Fonds souverain russe d'investissement direct (RDIF), lors d'un entretien donné à CNN. Et d'affirmer que les États-Unis lèveront bientôt leurs sanctions contre le secteur énergétique russe.
Marine Godelier et Juliette Raynal