Séisme dans le commerce mondial : la Chine interdit l'exportation de technologies liées aux métaux stratégiques
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de deux métaux stratégiques (gallium et germanium), à l'aval du gouvernement central, la Chine
a annoncé jeudi qu'elle allait stopper l'exportation d'une série de technologies liées à l'extraction des terres rares. Un tournant dans l'histoire du commerce mondial.Et pour cause, ces métaux sont indispensables pour le développement de nombreuses technologies (batteries électriques, puces, smartphones, écrans LCD, Internet, éoliennes, et équipements militaires...). Pour rappel, les terres rares sont un ensemble de 17 éléments utilisés dans des produits technologiques de pointe. Leur extraction est donc capitale.
D'un premier coup de semonce en juillet dernier, avec ce coup d'arrêt, la Chine franchit ainsi une étape.
Au global, la seconde économie mondiale, décidée à prendre le leadership, contrôle aujourd'hui environ les trois-quarts de la production de ces terres rares.Lire aussiMétaux rares : Bruxelles s'inquiète des restrictions à l'export mise en place par la Chine
Concrètement, elle va désormais interdire l'exportation des « technologies d'extraction, de traitement et de fusion des terres rares », selon un long document publié jeudi par le ministère du Commerce. La nouvelle réglementation n'a toutefois pas de conséquences sur les exportations de produits à base de terres rares eux-mêmes. En revanche, elle pourrait contrarier les efforts de développement de ce secteur en dehors de Chine.
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Contrairement à ce que laisse entendre leur dénomination, cet ensemble de 17 métaux essentiels aux technologies de pointe est relativement abondant. Mais leurs propriétés électromagnétiques particulièrement recherchées en font des « métaux stratégiques ».
Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIEA), les besoins en technologies bas-carbone, notamment pour les moteurs de véhicules électriques ou les éoliennes en mer, pourraient multiplier par sept la demande mondiale, d'ici 2040, soit près de 2 millions de tonnes par an, contre 280.000 tonnes en 2022.
Aussi, les pays occidentaux, notamment les Etats-Unis, mais aussi l'Union européenne (UE) considèrent de plus en plus l'approvisionnement de ces métaux comme une question de sécurité nationale, d'autant plus que la transition énergétique mondiale alimente les craintes de pénuries potentielles à l'avenir.
'UE pourrait ainsi envisager
« des actions dans le cadre de l'OMC ».Mais «
l'OMC est une coquille vide car les Etats-Unis et la Chine prennent des décisions en dehors de cette institution depuis plusieurs années », expliquait à La Tribune Sylvain Bersinger du cabinet d'études Astérès.De son côté, les Etats-Unis ont annoncé, le même jour, vouloir
lancer une enquête auprès de leurs entreprises afin de déterminer comment elles se fournissent en semi-conducteurs fabriqués en Chine.L'objectif affiché : que les Etats-Unis gardent leur avance, « de plusieurs années » sur la Chine dans la conception de semi-conducteurs.
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«
Au cours des dernières années, nous avons constaté des signes potentiels de pratiques inquiétantes de la part de la Chine visant à accroître la production de semi-conducteurs par leurs entreprises et à rendre plus difficile la concurrence pour les entreprises américaines », a également justifié la secrétaire au Commerce, Gina Raimondo, dans le communiqué, faisant référence à un rapport, qui a été rendu le 12 décembre par une commission parlementaire américaine, qui appelle à une « réinitialisation» des relations économiques qu'entretiennent les Etats-Unis avec la Chine.
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