Semi-conducteurs : une nouvelle usine voit sa construction reportée en Allemagne
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Le ralentissement de la demande pour les voitures électriques freine les projets du secteur des puces, indispensables à leur fabrication.
Florence Lo
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Le ralentissement de la demande pour les voitures électriques freine les projets du secteur des puces, indispensables à leur fabrication.
Florence Lo
Suspension d'un projet d'implantation d'une grande usine de semi-conducteurs en Allemagne. Ce projet d'un montant de 2,7 milliards de dollars, porté par le fabricant américain de semi-conducteurs Wolfspeed et le sous-traitant automobile allemand ZF, devait voir le jour dans la région de Sarre, frontalière de la France.
Elle confirme ainsi des informations de plusieurs médias. « La construction de l'usine n'est plus à l'ordre du jour », affirmait mardi le quotidien économique Handelsblatt, selon lequel ZF s'était également retiré du projet. Le maintien de ZF dans le projet, s'il venait à voir le jour, n'est désormais pas certain, a ajouté Anke Rehlinger.
L'équipementier allemand a contesté mardi « la version des médias selon laquelle ZF serait responsable d'un retard dans les projets de Wolfspeed » à Ensdorf, selon un porte-parole du groupe à l'AFP. « Wolfspeed est responsable du projet que ZF a toujours soutenu de manière intensive et active », a déclaré mardi ZF à l'AFP. De son côté, Wolfspeed n'a pas réagi aux sollicitations.
Pour rappel, Wolfspeed, en partenariat avec ZF, avait annoncé en février 2023 vouloir construire « la plus grande usine au monde » pour les semi-conducteurs en carbure de silicium (SIC) de nouvelle génération. Le lancement du chantier était prévu pour 2025 sur le site d'une centrale à charbon désaffectée à Ensdorf, en Sarre.
Mais le ralentissement de la demande pour les voitures électriques freine les projets du secteur des puces, indispensables à leur fabrication. Ce domaine d'activité est à la peine dans toute l'Europe et particulièrement en Allemagne où les ventes stagnent. A noter que le groupe ZF (électrification, châssis, systèmes de sécurité) a déjà annoncé en juillet vouloir supprimer jusqu'à un quart de ses effectifs en Allemagne, soit 14.000 postes.
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Elle a aussi parlé d'un « revers » pour la Sarre, alors que le projet d'usine devait créer au moins 600 emplois. La suspension du projet constitue enfin un camouflet pour l'économie allemande, au bord de la récession, et pour le gouvernement d'Olaf Scholz qui en avait fait l'un des symboles des ambitions industrielles du pays. Ce revers plombe aussi les ambitions de l'UE qui cherche à conquérir 20% du marché mondial des semi-conducteurs en 2030 dans un secteur dominé par les producteurs asiatiques.
D'autant qu'en septembre, l'américain Intel, invoquant là aussi la faible demande, avait annoncé reporter la construction d'une autre usine de puces en Allemagne. Lancé en 2022, ce devait être le plus gros investissement étranger en Allemagne et créer 3.000 emplois. Le chantier n'avait pas encore commencé, alors qu'Intel avait initialement annoncé le début des travaux pour le premier semestre 2023. Le retard avait été justifié par des surcoûts liés à l'inflation.
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Le gouvernement avait promis près de dix milliards d'euros de subventions pour attirer le géant des microprocesseurs à Magdebourg (centre-est). La subvention du gouvernement allemand représentait environ un tiers du coût du projet, estimé à 30 milliards d'euros.
(Avec AFP)
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