Semi-conducteurs : comment Intel a enterré le « Chips Act » européen

Maxime Heuze
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L'usine allemande est censée contribuer à hauteur de 0,2% de la production européenne totale de puces.
Dado Ruvic

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L'usine allemande est censée contribuer à hauteur de 0,2% de la production européenne totale de puces.
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« C'est un vrai coup dur pour le "Chips Act" et l'Europe », scande une experte des semi-conducteurs. Alors qu'Intel avait annoncé en 2022 un important plan d'investissement pour produire des puces électroniques en Europe - pouvant aller jusqu'à 80 milliards d'euros sur dix ans -, le géant américain a annoncé lundi le report de la construction de ses usines européennes.
Si l'usine polonaise de Wroclaw estimée à 4,1 milliards d'euros doit assembler et contrôler les puces, la fonderie allemande de Magdebourg - évaluée à 30 milliards d'euros - doit devenir « le plus grand site de production de puces en Europe », s'était félicité en juin 2023 le chancelier Olaf Scholz. Concentrant la moitié des 61 milliards d'euros investis depuis l'an dernier sur le sol européen, selon la société d'analyse stratégique Yole Group, à son démarrage - initialement prévu en 2027 -, l'usine allemande est censée contribuer à hauteur de 0,2% de la production européenne totale.
Une étape cruciale donc pour atteindre l'objectif de 20% des puces mondiales produites en Europe d'ici 2030 (contre 10% aujourd'hui), voulu dans le règlement européen « Chips Act » signé en 2023. Or, ce projet d'investissement de 43 milliards d'euros porté par les Vingt-Sept doit notamment « permettre de produire localement ces composants stratégiques pour éviter des pénuries comme celle qui avait paralysé toute l'industrie automobile au sortir du Covid-19 », rappelle Estelle Prin, fondatrice de l'Observatoire européen des semi-conducteurs.
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S'appuyant sur l'initiative européenne, Berlin avait ainsi promis à Intel une subvention de 10 milliards d'euros à la construction de l'usine allemande... ce qui n'aura finalement pas suffi à maintenir le projet de l'américain dans les temps.
Maxime Heuze