Surtaxe des produits chinois: semi-conducteurs et batteries dans le viseur du Canada
latribune.fr

Illustration de puces semi-conducteurs
Florence Lo
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Illustration de puces semi-conducteurs
Florence Lo
Le Canada passe de nouveau à l'offensive contre la Chine. Le gouvernement a annoncé lancer une consultation publique de 30 jours visant à recueillir les avis de l'industrie sur l'application d'une surtaxe sur les importations de batteries, de semi-conducteurs, de minéraux et métaux critiques et de produits d'énergie solaire chinois, comme l'a indiqué mardi la vice-Première ministre Chrystia Freeland lors d'une conférence de presse.
Déjà, fin août, le gouvernement canadien avait annoncé la mise en place effective d'une surtaxe de 100% sur les importations de véhicules électriques chinois, à partir du 1er octobre. Ainsi que d'une surtaxe de 25% sur les importations chinoises d'acier et d'aluminium à compter du 15 octobre. L'exécutif avait là aussi déploré une « concurrence déloyale » de la première puissance asiatique. « La Chine ne respecte pas les mêmes règles que les autres pays », avait dénoncé le Premier ministre canadien Justin Trudeau. Et d'ajouter : « Nous devons défendre les emplois et les intérêts canadiens ».
La Chine n'a pour le moment pas encore réagi à cette nouvelle offensive du Canada. Elle a par contre très mal pris les surtaxes déjà actées. « Le Canada bafoue les règles de l'OMC (l'Organisation mondiale du commerce, Ndlr) et viole ses engagements auprès de l'organisation », a fustigé le ministère chinois du Commerce en fin de semaine dernière. Si bien qu'il a « demandé des consultations avec la partie canadienne » auprès de l'OMC pour tenter de faire supprimer ces surtaxes.
Quelques jours plus tôt, en guise de représailles, ce même ministère a indiqué qu'il « ouvrira une enquête antidumping sur le colza importé du Canada », sans toutefois préciser de calendrier. Dans les faits, cette enquête vise spécifiquement le « canola », un oléagineux apparenté au colza utilisé pour fabriquer de l'huile de cuisson, des aliments pour animaux et du biodiesel, dont le Canada est l'un des principaux producteurs au niveau mondial.
Pékin estime que les exportations de colza canadien vers la Chine « ont augmenté de manière significative », à hauteur de 3,47 milliards de dollars (3,14 milliards d'euros) en 2023, avec des prix qui « ont continué à chuter ». Les exportateurs canadiens sont ainsi « soupçonnés de pratiquer le dumping » sur le marché chinois, selon le ministère. La Chine « prendra toutes les mesures nécessaires pour défendre les droits et intérêts légitimes » de ses entreprises, a-t-il souligné.
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Cela fait plusieurs années que les relations sont à couteaux tirés entre le Canada et la Chine. Notamment depuis la crise Huawei et l'arrestation en 2018 de Meng Wanzhou, la directrice financière du groupe chinois, suivie de l'incarcération en Chine de deux citoyens canadiens.
Plus globalement, cette passe d'armes s'inscrit dans un contexte de tensions commerciales grandissantes entre la Chine et certains pays occidentaux, particulièrement l'Union européenne et les États-Unis. Ces derniers accusent Pékin de détruire la concurrence dans différents secteurs dont les éoliennes, les panneaux solaires et les batteries. Des allégations qui les ont conduits à instaurer des surtaxes aux importations de certains produits.
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Ainsi, Bruxelles a confirmé cet été sa volonté de surtaxer, jusqu'à 36% et pendant cinq ans, les véhicules électriques venant de Chine. La Commission européenne estime les prix des véhicules chinois artificiellement bas du fait de subventions d'État, ce qui fausserait le marché et nuirait à la compétitivité des constructeurs européens. Pékin a répondu par des enquêtes antidumping visant notamment les produits laitiers importés ou le cognac. De leur côté, les États-Unis ont annoncé en mai dernier le quadruplement des droits de douane, de 25% à 100%, sur les véhicules électriques chinois importés pour éviter une déferlante de voitures chinoises outre-Atlantique.
(Avec AFP)
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