Marchés, croissance, inflation, emploi… La Tribune analyse les conséquences de la réélection de Donald Trump sur les indicateurs économiques américains. Retrouvez ici une sélection d’articles écrits par les journalistes de la rédaction.
La politique de Donald Trump pourrait bien se retourner contre les États-Unis. Depuis son investiture le 20 janvier, le président américain a multiplié les annonces fracassantes et les revirements tout aussi spectaculaires en matière de droits de douane, ce qui fait tanguer la finance et l'économie mondiale.
L'ancien promoteur immobilier ne cesse de clamer son « amour » pour les droits de douane qui, selon lui, doivent permettre à la fois de rapatrier des usines aux États-Unis et de réduire le déficit, quitte à causer des « perturbations » financières passagères.
Mais cet « âge d'or » protectionniste vanté par le milliardaire convainc de moins en moins les investisseurs, qui spéculent désormais sur une récession aux États-Unis, chose impensable il y a quelques semaines à peine. Découvrez ci-dessous une sélection d'articles afin de comprendre les conséquences pour l'économie américaine.
✍ Risques de récession
Les économistes des grandes banques américaines ont alerté sur les possibles risques de récession aux États-Unis vendredi dernier. Les promesses de Donald Trump pourraient en effet être rattrapées par la réalité économique, analyse pour La Tribune Florence Pisani, cheffe économiste du gestionnaire d'actifs Candriam.
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✍ Croissance
Les droits de douane et l'incertitude qui pèse sur les entreprises risquent de freiner la croissance américaine cette année, a estimé Fitch le 11 février. Selon les analystes de l'agence de notation, même si « la consommation soutient la croissance », cette dernière devrait « décélérer en 2025, sous l'effet d'une hausse des droits de douane, d'un ralentissement des investissements et une accélération des dépenses publiques ».
L'inflation pèse déjà sur les ménages américains. L'indice d'ensemble des prix à la consommation (IPC), qui mesure l'inflation aux États-Unis, a augmenté de 0,7 % entre décembre 2024 et janvier 2025, et de 3 % en janvier sur un an. Les consommateurs se préparent à une augmentation des prix de nombreux produits.
Les consommateurs, moteur de la première puissance mondiale, commencent à s'inquiéter de voir leur horizon s'assombrir face à la frénésie d'initiatives du nouveau gouvernement. Selon les données de l'association professionnelle Conference Board, leur confiance a perdu sept points en février, bien plus qu'anticipé.
Le déficit commercial des États-Unis s'est envolé à 131,4 milliards de dollars en janvier contre 98,1 milliards en décembre, selon les données du département américain du Commerce jeudi dernier. Cette hausse du déficit s'explique principalement par une forte hausse des importations, sans doute dans l'anticipation par les entreprises américaines des surtaxes douanières sur l'acier et l'aluminium par Donald Trump.
Les licenciements annoncés par les employeurs américains ont atteint, en février, des sommets jamais vus depuis la crise des subprimes de 2007-2008 et la période Covid de 2020. Cette flambée des licenciements apparaît dans un contexte de suppressions de postes massives au sein du gouvernement, d'annulations de contrats et d'inquiétudes croissantes autour d'une potentielle guerre commerciale.
Face aux risques de récession, les Bourses mondiales ont vacillé ce lundi. L'euphorie est retombée à Wall Street et les investisseurs ne semblent plus très sensibles aux multiples déclarations du président américain, y compris sur les droits de douane.
Le dollar a connu une forte appréciation depuis l'élection de Donald Trump. Mais depuis son entrée en fonction, le cours du dollar par rapport à l'euro se montre un peu plus volatil. Les droits de douane annoncés par le président américain pourraient avoir différents effets, parfois contradictoires, selon les économistes interrogés par La Tribune.