Transmission du coronavirus : ce que l'on sait

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Pour limiter les contaminations, le premier ministre Jean Castex envisage de développer le port du masque.
Pour limiter les contaminations, le premier ministre Jean Castex envisage de développer le port du masque. (Crédits : Reuters)
Les gouttelettes et les contacts par les mains ou les surfaces demeurent les voies de contamination privilégiées du Covid-19, mais "des preuves émergent" sur une transmission par l'air, reconnaît désormais l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Une hypothèse qui plaide en faveur de l'utilisation du masque dans les lieux clos.
  • Gouttelettes ou postillons

Le premier mode de transmission du coronavirus mis en évidence est celui des postillons, de petites gouttelettes de salive expulsées par une personne infectée quand elle tousse ou éternue, mais aussi quand elle chante ou parle.

Ce milieu humide sert de vecteur au virus, qui peut infecter quelqu'un d'autre s'il atteint sa bouche, son nez ou ses yeux, portes d'entrée vers les cellules des voies respiratoires.

Les scientifiques jugent que cela nécessite un contact rapproché, d'environ un mètre, estimation que l'on retrouve dans les recommandations sanitaires officielles de distanciation physique.

En revanche, ces gouttelettes de 5 à 10 microns sont relativement "lourdes" et retombent rapidement, elles ne se maintiennent pas en suspension dans l'air.

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  • Contacts et surfaces

Le virus peut aussi se fixer sur une surface souillée par les gouttelettes, comme les mains, les mouchoirs ou un autre objet touché (poignée de porte, bouton d'ascenseur...). Une personne saine qui les touche puis porte sa main à son visage peut alors se contaminer.

D'où les recommandations de ne pas se serrer la main, de se laver fréquemment les mains au savon ou au gel hydroalcoolique et de désinfecter régulièrement les surfaces touchées fréquemment, en particulier au travail et dans les lieux publics.

Différentes études ont montré que le coronavirus peut persister longtemps sur les surfaces inertes (plastique, acier...): plusieurs heures voire quelques jours, si la température et l'humidité sont favorables. Toutefois, au bout de quelques heures, on ne le retrouve qu'à l'état de traces, en quantité insuffisante pour contaminer.

  • L'air ambiant, lui aussi contaminant?

Une fois privé de son enveloppe humide, le virus survit-il en suspension dans l'air? Et est-il assez actif pour contaminer de nouvelles personnes?

Un tel mode de transmission "ne peut être exclu", a reconnu l'Organisation mondiale de la santé la semaine dernière. Notamment, détaille-t-elle dans une fiche actualisée jeudi, dans "certains endroits fermés, comme les lieux très fréquentés et mal aérés" et lorsque les gens y sont présents "pendant une durée de temps longue". Exemples? Les chorales, les restaurants ou les cours de sport.

Le virus serait alors porté par des aérosols, provenant soit de l'évaporation des gouttelettes soit de la simple respiration des porteurs du virus. Plus petits (moins de 5 microns), ces aérosols peuvent se maintenir en suspension en intérieur et être inhalés par d'autres gens.

"Les preuves doivent toutefois être rassemblées et interprétées", selon une porte-parole de l'OMS.

Cette inflexion fait suite à la publication d'une lettre ouverte de plus de 200 scientifiques demandant l'application du principe de précaution face à l'accumulation d'indices sur "le potentiel de transmission aérienne du Covid-19". Dans ce texte, publié dans la revue Clinical Infectious Diseases d'Oxford, ils estiment qu'un malade peut infecter une personne au-delà de deux mètres.

Dès la mi-mars, une étude américaine publiée dans le New England Journal of Medicine (NEJM) montrait que le nouveau coronavirus pouvait survivre en laboratoire pendant trois heures sous la forme de particules dans l'air.

Cette étude conclut aussi que les particules de virus contenues dans ces aérosols produits expérimentalement peuvent infecter des cellules in vitro, même après trois heures.

D'autres études vont dans le même sens, mais il n'a jamais été prouvé que ces particules de coronavirus pouvaient provoquer des infections dans la vie réelle.

L'apparition de foyers importants dans des bateaux de croisière ou militaires, des églises, des discothèques ou des abattoirs appuie cette hypothèse, reconnaît l'OMS, sans exclure que ces "clusters" soient liés à des voies de transmission classiques.

  • Quelles implications pour la prévention?

Cette hypothèse aérienne rend "souhaitable de porter un masque adapté lorsqu'on pense que des personnes infectées peuvent se trouver à proximité et d'aérer suffisamment les endroits fermés", estimait dès le 15 avril Matthew Meselson,  professeur à l'université d'Harvard.

Le message c'est "aérer, aérer, aérer", confirme Arnaud Fontanet, membre du Conseil scientifique français.

Surtout, "le masque est désormais au cœur de la stratégie de prévention", observe Franck Chauvin, président du Haut Conseil français de la santé publique (HCSP) alors qu'il n'était recommandé il y a quelques mois qu'aux personnes malades et aux soignants.

En France, deux tribunes parues dans la presse appellent à le rendre obligatoire dans les lieux clos, et le Premier ministre Jean Castex a indiqué dimanche que "la question de développer le port du masque [était] à l'étude".

Lire aussi : Covid-19: les entreprises devront acheter 10 semaines de stocks de masques

En Belgique, il est exigé depuis samedi dans les commerces, les cinémas ou les lieux de culte et plusieurs régions d'Espagne ont décidé qu'il devait être porté à tout moment sous peine d'amende.

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Commentaires
a écrit le 15/07/2020 à 3:16 :
A Seoul en particulier, tous les ascenseurs ont les claviers de commandes d'etages proteges par un film plastique anti bacterien.
Simple, efficace.
De meme le port du masque est obligatoire dans tout lieu confine.
Personne ne renacle et ca marche bien.
En France on continue de parler du sexe des anges.
a écrit le 14/07/2020 à 19:12 :
Comme le disait l'éminent Coluche:
" Quand on ne sait pas on a aussi le droit de fermer sa gueule"...et les "experts" qui viennent "bavasser" sur les plateaux de télévision, "ils seraient pas venus qu'on leur en voudrait pas".
Créer de la confusion, entrenir un climat anxiogène, ressasser à longueur de journée des
hypothèses, jouer sur les peurs ne fera pas avancer le "Schmilblick".
... à se demander à qui profitent ces attitudes...et dans le lot des angoisses on peut raisonnablement ajouter la paranoïa 👹👺!
a écrit le 14/07/2020 à 18:06 :
Arrêtez d'avoir peur et de psychoser les gens. Vous allez de toute façon devoir vivre, ou décider de préférer vous suicider par précaution : mais ne "suicidez" plus les autres, merci.
a écrit le 14/07/2020 à 9:43 :
Vu le peu qu'elle bosse elle s'en tape la classe dirigeante d'avoir un masque ou pas, nous autres par contre qui travaillons réellement savons que c'est insupportable !

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