Victoria's Secret débloque 8,3 millions de dollars pour 1.250 ouvrières thaïlandaises licenciées sans indemnités

Après un an de mobilisation, plus d'un millier d'ouvrières thaïlandaises ont reçu leur indemnité de licenciement suite à la fermeture de l'usine dans laquelle elles travaillaient. Cette usine produisait des sous-vêtements pour des marques américaines détenues par le fonds Sycamore Partners, dont Victoria's Secret. Plus de 8 millions d'euros ont été versés, soit le plus important accord jamais conclu par une usine de confection au titre du non-paiement du travail effectué. Les défenseurs des droits des travailleurs espèrent désormais que ce cas fera jurisprudence.
L'indemnisation de 8,3 millions de dollars versées à 1.250 employées thaïlandaises représente l’équivalent de deux à quatre ans de salaire selon les cas. (Photo d'illustration: des ouvrières fabriquent entre autres des soutiens-gorge de la marque Victoria's Secret dans l'usine d'un sous-traitant du secteur textile située en Inde.)
L'indemnisation de 8,3 millions de dollars versées à 1.250 employées thaïlandaises représente l’équivalent de deux à quatre ans de salaire selon les cas. (Photo d'illustration: des ouvrières fabriquent entre autres des soutiens-gorge de la marque Victoria's Secret dans l'usine d'un sous-traitant du secteur textile située en Inde.) (Crédits : Reuters)

C'est un dénouement finalement heureux pour les 1.250 ouvriers de l'usine Samut Prakan, au sud de Bangkok, qui produisait des sous-vêtements pour les marques américaines Victoria's Secret, Lane Bryant et Torrid, détenues par le fonds Sycamore Partners. Lorsque Brilliant Alliance Thai (BAT) l'a fermée en mars 2021 après avoir fait faillite, aucune employée n'avait reçu les indemnités de licenciement prévues par la loi thaïlandaise.

Des salariées qui ne se sont pas laissé faire. Depuis un an, elles manifestaient devant le siège du gouvernement à Bangkok, aux côtés des représentants syndicaux thaïlandais, pour obtenir les indemnités dues. Une obstination qui s'est révélée payante puisqu'elles ont reçu une indemnité totale de 8,3 millions de dollars (7,3 millions d'euros), d'après l'annonce des défenseurs des droits des travailleurs samedi 28 mai. Soit l'équivalent de deux à quatre ans de salaire selon les profils des employées.

Seule la marque Victoria's Secret a contribué financièrement à cet accord. Dans un communiqué, la marque de lingerie a confirmé la signature d'un accord dont elle n'a pas précisé le montant.

« Pendant plusieurs mois, nous avons été en rapport avec les propriétaires de l'usine pour trouver une solution. Nous regrettons qu'ils n'aient pas été en mesure de régler cette affaire tout seuls. Pour s'assurer que les travailleurs reçoivent la totalité des indemnités de départ qui leur sont dues, Victoria's Secret a accepté d'avancer les fonds aux propriétaires de l'usine », a précisé la marque dans son communiqué.

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Une injustice pas nouvelle

Cet accord est le plus important jamais conclu par une usine de confection au titre du non-paiement du travail effectué, selon l'association internationale de défense des droits des travailleurs Solidarity Centre.

« Des travailleurs de l'habillement à bas salaires laissés sans ressources par l'injustice infligée par les chaînes d'approvisionnement mondiales, ça n'a rien de nouveau. Ce qui est nouveau, c'est qu'ils n'ont pas accepté leur sort et qu'ils ont gagné. Nous espérons également que cela représentera un modèle pour résoudre les prochains cas où les travailleurs du secteur textile se retrouveront dans une situation désespérée similaire », a déclaré David Welsh, directeur national du Solidarity Center en Thaïlande.

Contacté par l'AFP, Sycamore Partners n'a pas souhaité faire de commentaires.

Selon un rapport publié en avril 2021 par le groupe de défense des ouvriers, Worker Rights Consortium, des cas similaires de non-paiement de salaires ont été enregistrés dans 31 usines de confection répartis dans neuf pays.

Le fléau des salaires impayés estimé à 500 millions de dollars

Le directeur exécutif du Worker Rights Consortium, Scott Nova, a estimé que ces cas n'étaient que la « pointe émergée de l'iceberg » et que ce problème a explosé durant la pandémie, en raison d'une baisse de commandes des vêtements.

Il a estimé que quelque 500 millions de dollars sont dus aux ouvriers du secteur de l'habillement du monde entier à la suite de fermetures d'usines et d'indemnités de licenciement non payées.

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(Avec AFP)

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Commentaire 1
à écrit le 31/05/2022 à 18:40
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Bonjour, Se n'est pas parce-que c'est le tiers-monde qui fait traité les ouvriers comme des esclaves...

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