La longue marche vers un capitalisme responsable
Patrick Cappelli
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De gauche à droite, Bruno Le Maire, Jean Dominique Senard, Pascal Demurger, Emmanuel Faber.
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De gauche à droite, Bruno Le Maire, Jean Dominique Senard, Pascal Demurger, Emmanuel Faber.
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De la Révolution Industrielle à la crise financière de 2007, capitalisme et humanisme n'ont pas souvent été associés. Mais la crise sanitaire actuelle rebat les cartes. Le dérèglement climatique ne laisse plus le choix aux décideurs politiques et économiques : continuer le « business as usual » signerait la fin à brève échéance du modèle social et économique actuel. Heureusement, les choses bougent.
La loi du 22 mai 2019 pour la croissance et la transformation des entreprises, dite loi Pacte, doit permettre aux entreprises de « mieux prendre en considération les enjeux sociaux et environnementaux dans leur stratégie ». Elle introduit aussi les notions de raison d'être et d'entreprise à mission. À l'origine de ce texte, Bruno le Maire a rappelé que « le profit pour le profit, les gens n'en veulent plus. La création de richesse au détriment de la planète est une impasse. Il faut inventer un autre capitalisme, qui n'épuise pas les ressources et garantisse l'égalité ».
Objectif louable, mais qui risque de se heurter à la réalité d'une épidémie de faillites et de plans sociaux quand on fermera le robinet d'aides publiques, sans doute en fin d'année. Pour le Ministre de l'Économie, « il faut penser les choses autrement ». C'est-à-dire, pour les entreprises, réduire les écarts de rémunération entre les dirigeants et les salariés, intéresser davantage ces derniers aux résultats, défendre l'égalité femmes/hommes et rendre les modes de production plus vertueux.
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Des évolutions déjà à l'œuvre en Europe, continent qui a le plus protégé les salariés durant la crise et édicté la taxonomie verte pour parvenir à la neutralité carbone à horizon 2050. Cette nouvelle classification standardisée pour évaluer la durabilité de 70 activités économiques entrera en vigueur partiellement à la fin de l'année 2021, puis totalement fin 2022. A cette date, les entreprises devront publier les informations concernant leur bilan carbone sur leur site. Mais cette taxonomie verte n'aura de sens que si elle est aussi adoptée par les fonds privés anglo-saxons et les fonds souverains moyen-orientaux. Pour y arriver, il faudra faire sauter plusieurs verrous, dont la reconnaissance du nucléaire, spécialité française, comme énergie propre.
Patrick Cappelli