« Nous sommes prêts à retravailler notre plan de relance de l’économie corse » (Jean Dominici, CCI de Corse)
Jean-Marc Rafaelli
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LA TRIBUNE - La saison touristique n'a pas été bonne sur l'île. Vous apprêtez-vous à une rentrée éprouvante pour les entreprises corses ?
L'avant saison et le mois de juillet ont été très mauvais pour le secteur du tourisme. Il semble que le mois d'août et l'arrière-saison soient un peu moins dégradés, mais cela ne permettra en aucun cas de rattraper les pertes déjà enregistrées. Après une mauvaise année 2023, nous aurons donc une mauvaise année 2024 et cet enchaînement, cette déprise économique de notre principale activité, est en effet une préoccupation cruciale pour la viabilité des commerces et entreprises insulaires car le tourisme, de manière directe et induite, irrigue l'ensemble de l'économie de la Corse. Alors oui, nous nous préparons à une rentrée stressante et à un hiver difficile.
Jean DOMINICI - Comment expliquer le décalage entre, d'une part, un taux de remplissage satisfaisant des bateaux et des avions et, d'autre part, des hôtels et restaurants désertés ?
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Plusieurs facteurs sont en mouvement et tous nous sont défavorables. D'abord, l'offre de transport, notamment dans le domaine aérien, est insuffisante en sièges et en lignes ce qui conduit à des saturations chroniques ; ensuite, les prix sont beaucoup trop élevés à la fois en valeur absolue et surtout par rapport à toutes les autres destinations concurrentes en Méditerranée. Le budget qui reste disponible pour consommer sur place, déjà écorné par les problèmes de pouvoir d'achat, est donc en réduction constante, cela conduisant à des séjours plus courts, des dépenses moins importantes, la recherche de solutions les moins onéreuses pour se loger... se nourrir et visiter l'île et donc une appétence grandissante pour les solutions para-commerciales qui abondent désormais dans tous les secteurs de l'économie corse.
Jean-Marc Rafaelli