Motion de censure : comment le RN veut piéger LR
Jules Pecnard
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Photo d'illustration
© LTD / Raphaël Lafargue/ABACA
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L'ultimatum tient toujours. D'ici au 29 mai, les députés du Rassemblement national déposeront une motion de censure spontanée contre le gouvernement. Il y a près de trois semaines, au pic des querelles autour du creusement des déficits, le parti de Marine Le Pen enjoignait à Gabriel Attal de soumettre une loi de finances rectificative au Parlement. Faute de quoi ses troupes déclencheraient l'article 49.2 de notre Constitution. La manœuvre n'a aucune chance d'aboutir. La direction du RN sait qu'elle ne réunira pas 289 voix, seuil de la majorité absolue à l'Assemblée nationale. Son texte ne sera jamais soutenu par la gauche, sauf circonstances exceptionnelles. Du côté droit, le gros des 61 députés
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Les Républicains ne prendra pas le risque, à quelques jours des élections européennes, de faire chuter le Premier ministre et d'épaissir le brouillard politique. Ça tombe bien : dès le départ, l'idée de Marine Le Pen et de son entourage était de déstabiliser LR. « Il faut s'attaquer à leur crédibilité et s'adresser aux électeurs sensibles à leur discours habituel sur la maîtrise des finances publiques », résume Jean- Philippe Tanguy, député de la Somme et numéro deux frontiste au Palais-Bourbon. Le mouvement conduit par Jordan Bardella, tête de liste donnée à plus de 30 % au scrutin du 9 juin, espère piquer encore quelques voix à François-Xavier Bellamy, crédité de 7,5 % dans notre dernier sondage Elabe.
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