« Dati, c’est la trumpisation de la culture » (Anne Hidalgo, Maire de Paris)
Propos recueillis par Bruno Jeudy et Caroline Vigoureux
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Anne Hidalgo
© GEORGE JERUSALMI POUR LA TRIBUNE DIMANCHE
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Anne Hidalgo
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LA TRIBUNE DIMANCHE - Êtes-vous surprise par l'entrée de Rachida Dati dans le gouvernement Attal ?
ANNE HIDALGO - Comme tout le monde, mais peut-être moins que les acteurs du monde de la culture, à qui, du fond du cœur, je souhaite bon courage.
Rachida Dati pourrait être la candidate des macronistes à Paris en 2026. Que pensez-vous de ce « deal » passé avec Emmanuel Macron ?
Au Conseil de Paris, elle a fait entrer l'injure, l'insulte, la provocation permanente, la remise en question de la légitimité des élus où les mensonges et l'outrance tiennent lieu de proposition et de vision. Ce qui est désormais en marche, c'est la trumpisation de la culture et de l'audiovisuel public. Un beau programme pour 2026.
Gabriel Attal Premier ministre, qu'en dites-vous ?
Cette nomination ne changera strictement rien. Ni pour le quotidien des Français, ni pour le fonctionnement démocratique de notre pays. Il n'a toujours pas de majorité à l'Assemblée nationale. Ce n'est pas par des débauchages individuels qu'il va procéder à son élargissement. Prenez la loi immigration, adoptée dans le plus grand chaos à l'Assemblée nationale. Le président de la République, sans boussole, finit par s'en remettre au Conseil constitutionnel pour supprimer les articles qui ne lui conviennent pas ! Une aberration démocratique.
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L'année 2023 aura été compliquée pour vous... Quelles leçons tirez-vous des polémiques dont vous avez fait l'objet ?
Vous savez, elle n'était pas très différente de 2022, 2021, 2020, 2019, 2018, 2017... Aujourd'hui, la place de la vérité dans le débat public a beaucoup régressé, pour laisser place à du spectacle, un show permanent souvent de très mauvaise qualité. On n'est pas élu pour jouer la comédie. Dans toutes les démocraties, la vie politique est devenue, sous l'effet aussi des réseaux sociaux, beaucoup plus dure, centrée sur des attaques personnelles, et quand il s'agit de femmes progressistes, écologistes, etc., c'est encore pire. J'en tire comme conclusion qu'il faut garder un cap, avoir des équipes solides et toujours fidèles à leurs convictions.
Propos recueillis par Bruno Jeudy et Caroline Vigoureux
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