ENTRETIEN - La haute fonctionnaire choisie par le Nouveau Front populaire promet 150 milliards d’euros de prélèvements supplémentaires pour financer son programme et réduire le déficit public.LA TRIBUNE DIMANCHE - Emmanuel Macron considère que vous n'avez pas la capacité de gouverner, faute de majorité suffisamment solide. Vous répondez que si. C'est un dialogue de sourds. Comment en sortir ?
LUCIE CASTETS - Le président de la République doit mettre un terme à la paralysie inédite que nous vivons. Il doit prendre au sérieux le résultat des élections législatives et mettre au gouvernement la formation politique qui est arrivée en tête, le Nouveau Front populaire. Nous faisons l'hypothèse qu'il respectera la logique des institutions de la République.
S'il ne vous a toujours pas nommée après les JO, que ferez-vous ?
Il est souhaitable que le gouvernement soit nommé au plus tôt. D'ici là, nous sommes au travail, nous préparons la mise en œuvre de notre programme.
Dans votre scénario, vous forgeriez des majorités au cas par cas. Mais ni les droites ni le centre n'entendent travailler avec LFI...
Nous irons chercher des compromis avec les autres groupes, à l'exception du Rassemblement national. Avec eux, jamais. Néanmoins, je ne serai pas responsable de leurs votes. S'ils veulent abroger la réforme des retraites ou améliorer les services publics, je ne peux pas les en empêcher. Mais je note que le RN n'a jamais proposé de texte allant dans le sens de la justice sociale ou de l'égalité. Quant au NFP, il ne votera jamais de texte venant du RN.
La gauche rejettera-t-elle toute proposition venant du bloc central ?
Je veux redonner sa légitimité au travail parlementaire. Les propositions de lois d'autres groupes et les bonnes volontés seront bienvenues si elles sont conformes à ce que porte le NFP. Dans ce cadre, je ferai des compromis et je discuterai des amendements.