Ses cartons sont prêts depuis longtemps. Contrairement à beaucoup de ses collègues du gouvernement Attal, Éric Dupond-Moretti a préféré garder le silence durant cette période de transition. Très tôt, il a compris que sa vie ministérielle était terminée. Après avoir fait voter une des lois de programmation pour la justice les plus ambitieuses des dernières années et obtenu une hausse historique de son budget de 33 % entre 2020 et 2024, l'ancien garde des Sceaux n'aurait pas accepté les coupes budgétaires du nouveau Premier ministre (pas moins de 100 millions).
Après son départ de la Place Vendôme, où il sera resté quatre ans et deux mois (seuls ses prédécesseurs Robert Badinter et Jean Foyer ont fait mieux sous la Ve République), il va s'offrir un road-trip, selon son expression, en Italie, le pays de sa mère. Que fera-t-il ensuite ? Chassé par les médias, qui lui font déjà des propositions d'émissions, et les producteurs de théâtre et de cinéma, l'ancien ténor du barreau hésite à reprendre la robe. À moins que la politique ne le rattrape et qu'Emmanuel Macron ne propose son nom, en mars 2025, pour présider le Conseil constitutionnel.
Éric Ciotti a trouvé des locaux à Paris pour installer le parti qu'il vient de créer,
l'Union des droites pour la République. Dès son lancement fin août, celui qui est encore patron des Républicains a acheté la marque UDR, qui était libre de droits. Le député des Alpes-Maritimes a préféré chercher un nom de formation avec le sigle de cet ancien parti gaulliste plutôt qu'avec un autre, le RPR. Celui-ci est la propriété du Rassemblement national, même si Ciotti a signé une alliance avec ce parti à l'occasion des dernières législatives.