Emmanuel Macron a invité Gérald Darmanin à déjeuner en tête à tête le 30 septembre à l'Élysée. Le chef de l'État et l'ancien ministre de l'Intérieur sont très proches. Alors qu'Édouard Philippe et Gabriel Attal ont pris leurs distances avec le président, le député Renaissance du Nord, qui avait lancé la veille à Tourcoing son club, baptisé Populaires, reste l'un de ses premiers avocats. De son côté, Emmanuel Macron avait tenté de convaincre Michel Barnier de conserver dans son équipe Gérald Darmanin, qui lorgnait le ministère des Affaires étrangères. En vain. Lundi, le chef de l'État a confié à l'ancien locataire de la Place Beauvau que le gouvernement de son nouveau Premier ministre n'était pas le sien et qu'il ne se sentait en rien lié par les décisions qu'il prenait. Cela n'a sans doute pas incité à retenir les critiques au lance-flamme dans les médias de son invité, qui se veut désormais libre, contre la politique fiscale de Michel Barnier.
L'ancien député Renaissance s'active en coulisses pour mettre en place un collectif social-démocrate avec des députés issus de plusieurs groupes politiques à l'Assemblée nationale, dont d'anciens macronistes déçus, comme Stella Dupont - qui a annoncé cette semaine son départ d'Ensemble pour la République (EPR) -, des membres du groupe Liot et des députés non inscrits. L'élu de la Vienne espère rassembler autour de lui 15 élus, nombre minimum pour former un groupe parlementaire.