Premier ministre : Macron va recevoir Bernard Cazeneuve lundi matin
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Bernard Cazeneuve a déjà été Premier ministre, entre décembre 2016 et mai 2017, sous François Hollande.
© Philippe Wojazer / Reuters
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Bernard Cazeneuve a déjà été Premier ministre, entre décembre 2016 et mai 2017, sous François Hollande.
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Emmanuel Macron recevra Bernard Cazeneuve lundi matin à l'Élysée dans le cadre de ses consultations en vue de la nomination du nouveau Premier ministre, rapporte l'AFP, citant une source dans l'entourage de l'ancien chef du gouvernement socialiste, désormais à la tête du mouvement La Convention.
Alors que son nom circule avec insistance depuis plusieurs jours comme Premier ministre possible, Bernard Cazeneuve ne « serait pas demandeur » mais considèrerait tout de même le poste « par devoir et pour éviter des difficultés supplémentaires au pays », prétend cette même source. Aucun contact récent n'a eu lieu entre Bernard Cazeneuve et le président ou son entourage proche, mais l'annonce de ce rendez-vous consolide son statut de favori. L'entourage d'Emmanuel Macron a tout de même précisé que cette rencontre s'inscrivait dans la poursuite des consultations du président qui devrait également s'entretenir avec ses prédécesseurs Nicolas Sarkozy et François Hollande.
L'ancien ministre de l'Intérieur et dernier Premier ministre de François Hollande entre décembre 2016 et mai 2017 avance prudemment. « C'est un homme de gauche responsable qui tiendra compte de la situation politique mais aussi économique du pays, mais s'il considère que les conditions d'un fonctionnement institutionnel normal, régulier, transparent ne sont pas réunies, il dira "non" à Emmanuel Macron », explique son entourage. La réforme impopulaire sur la retraite à 64 ans fait partie des sujets qui seront évoqués lors de cet entretien, toujours selon la même source.
Alors que Matignon n'a plus de dirigeant depuis la démission de Gabriel Attal le 16 juillet, il y a 47 jours, Emmanuel Macron reçoit un à un les forces politiques françaises à la recherche d'un Premier ministre qui puisse ne pas être l'objet d'une censure immédiate de la part des forces politiques à l'Assemblée nationale. « L'idée c'est de trouver un Premier ministre qui incarne un changement de politique et un dépassement de la logique des blocs », indiquait récemment à l'AFP un proche du président.
Après avoir balayé du revers de la main la candidature de Lucie Castets présentée par le NFP, coalition de gauche qui a obtenu le plus de sièges aux élections législatives, le président cherche un profil plus compatible avec son parti. De centre-gauche, l'ancien socialiste paraît en effet moins clivant pour la Macronie, la droite et l'extrême droite, notamment en raison de sa forte opposition à La France insoumise, le parti érigé en épouvantail du NFP. L'homme politique de 61 ans avait quitté le parti socialiste en 2022 suite à l'accord sur la NUPES avec LFI.
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« Si c'est un Premier ministre de centre-gauche qui permet d'aller décrocher le plus de sociaux-démocrates, c'est la meilleure option », se contentait récemment le député Renaissance Mathieu Lefevre. Bernard Cazeneuve répond au « portrait-robot » d'un futur Premier ministre, a aussi appuyé François Bayrou, proche allié du président, au micro de BFMTV et RMC.
« Bernard Cazeneuve fait partie de la liste de profils qui me semblent être à même de rassembler au delà de son camp, puisque personne ne détient la majorité à lui tout seul », renchéri de son côté la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, invitée de Questions politiques.
Comme nous le rapportions dans La Tribune Dimanche, le profil ne fait pour autant pas l'unanimité, même dans l'esprit de Macron. Peut-il nommer à Matignon un représentant de « l'ancien monde » dernier Premier ministre de François Hollande ? « Tout un pan de notre électorat ne nous pardonnerait pas de remettre la Hollandie au pouvoir », redoute une députée Ensemble pour la République.
Cette rencontre lundi à l'Elysée éloigne de facto l'hypothèse privilégiée par le parti d'un Premier ministre de droite, pour laquelle plaide également l'ancien président Nicolas Sarkozy. Mais les dirigeants des Républicains, qui veulent arriver en opposants à la présidentielle de 2027, refusent toute coalition ou participation au futur gouvernement.
Une question demeure néanmoins sur son soutien par les élus socialistes en cas de nomination. Le chef du parti Olivier Faure soutient les autres partis de gauche dans la position « Castets ou rien », mais le débat reste très animé au sein du PS. L'hypothèse de l'arrivée à Matignon de Cazeneuve a ainsi été qualifiée de « crédible et sérieuse » samedi par la maire de Paris Anne Hidalgo. Depuis l'écartement de la candidature Castets la semaine dernière, le NFP refuse toute nouvelle discussion avec le chef de l'État. Il assure que son parti censurera quelconque gouvernement non issu des rangs du NFP.
« Bernard Cazeneuve n'est soutenu par aucun des 4 partis de gauche du pays », rappelle ainsi Manuel Bompard (LFI) sur BFMTV. « Le Nouveau Front populaire s'est construit en rupture avec la politique de François Hollande, dont Bernard Cazeneuve était le Premier ministre. Nous censurerons tout gouvernement autre que celui de Lucie Castets », a-t-il insisté. Les Insoumis avait partagé leur opposition à cette nomination dès vendredi par la voix de leur cheffe de file Mathilde Panot. Cette dernière a annoncé qu'ils voteraient une motion de censure contre un gouvernement qui serait dirigé par l'ex-socialiste Bernard Cazeneuve.» Évoquant le profil de Bernard Cazeneuve, la député a affirmé que « une des choses qui a fait le plus de mal à la gauche ces dernières années, c'est le quinquennat de François Hollande. Il a en quelque sorte essayé de faire croire aux gens que, qu'on soit de gauche ou de droite, de toute façon, c'était les mêmes politiques qui étaient menées avec des promesses qui n'ont pas été tenues. »
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Côté écologiste, l'hostilité au candidat pour Matignon vient aussi de son soutien à l'énergie nucléaire, et au souvenir de la mort du militant Rémi Fraisse sur le barrage de Sirvens lors d'affrontements avec les forces de l'ordre en 2014, alors qu'il était ministre de l'Intérieur. Malgré cette opposition la candidature Cazeneuve, envisagée tout l'été, semble l'échappatoire privilégiée du président, alors que lundi dernier encore, l'ancien Premier ministre assurait ne pas avoir été convié aux discussions. Il avait prévu de tenir le 18 septembre une conférence avec son mouvement, La Convention, lancé en 2023, sur le thème « Où en est la social-démocratie à la française ? »
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