Pour ou contre : le plan climat des entreprises doit-il être voté tous les ans par les actionnaires ? (Lucie Pinson face à Olivier de Guerre)
Paul Marion
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Lucie Pinson et Olivier de Guerre.
Reuters
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Encore inexistante en France il y a trois ans, la pratique du « Say on Climate » s'étend progressivement. En 2021, seuls TotalEnergies, Vinci et Atos avaient sollicité l'avis de leurs actionnaires sur leur stratégie en matière de transition énergétique. En 2022, douze entreprises françaises cotées ont organisé un tel vote, dont Carrefour, EDF, Engie ou Nexity.
D'autres groupes du CAC 40 y songent à mesure que les investisseurs poussent les sujets de responsabilité sociétale des entreprises (RSE). L'agence de conseil en vote Proxinvest recommande désormais aux actionnaires de sanctionner les dirigeants qui manquent à leurs objectifs climatiques. Certains PDG s'interrogent toutefois sur la pertinence d'un vote annuel au motif qu'il n'est pas nécessairement compatible avec des objectifs de temps long. « Organiser un vote sur la mise en œuvre du « Say on Climate » chaque année n'est pas adapté, car nous manquons aujourd'hui d'un cadre de reporting chiffré assez solide pour que cela ait du sens », déclarait Jean-Pierre Clamadieu mardi à La Tribune, à la veille de l'assemblée générale du groupe où la résolution sur le sujet a certes été rejetée, mais avec un score plus serré que prévu.
Alors, faut-il faire voter chaque année la stratégie climat des entreprises ?

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L'organisation d'un vote récurrent sur les objectifs, mais aussi sur la stratégie climatique et sur sa mise en œuvre sont des principes de bonne gouvernance qui doivent s'imposer. Ils sont par ailleurs largement plébiscités par les investisseurs de la place financière de Paris ou par les instances spécialisées sur ces sujets comme la commission Climat et Finance Durable de l'AMF. L'Assemblée générale s'impose naturellement comme le moment clé autour duquel peut s'organiser le dialogue entre la direction des entreprises et leurs actionnaires sur cet enjeu aussi primordial pour la pérennité des business models des entreprises mais aussi pour permettre aux investisseurs de répondre de leurs propres obligations en termes de reporting climatique et à l'égard de leurs propres clients.
Paul Marion