Gaz : « Nous passerons l'hiver prochain sans difficulté majeure » (Jean-Pierre Clamadieu, président d'Engie)

Fabrice Gliszczynski, Marine Godelier, Juliette Raynal
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ENGIE Clamadieu
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LA TRIBUNE - A la veille de votre Assemblée générale, seize investisseurs représentant 1,9% du capital ont déposé une résolution pour modifier les statuts du groupe, afin d'organiser un vote tous les trois ans sur la stratégie climat, et tous les ans sur l'avancement de sa mise en œuvre. Vous avez appelé à voter contre. Pourquoi ?
JEAN-PIERRE CLAMADIEU - Ce qui me parait le plus important c'est que ce groupe d'investisseurs ne remet pas en question notre plan climat, mais nous demande d'être plus transparents sur son déploiement. Il réclame un processus structuré pour associer les actionnaires à cette stratégie, afin qu'ils s'expriment sur ce qui a été fait l'année précédente. Pour nous, c'est un débat parfaitement légitime, et non un acte agressif. Là où nous ne sommes pas d'accord, c'est que nous pensons que les statuts ne sont pas faits pour cela. Les statuts, c'est la Constitution du groupe. Ils sont là pour définir ses règles fondamentales, pas pour y inscrire que l'on peut consulter les actionnaires sur la sécurité, la diversité voire les performances économiques, en fonction des préoccupations de chacun. Cette modification ne nous paraît pas utile, d'ailleurs nous avons déjà organisé un vote des investisseurs sur notre stratégie climat l'année dernière. L'expérience aidant, nous nous engageons à le refaire tous les trois ans. Quant au fait de tenir chaque année un point spécifique sur le climat lors de l'AG, nous sommes parfaitement d'accord. C'est d'ailleurs prévu mercredi.
Pourquoi ne pas organiser chaque année un vote sur la mise en musique de cette stratégie climat, que l'on appelle le « Say on Climate » ?
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Organiser un vote sur la mise en œuvre du « Say on Climate » chaque année n'est pas adapté, car nous manquons aujourd'hui d'un cadre de reporting chiffré assez solide pour que cela ait du sens. En effet, il n'existe toujours pas de réglementation européenne pour harmoniser la publication d'informations extra-financières par les entreprises. Une directive doit arriver en 2025, mais en attendant, de nombreux modèles coexistent, sans consensus. Or, si vous vous lancez dans une comparaison d'une année sur l'autre, sans méthodologie précise, de nombreux biais compliquent la lecture des résultats. Par exemple, s'il fait froid l'an prochain, la consommation d'énergie augmentera. Il y aura donc plus d'émissions de CO2, quels que soient les efforts que nous fournissons par ailleurs sur le long terme pour les diminuer.
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