Chez Macron, soirée de fête avant quinze jours intenses

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Lors de son discours, Emmanuel Macron a assuré vouloir rassembler les Français pour le second tour de la présidentielle.
Lors de son discours, Emmanuel Macron a assuré vouloir rassembler les Français pour le second tour de la présidentielle. (Crédits : Reuters)
C’est au Parc des expositions, à la porte de Versailles de Paris, que les sympathisants du mouvement En Marche! se sont rassemblés pour soutenir leur candidat, dimanche 23 avril. Reportage au cœur de la soirée.

"Sur le pont depuis 8H du matin", sourit Donatella, 23 ans, bénévole du mouvement En Marche ! C'est à partir de la fin d'après-midi pourtant que les choses se sont accélérées. Dès 17h, les journalistes des médias français et internationaux se bousculent tandis qu'une centaine de membres de l'organisation s'activent. Pour l'occasion, et dans le contexte actuel, la sécurité a été renforcée. Fouilles au corps et dans les sacs sont renouvelées sur les différents check-point qui jalonnent le chemin jusqu'à l'entrée. Dans le hall 5 réquisitionné pour l'occasion, les sympathisants arrivent tranquillement vers 18h. Partout, des affiches d'Emmanuel Macron ont été disposées. A l'entrée, des sacs floqués à l'effigie du candidat, des t-shirts et des drapeaux français et européens sont distribués.

Devant la scène, Pascale Prunier arbore fièrement son t-shirt rose personnalisé avec le slogan du mouvement. Dans sa main, un drapeau français. "J'aurai préféré celui de l'Europe", précise-t-elle. C'est l'un des points du programme du candidat d'En Marche ! qui l'a convaincu. La Parisienne de 55 ans est venue avec son mari. Pascale a découvert Emmanuel Macron par le biais de son travail dans la presse spécialisée, ndlr. "Il avait un discours différent. Je l'ai tout de suite trouvé brillant", raconte-t-elle, visiblement sous le charme. Son mari, qui travaille dans le contrôle de gestion, s'est mis "en marche" ensuite.

"J'ai souvent voté contre plutôt que pour. Je ne me retrouvais plus dans la droite, à cause du manque de solidarité, mais plus dans la gauche non plus, car on n'a cessé d'y parler de travail. Avec En Marche! j'ai découvert un discours pragmatique".

Le sympathisant n'a pas hésité, dès lors, à participer à la distribution de tracts et au collage des affiches. Une première expérience de militant. "Pourtant, je votais Mélenchon quand j'étais jeune..." Sourit-il. "C'était quand il incarnait un changement, qu'on savait qu'il ne sortirait pas au second tour". Il avoue cependant "ne pas avoir pu voter" Hollande en 2012, "j'ai choisi Sarkozy. Et cette année, aucun des autres candidats ne m'a convaincu ou ne m'a même donné envie de militer".

"Attention, il y a des journalistes partout"

18h15. Sur les écrans géants, la soirée électorale de TF1 est projetée. La salle se remplit peu à peu. "Nous avons prévu une deuxième salle au cas où (le hall d'entrée) et une fan zone dehors", précise Donatella, la jeune femme bénévole qui prend part à l'organisation de la soirée. Ça n'aura pas été nécessaire. Les journalistes fourmillent de toute part : des caméras et des perches déambulent parmi les sympathisants tandis que des membres permanents du QG se plaignent de l'organisation "Pourquoi avec notre badge, on ne passe pas partout ?" Ils s'éloignent. "Attention, il y a des journalistes partout", soupire une femme.

19h45. La foule suit attentivement la soirée électorale sur les écrans géants. Le décompte final approche. Dès qu'un soutien d'Emmanuel Macron intervient ou n'est que cité, c'est salve d'applaudissements. Les derniers arrivés se hâtent de récupérer des drapeaux et rejoignent en courant l'assemblée. La première salle presque remplie, tous y croient, mais avec prudence. "Rien n'est joué jusqu'au dernier moment", note Donatella. La jeune diplômée est bénévole au mouvement En Marche! depuis quelques semaines. Elle, qui est revenue de l'étranger pour ses études, avait envie de s'engager dans la politique. Elle a "du temps à tuer en attendant de trouver un travail". Au QG, elle a participé aux envois de mails et aux derniers coups de téléphone "pour repérer et convaincre les indécis". Elle fait partie de la centaine de bénévoles qui a organisé la soirée électorale, ce dimanche 23 avril. "Il y a des retraités, des étudiants, des pères et mères au foyer", précise-t-elle. "Beaucoup de personnes étaient au PS avant. Elles avaient l'âme sociale", sourit-elle.

"Ce soir, c'est énorme"

20h. Sur les écrans géants, ce sont les visages d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen qui s'affichent. Vague de joie. Les drapeaux virevoltent tandis que la foule entonne une Marseillaise et lance des "Macron Président". Les membres de l'organisation les plus enjoués se jettent dans les bras de leurs camarades. "On a gagné !" Dans le hall, en aparté, un groupe de jeunes militants se félicitent. "C'est le fruit d'un long travail", estime Stanislas Hanauer. Depuis le début du mouvement, le jeune homme soutient Emmanuel Macron. "C'est un très beau score, 23,7%*, mais les quinze prochains jours vont être des plus intenses. Notre principal ennemi, c'est Marine Le Pen." Pour le jeune homme, pas question de limiter les efforts pour cette dernière ligne droite, "je ne suis pas vraiment convaincu par la logique de report de votes. Il va falloir convaincre les électeurs qui n'ont pas voté Emmanuel Macron... Même si, ce soir... C'est énorme", se permet-il de sourire. Les discours et réactions défilent, mais l'assemblée attend l'arrivée de son candidat. Certains s'impatientent et abandonnent le terrain vers la sortie. D'autres huent le discours de Marine Le Pen ou encore applaudissent Fillon lorsqu'il appelle à voter Macron au second tour. Il est plus de 21h et le leader du mouvement En Marche ! ne s'est toujours pas prononcé.

Rien que le début de soirée

21h25. Des spots lumineux colorés scintillent tandis que sympathisants et journalistes s'amassent devant la grille près de la scène. "Il va arriver !", crient certains. Plus d'une demi-heure passe avant que les membres de l'équipe de campagne, les proches du candidat débarquent. Le sourire aux lèvres, certains esquissent quelques pas de danse. Dans la foule, un sympathisant sourit : "Le futur gouvernement est là, qui sait ?"

22h10. Emmanuel Macron précédé par sa femme, fait son entrée. C'est l'ébullition. La musique continue de vrombir et la foule de pousser toujours plus pour tenter de saluer l'idole de la soirée. Emmanuel Macron salue ses fidèles avant de faire son entrée sur la scène, acclamé unanimement. Les remerciements vont pouvoir commencer.

Le discours est bref, mais pour les sympathisants, la soirée ne fait que commencer. La suite se passe de l'autre côté de la scène, semble-t-il, à voir les membres de l'équipe de campagne disparaître derrière les rideaux.

23H. De l'autre côté, les Macronistes continuent de danser. Certains amassent des drapeaux ou décrochent des affiches. À la sortie, on continue d'agiter les drapeaux et le long du boulevard Lefebvre, des automobilistes osent même klaxonner. Des curieux, visiblement pas informés que le rassemblement s'y tenait, affichent une mine déconcertée. "Qu'est-ce qu'il se passe ?". Les sympathisants répondent du tac au tac. "C'est Macron !"

 * Derniers chiffres en date lors de l'écriture du papier

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Commentaires
a écrit le 25/04/2017 à 13:03 :
La nouvelle polémique du repas à la Rotonde qu'on veut nous faire passer pour une soirée au Fouquet's est déplacée : on ne voit pas en quoi une brasserie parisienne proposant des menus de 20€ à 50€ s'assimilerait à un établissement uniquement fréquenté par la Jet Set. On oublie également que contrairement à M.Fillon et son escorte motorisée au soir des primaires de la droite suivi de ses festivités, ni le raout de M.Hamon, M.Macron n'a pas fêté de victoire avec ses militants à l'issue de primaires...Mentez, il en restera toujours quelque chose aux pays des tricoteuses...
a écrit le 24/04/2017 à 10:52 :
A les bobos socialistes. Ils sont de sortie et la bourse repart de plus belle.
a écrit le 24/04/2017 à 10:28 :
Il ne faut pas qu'il rève du 82% de chirac l'abstention et le vote blanc seront ennorme et s'il y a des reports je pense que sa sera plus pour le pen, il ne faut pas exclure l'elimination de macron face à le pen le peuple à compris le manége PS.LR et leur fusion dans "en marche " vers la destruction du code de travail
a écrit le 24/04/2017 à 2:18 :
Macron brillant ? Une blague,ce Mr n à Jamais réussi ou exercer un poste d expérience au sein de l état. Une politique Hollande centriste des années 80. Pitoyable. Encore un président élu à 23% . La Chine, l Inde se régalent​ d'avance

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