Le projet génère un enthousiasme dont son initiateur n'avait pas forcément imaginé l'ampleur... Chercheurs universitaires et industriels vont se retrouver au sein d'une expérience inédite consistant à étudier ce que pourrait être l'appartement du futur.
C'est Alain Foucaran, le directeur de l'Institut d'électronique et des systèmes (IES) à Montpellier, qui est à l'origine de ce projet baptisé « Appartement observatoire ».
Depuis janvier dernier, le projet s'est formalisé et vient d'obtenir, à la mi-avril, une enveloppe financière du CNRS pour financer l'étude dessinant les contours et chiffrant la réalisation de ce projet exploratoire interdisciplinaire. Si Alain Foucaran préfère réserver le montant de l'enveloppe, il la qualifie néanmoins de « significative ».
L'appartement observatoire sera doté d'objets connectés et truffé de capteurs (42 à ce stade du projet), chacun des partenaires du projet ayant exprimé des besoins et le but de sa recherche. Il sera occupé par des résidents, probablement des étudiants, qui sont déjà partie prenante du projet, durant une période évaluée à un an.
Il s'agira alors d'observer ces résidents vivre au milieu de ces objets connectés et capteurs.
Ainsi, des linguistes observeront-ils le comportement de l'homme dans sa communication avec un robot. Autres observations prévues : l'analyse du mouvement, le ressenti par rapport à une information diffusée par la télévision, les habitudes de consommation alimentaires grâce à des réfrigérateurs intelligents dotés d'étiquettes RFID (porté par l'IES), l'hygrométrie, la charge électrostatique du sol, la puissance sonore environnementale, la consommation d'énergie, etc.
Pour cela, le projet mixera plusieurs équipes de recherche et des industriels de divers secteurs, permettant une approche la plus large possible. Figureront parmi eux des spécialistes des capteurs, des juristes (consommation, environnement, propriété intellectuelle), des médecins, des économistes, des spécialistes du langage ou du corps, du mouvement, etc.
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À ce jour, quatorze partenaires sont autour de la table : l'unité de recherche du CNRS « Dynamiques du droit », l'IES, Euromov, la Maison des sciences de l'homme, Océasoft, Omicron-Hardtech, Polytech (IG-MEA), le Master EEA (Électronique, Énergie électrique, Automatique, à la faculté des sciences, Université Montpellier), la chaire e-santé, l'unité de recherche Praxiling, le LIRMM (Laboratoire d'informatique, de robotique et de microélectronique de Montpellier), LAMETA (Laboratoire montpelliérain d'économie théorique et appliquée), LIFAM (Laboratoire innovation formes architecture milieux), MRM Marketing (Montpellier recherche en management), DMEM (Dynamique musculaire & métabolisme), le laboratoire Epsylon (sur la prévention santé), et l'ITIC (Institut des Technosciences de l'Information et de la Communication).
Les projets d'appartement-pilote qui expérimentent de nouvelles technologies ne manquent pas. Mais l'expérience qui va être menée à Montpellier a cela d'innovant qu'elle dépasse la simple observation technologique et d'usage pour s'élargir aussi au champ juridique, afin d'examiner les questions inhérentes à la collecte et l'exploitation des données générées par les objets connectés et les capteurs.
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Le projet est soutenu par Montpellier Méditerranée Métropole, intéressée au titre du concept de « cité intelligente ». Il pourrait prendre corps dès 2017, peut-être au sein de la Maison des sciences de l'homme à Montpellier, où l'IES a d'ores et déjà candidaté pour occuper une plate-forme en capacité d'héberger l'appartement observatoire.
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