PARTAGEONS L'ÉCONOMIE. Green Deal, taxonomie verte, réforme des indicateurs extra-financiers... une nouvelle mécanique réglementaire est sur les rails en Europe pour ouvrir la voie à un capitalisme durable et définir un nouveau cadre pour les entreprises européennes. Un chantier colossal, notamment sur le plan des normes, dont les enjeux géopolitiques et de compétitivité ont été débattus lors du forum « RSE : le temps des actes et des preuves », organisé par La Tribune le 20 mai.C'est un changement d'ampleur qui se profile pour les entreprises sur le chemin de la durabilité. A l'heure de l'accélération de la transition écologique, une nouvelle mécanique réglementaire se met en place dans l'Union européenne via son pacte vert qui vise à réduire de 57 % les émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030.
« Le Green deal, qui consiste à changer 54 lois, est en train d'entamer un changement systémique en Europe », affirme le député européen Renew Europe Pascal Canfin, également président de la Commission Environnement, Santé publique et Sécurité alimentaire du Parlement européen.
L'enjeu n'est pas uniquement celui de politique environnementale.
« C'est une stratégie économique, de souveraineté industrielle et commerciale, qui n'est pas déconnectée de la notion de puissance géopolitique et de croissance », rappelle-t-il.
Réforme du marché du carbone et standards CO2 des voitures en font partie, de même que la taxonomie - un classement des activités considérées favorables à la transition écologique pour faciliter les investissements dans les plus performantes. Autre chantier majeur, celui du reporting extra-financier, qui renforcera les obligations des entreprises en la matière, et dont la proposition de révision a été présentée par l'exécutif européen en avril dernier.
Lancement de la plateforme Impact
Une réforme à laquelle la France, qui prend la présidence de l'UE début 2022, veut préparer ses entreprises grâce à la plateforme Impact, lancée fin mai. Celle-ci leur donne la possibilité de publier de manière volontaire leurs indicateurs de performance environnementale, sociale et de gouvernance (ESG).
« Elle va permettre aux sociétés d'anticiper la réglementation européenne, tant la taxonomie que la directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) sur le reporting extra-financier, qui, en l'état, concerne les sociétés de plus de 250 salariés », indique Olivia Grégoire, secrétaire d'Etat chargée de l'économie sociale, solidaire et responsable.
Une initiative posant des jalons dans la définition des normes extra-financières européennes - qui restent à construire.