Infrastructures : ce chantier nommé Afrique
Aboubacar Yacouba Barma
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L'Afrique est en chantier. De Tanger au Cap et de Dakar à Mombassa, les projets d'infrastructures se multiplient : ports, aéroports, villes nouvelles, routes, autoroutes, centrales électriques, barrages, complexes industriels, chemins de fer, etc. C'est presque à une véritable frénésie que l'on assiste ces dernières années dans le domaine de la construction sur le continent. A coups d'annonces d'investissements massifs, de réalisations gigantesques et de projets parfois titanesques, l'Afrique est enfin bien arrimée à une nouvelle dynamique économique qui table sur le développement des infrastructures comme clé de son émergence. Il était grand temps et cette dynamique assez soutenue par le foisonnement de nouvelles initiatives publiques et privées, nationales comme régionales, aurait toute une autre ampleur si ce n'est qu'elle s'inscrit pour le moment dans ce qui ressemble fortement à une session de rattrapage. L'Afrique est en effet en train de vouloir combler son déficit en matière d'infrastructures sociales, mais aussi et surtout économiques.
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Sauf que l'optimisme qu'engendre cette tendance s'estompe de manière drastique, tant le retard qu'accuse le continent dans ce domaine est criant. D'ailleurs, un chiffre qui fait l'unanimité dans presque toutes les études en contextualise l'ampleur. Selon la Banque mondiale, l'Afrique aurait besoin d'investir en moyenne 50 à 60 milliards de dollars par an pour combler son déficit en matière d'infrastructures sur les prochaines décennies. En tenant compte des coûts relatifs à la maintenance des projets déjà réalisés, l'investissement annuel nécessaire s'approche des 100 milliards de dollars. Au sein de la Banque africaine de développement (BAD), on pose la problématique sous un autre angle qui met davantage en lumière les estimations mentionnées ci-haut. Les besoins en infrastructures des pays africains se chiffrent globalement à quelque 100 milliards de dollars, alors que le déficit actuel dans ce secteur s'élève à 50 milliards. Du pareil au même serait-on tenté de dire. Car au vu des multiples enjeux socioéconomiques et de développement que soulève la question des infrastructures en Afrique, la réponse aux besoins s'avère autant nécessaire que de combler le déficit.
Aboubacar Yacouba Barma