La fragilité économique des pays de l'Afrique centrale inquiète la BAD
Emmanuel Atcha

BAD
Reuters
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La Banque africaine de développement (BAD) a procédé, mercredi dernier au Cameroun, au lancement de l'édition 2019 des rapports sur les perspectives économiques régionales, en Afrique centrale (PER). A cette occasion, elle s'est dite préoccupée par la fragilité de l'Afrique centrale. Une fragilité qui, selon elle, «est caractérisée par un contexte sécuritaire volatile et une instabilité politique, résultant de l'éclatement de plusieurs conflits multiformes, notamment pour le contrôle des richesses naturelles».
Ledit rapport qui souligne les perspectives économiques régionales indique, qu'en 2018, la région Afrique centrale a connu une hausse de la croissance, avec un taux moyen de 2,2% contre 1,1% en 2017. Cette croissance, ajoute-t-elle, «a été principalement soutenue par la revalorisation des prix des matières premières, principalement le pétrole».
Le ministre camerounais chargé du Plan et gouverneur de la Banque, Paul Tasong qui a assuré la présidence de cette rencontre, a félicité la BAD pour ses rapports mettant en évidence les défis économiques et sociaux à relever en Afrique centrale, et formulant des recommandations pour améliorer les performances de la région.
Ces recommandations s'articulent autour de plusieurs piliers. La BAD invite les pays de l'Afrique centrale à accélérer la diversification économique de leurs Etats pour réduire la fragilité induite par les chocs exogènes et de développer le système financier pour promouvoir la finance inclusive et l'entrepreneuriat des jeunes et des femmes. Une initiative qui leur permettrait d'être beaucoup plus « résilients ».
Pour cette année, le rapport sur les perspectives économiques régionales de la BAD a mis l'accent sur le rôle de l'intégration dans la réduction des facteurs fragilité, à travers la transformation structurelle des économies de l'Afrique centrale. « Une intégration régionale effective en Afrique permettrait de stimuler l'essor des marchés nationaux au niveau continental, d'accroitre les flux commerciaux et d'investissements, d'atténuer les déficiences institutionnelles et infrastructurelles et d'impulser une transformation structurelle», a déclaré Ferdinand Bakoup, directeur du département économies-pays à la Banque.
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Pour sa part, Hervé Lohoues, économiste régional en chef pour l'Afrique centrale, a souligné que les perspectives de croissance prévoient des hausses du PIB réel de 3,6% en 2019 et 3,5%, en 2020.
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En revanche, ajoute-t-il, la région devra aussi relever certains défis, entre autres, la situation sécuritaire, le besoin de diversification des économies, l'amélioration du climat des affaires et de la gouvernance, ainsi que le développement du capital humain.
Emmanuel Atcha