Tout savoir sur l'AI Act : les premières mesures obligatoires pour les entreprises en Europe

La reconnaissance faciale en temps réel est bannie des espaces publics, sauf pour traquer un terroriste ou retrouver un enfant disparu.
DADO RUVIC

La reconnaissance faciale en temps réel est bannie des espaces publics, sauf pour traquer un terroriste ou retrouver un enfant disparu.
DADO RUVIC
À quelques jours du sommet pour l'action sur l'intelligence artificielle organisé à Paris les 10 et 11 février, les premières mesures de l'AI Act sont entrées en application dimanche.
Une mesure symboliquement très forte qui contrant les entreprises, dès aujourd'hui, à plusieurs obligations.
L'AI Act interdit strictement les systèmes d'intelligence artificielle contraires aux valeurs européennes. Les bases de données biométriques issues du moissonnage non ciblé d'images sont également prohibées, afin de prévenir les atteintes massives à la vie privée.
➡️ Les systèmes de notation sociale, comme il existe en Chine (le crédit social chinois) sont prohibés.
➡️ La police prédictive : interdiction de cibler des individus sur la base de critères ethniques ou comportementaux.
➡️ La manipulation exploitant les vulnérabilités (âge, handicap, précarité...) devient hors-la-loi.
➡️ La reconnaissance faciale en temps réel est bannie des espaces publics, sauf pour traquer un terroriste ou retrouver un enfant disparu.
➡️ Les détecteurs d'émotions sont interdits dans les écoles et entreprises.
Les organisations doivent cartographier leurs systèmes d'IA selon la classification de risque (interdit, élevé, limité, minimal) avant août 2025. Pour les IA à haut risque (recrutement, crédit, santé), des évaluations de conformité, une documentation technique détaillée et des mécanismes de contrôle humain sont exigés.
En résumé :
➡️ Une cartographie express : les entreprises ont six mois pour analyser tous les systèmes d'IA utilisés.
➡️ La formation obligatoire : tous les salariés doivent suivre un module de formation éthique d'ici à juin 2025.
➡️ Une transparence renforcée : les chatbots devront déclarer leur nature artificielle dès le premier message.
➡️ Dès 2026, l'UE mettra en place des « bacs à sable réglementaires » pour l'IA dans chaque État membre, permettant de tester des utilisations novatrices dans des secteurs critiques comme la santé ou l'énergie.
➡️ Avec une supervision directe par des autorités nationales, comme la CNIL en France, ces « bacs à sable » offriront la possibilité d'obtenir des dérogations temporaires à certaines obligations réglementaires, avec une durée limitée pour les expérimentations.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

➡️ Pour les entreprises, dont les PME et les start-up, cela signifie une accélération de la mise sur le marché des innovations, une réduction du risque de non-conformité grâce à la présence des régulateurs.
Un Comité européen de l'IA supervise l'application uniforme du règlement dans l'UE, tandis que chaque État désigne des autorités nationales (en France : CNIL, DGCCRF, Défenseur des droits).
Ces entités contrôlent le marché, traitent les plaintes et sanctionnent les manquements. Les contrevenants s'exposent dès maintenant à de fortes amendes :
➡️ Jusqu'à 35 millions d'euros
➡️ ou 7% du chiffre d'affaires mondial pour les géants de la tech.
➡️ En août 2025 : pour le secteur bancaire et l'assurance, la mise en conformité des IA à risque.
➡️ En févier 2026 : dans la santé et les transports, la certification des systèmes critiques.
➡️ En août 2026 : pour les fournisseurs d'IA, un audit complet des modèles génératifs.
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