IA : avec un sommet, la France veut lancer un « réveil européen »
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Le sommet cherchera à valoriser l'écosystème français, qui compte au moins 750 start-up liées à l'IA.
Reuters
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Le sommet cherchera à valoriser l'écosystème français, qui compte au moins 750 start-up liées à l'IA.
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[Article publié le 3 février à 8:19 et mis à jour à 12:52]
Le monde de l'IA se donne rendez-vous à Paris pour une semaine à partir du mardi 4 février à l'occasion du sommet pour l'action sur l'IA. Celui-ci se tiendra le 10 et 11, mais en parallèle auront lieu une multitude d'événements annexes dont, pour commencer, la visite d'Emmanuel Macron à l'hôpital Gustave Roussy de Villejuif, pour évoquer l'application de l'IA à la santé. Face à la puissance de frappe des États-Unis, qui ont annoncé 500 milliards de dollars d'investissements dans les infrastructures d'IA, et à l'onde de choc provoquée par l'essor de la start-up chinoise d'IA générative DeepSeek, ce sommet doit, selon l'Élysée, provoquer un « réveil européen » et s'assurer que « la France ne passe pas à côté de cette révolution ».
Plus de 80 pays seront représentés à Paris lors de cette rencontre les 10 et 11 février, qui s'étendra sur une semaine avec notamment une conférence scientifique organisée jeudi et vendredi à l'École polytechnique.
Dans une approche « ni catastrophiste, ni angélique », a assuré à l'AFP Anne Bouverot, l'envoyée spéciale du président de la République sur le sujet, le sommet cherchera à valoriser l'écosystème français. Celui-ci compte au moins 750 start-up liées à l'IA. Des figures majeures du secteur ont d'ores et déjà confirmé leur venue, comme Sam Altman (OpenAI), Sundar Pichai (Google), Demis Hassabis (Google DeepMind), Dario Amodei (Anthropic) ou encore Arthur Mensch, cofondateur de la pépite française Mistral AI. Des participants « de très haut niveau », tant américains que chinois, sont également attendus, a fait savoir l'Élysée. La venue d'Elon Musk n'a pour le moment pas été confirmée. La présidence française a précisé qu'elle laissait l'administration américaine annoncer quelle personne serait choisie pour la représenter. Le fondateur de DeepSeek a été contacté, mais sa venue serait encore en discussion.
Le 10 février, des tables rondes réuniront experts, chefs d'État et dirigeants d'entreprises sous la verrière du Grand Palais, dans l'espoir de stimuler les investissements, avec des annonces attendues sur les infrastructures numériques en France.
Plusieurs entreprises annonceront à l'occasion du sommet des investissements en Europe, ou des partenariats stratégiques, assure l'Elysée. En parallèle, l'Union européenne devrait elle aussi annoncer un plan d'investissement sur l'IA.
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Un volet culturel explorera par ailleurs les impacts de l'IA sur la création artistique et la production d'information les 8 et 9 février à la Bibliothèque nationale de France (BnF) et à la Conciergerie. Ouvertes au public, ces manifestations doivent permettre de montrer « les usages positifs de l'IA dans tous les secteurs pour créer de la confiance et accélérer son adoption », a indiqué la ministre déléguée au Numérique, Clara Chappaz.
Les craintes vis-à-vis de l'IA s'amplifient chez les Français : 79 % des 18 ans et plus se déclarent « inquiets vis-à-vis de l'émergence des intelligences génératives » (contre 68 % en mai 2023), selon un récent baromètre Ifop pour le groupe de conseil Talan. La France veut surtout profiter du sommet pour défendre sa vision d'une IA plus « éthique », « accessible » et « frugale ». « L'intelligence artificielle qui se développe aujourd'hui est portée par quelques grands acteurs de quelques pays, nous souhaitons promouvoir un développement plus inclusif », a expliqué Anne Bouverot.
S'il existe une multitude d'initiatives en matière de gouvernance de l'IA, « seulement sept pays dans le monde peuvent dire qu'ils sont partie prenante de toutes ces initiatives », tandis que « 119 États, à l'inverse, ne sont membres de rien du tout », a souligné David Bertolotti, secrétaire général adjoint du ministère français des Affaires étrangères, lors d'une conférence organisée par l'école de commerce ESCP. C'est dans cette optique que l'Inde copréside le sommet, avec la présence confirmée du Premier ministre indien Narendra Modi. Sont également attendus la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ainsi que le chancelier allemand, Olaf Scholz.
Au terme des échanges, le 11 février, le sommet devrait aboutir à la création d'une fondation pour l'intérêt général, pour laquelle Paris espère lever 2,5 milliards d'euros sur cinq ans. Ce projet prendra la forme d'un partenariat public-privé réunissant divers gouvernements, entreprises et fondations philanthropiques. et proposer des outils en open source, comme des briques logicielles et des bases de données, afin d'aider les acteurs souhaitant développer leurs propres systèmes d'IA, a détaillé l'Élysée. L'objectif est de diversifier le secteur, afin de changer le narratif qui consiste à dire que l'IA est seulement possédé par quelques entreprises américaines et chinoises.
Cette fondation se doublera d'un "lieu" d'échange sur l'IA, où des débats se tiendront entre des pays du monde entier. Son siège devrait être basé à Paris, à l'OCDE. Ce lieu n'est pas destiné à établir des normes contraignantes au niveau mondial, précise l'Elysée, mais plutôt à permettre un échange de vues entre les pays sur leurs approches de l'IA et de créer aux côtés de différentes agences un suivi de différentes mesures. Avec l'Agence international de l'énergie pour suivre sa consommation, par exemple.
Pendant que la France mise sur la coopération internationale, les Américains et les Chinois poursuivent leur course effrénée. Le leader mondial de l'intelligence artificielle, OpenAI, confronté à la montée en puissance de DeepSeek, a dévoilé lundi un nouvel outil de « recherche approfondie » pour ChatGPT. Cette annonce intervient alors que la start-up chinoise propose un chatbot puissant, développé à bas coûts et consommant moins de ressources, remettant en question le modèle économique du secteur.
Dans un entretien accordé au Nikkei, Sam Altman a estimé que la Chine « rattrape son retard de manière significative » sur les technologies d'IA dominées par les États-Unis. Il a qualifié DeepSeek de « bon modèle » qui illustre une concurrence sérieuse en matière de raisonnement IA, tout en affirmant que son « niveau de capacité n'était pas nouveau ».
OpenAI, dont ChatGPT a marqué l'émergence de l'IA générative auprès du grand public en 2022, affirme que cette nouvelle fonctionnalité « accomplit en quelques dizaines de minutes ce qui prendrait de nombreuses heures à un humain ».
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Dans une vidéo de démonstration, les chercheurs d'OpenAI ont montré comment l'outil pouvait synthétiser des données issues d'Internet pour, par exemple, recommander un équipement de ski en vue de vacances hivernales au Japon. Dans ce contexte de compétition mondiale, le géant japonais SoftBank a annoncé lundi la création d'une coentreprise avec OpenAI pour proposer aux entreprises des services avancés basés sur l'intelligence artificielle.
(Avec AFP)
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