ENTRETIEN CROISÉ. L'économiste Alexandra Roulet et le président de l'Institut de l'entreprise Pierre-André de Chalendar livrent en exclusivité pour La Tribune les pistes qu'ils présentent ce mercredi au Medef en matière de travail et d'emploi.
Missionnés par le Medef pour imaginer la France de 2030, le président de l'Institut de l'entreprise Pierre-André de Chalendar et l'économiste Alexandra Roulet dévoilent dans une note en exclusivité pour La Tribune leurs pistes de réforme pour améliorer le pouvoir d'achat des travailleurs et le financement de la protection sociale. Dans un face-à-face inédit, l'ancien patron de Saint Gobain et la récipiendaire du « prix du jeune meilleur économiste » en 2024, et ex-conseillère de Macron, affichent des avis opposés sur la fiscalité des plus fortunés ou le dossier épineux des retraites.
LA TRIBUNE- Le Medef s'apprête à faire un premier point d'étape ce mercredi sur les travaux du nouveau front économique lancés à l'automne. Sur quelles thématiques précises avez-vous planché dans le cadre de la mission « Travailler, rémunérer » ?
Pierre-André de Chalendar - Notre groupe a travaillé sur quelques thèmes comme la quantité de travail, le coût du travail, la part de la rémunération du travail dans la valeur ajoutée et les retraites. Nous n'avons pas encore finalisé nos travaux, mais nous allons tenter de faire des propositions d'ici l'été. Beaucoup de sujets ne sont pas encore tranchés.
Alexandra Roulet - Plusieurs points sont prévus pour avancer sur les retraites, la TVA sociale, les travailleurs pauvres et la qualité de vie au travail. Je me suis engagée dans cette aventure pour traiter tous ces sujets avec un groupe de travail marqué par les compétences et l'ouverture à des positions nuancées.
P.-A. de C. - En France, c'est le travail qui contribue en grande partie au financement de la protection sociale.Compte tenu des évolutions démographiques et des différents types de dépense, il faut remettre à plat le financement de cette protection sociale. Nous sommes arrivés au bout d'un système construit en 1945. Il est logique que les financements liés au chômage et aux retraites pèsent sur le travail. En revanche, il faut s'interroger sur les charges liées à la famille ou à la santé. Je pense qu'il ne faut plus faire peser cela sur le travail.
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