11 milliards d'euros, le coût pour l'Europe des expulsions de migrants depuis 2000

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Les contribuables européens payent 1 milliard d'euros par an pour reconduire des migrants à la frontière.
Les contribuables européens payent 1 milliard d'euros par an pour reconduire des migrants à la frontière. (Crédits : reuters.com)
Alors que la France continue de surveiller ses frontières et refuse une politique de quotas de migrants proposée par la Commission européenne, une enquête menée par une quinzaine de journalistes révèle le coût de la politique de lutte contre l'immigration clandestine en Europe depuis quinze ans.

11,3 milliards d'euros. C'est le coût des expulsions de migrants illégaux menées depuis 2000 par les 28 pays de l'Union européenne ainsi que la Norvège, la Suisse, le Lichtenstein et l'Islande. À l'échelle française, cette somme correspond presque aux économies que le gouvernement espère dégager grâce à son choc de simplification d'ici à 2016, soit 11 milliards d'euros.

Mais c'est beaucoup moins que ce que les migrants déboursent eux-mêmes pour atteindre la forteresse européenne : en quinze ans, quelque 1,2 millions de réfugiés sans papier et de migrants ont déboursé pour leur voyage pas moins de 15,7 milliards d'euros, estime The Migrants Files. Dans cette enquête, publiée ce jeudi, un consortium de journalistes européens détaille le coût de la lutte contre l'immigration clandestine depuis quinze ans pour les contribuables européens.

Reconduite à la frontière : 1 milliard d'euros par an

Au total, ces derniers auraient payé 1 milliard d'euros par an, rien que pour reconduire les migrants à la frontière. Mais le coût varie beaucoup selon les pays.

Ainsi, en 2014, ces opérations auraient coûté 217 millions d'euros à la France, une somme largement supérieure à celles mobilisées par l'Espagne (36 millions d'euros), l'Italie (17 millions d'euros) ou même la Grande-Bretagne (149 millions d'euros). Et encore, ces chiffres ne prennent pas en compte les reconduites effectuées dans le cadre du Règlement Dublin II, qui gère les demandes d'asile.

Ce n'est pas tout. Si les expulsions représentent la part la plus élevée du budget européen consacré à la lutte contre l'immigration clandestine, d'autres postes comme le contrôle aux frontières, les programmes de recherche et développement (R&D) en matière de sécurité, ou encore les dispositifs de surveillance, font également grimper la facture totale à 1,6 milliard d'euros.

Coordination des efforts européens : 955 millions d'euros

Ainsi, près de 1 milliard d'euros a été déboursé pour coordonner les efforts de contrôle au niveau européen, 70% de cette somme revenant à Frontex. Et pour faciliter la tâche de la police aux frontières, 226 millions d'euros ont été déboursés dans l'achat de matériel de haute technologie (drones, bateaux à grande vitesse, jumelles de vision nocturne...), profitant largement aux fournisseurs de ces équipements, Airbus en tête.

Recherche et développement : 230 millions d'euros

L'entreprise d'aéronautique est d'ailleurs pointée du doigt, aux côtés de Thalès, parmi "les quelques grands gagnants économiques de cette politique de fermeture des frontières". Pas moins de 39 programmes de R&D auraient en effet été menés par certaines entreprises de technologies et d'armement avec une mission claire : "Chercher comment conserver les réfugiés hors d'Europe".

>Lire : Migrants : comment l'Europe veut renforcer la surveillance et les sauvetages

Sans oublier les fortifications : 77 millions d'euros

Enfin, les impressionnants murs érigés le long des frontières grecques, espagnoles et bulgares pèsent pour 77 millions d'euros, dont plus de la moitié a servi à la construction du seul mur de Melilla, enclave espagnole au Maroc.

Mais d'autres doivent encore suivre. Le ministre des Affaires Étrangères hongrois a ainsi annoncé, le 17 juin, l'édification d'un mur de 4 mètres de haut sur 175 kilomètres de frontière avec la Serbie.

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Commentaires
a écrit le 26/10/2016 à 9:10 :
C'est pas grave. Les français paieront ! C'est bien connu, nous sommes une terre d'accueil et d'asile et nous avons du fric à distribuer non ?
a écrit le 23/08/2015 à 21:52 :
La France semble accepter 40.000 émigrants maximum par an soit deux personnes maxi par commune! Pas de quoi troubler l'ordre public, contrairement à 3000 migrants regroupés au même endroitdans des conditions inhumaines ,
Des personnes souvent bi ou trilingues , les plus performants viennent sauver leur vie, mais doivent passer par des negriers. Ces migrants dépensent 3 , 4, 5000 euros aux passeurs pour risquer leur vie sur des embarcations de fortune, pour être pourchasser comme des bandits par toutes les polices europeennes!
Pourquoi ne pas leur proposer d'acheter des billets Aller Retour sur nos compagnies aériennes, leur délivrer une carte de séjour temporaire, le temps d'etudier leur droit d'asile ou non, demander aux citoyens de louer une chambre payante dans tout le territoire, permettant ainsi un apprentissage de la langue et des us et même chercher des jobs que personne ne veut souvent. .
AIR FRANCE fait du bizness, les particuliers louent leur chambre inutile et decouvrent d'autres cultures , les migrants sont mieux reçus et peuvent repartir quand ils veulent et même repartir chez eux avec une formation pour développer leur pays.
Nos impots economisent quelques 3 ou 4 milliards par an, certes un peu de chomage dans les polices des frontieres
a écrit le 21/06/2015 à 9:24 :
Vous allez bientôt partir en camping pour les vacances ? Alors n'oubliez pas que, vous honnête citoyen, vous devez disposer de papier en règles, que vous ne pouvez pas vous installer n'importe où, et que vous devrez vous acquitter d'une taxe de séjour. Tous égaux ?
a écrit le 19/06/2015 à 20:55 :
Ne peut on les aider à franchir la Manche ?
a écrit le 19/06/2015 à 16:12 :
Comme nos députés pensent à tout, on suppose qu'il y a un poste du budget pour cette dépense.
Tout compte fait on peut se demander si les pays de tous ces migrateurs n'aurait pas mieux fait de rester colonisé.
a écrit le 19/06/2015 à 15:50 :
Il est inutile d'aligner les coûts divers liés à l'immigration, au regroupement familial, et inévitablement aux problèmes de sécurité et de justice qu'impliquent ces situations ; ils sont importants. En effet la véritable question est : Pourquoi viennent-ils ? profiter de nos richesses, allocations et éventuellement travail n'est pas non plus une réponse satisfaisante. Ils arbitrent comme le ferait chacun entre ce qui est bien pour lui et sa famille et espèrent aboutir à l'atteindre. Non, ce qui les fait venir est le fait que nous étouffons leurs pays. De manière monétaire. En ne reconnaissant ni n'appréciant pas convenablement leur devise nationale de telle sorte qu'ils n'imaginent aucun espoir pour toute la durée de leur vie. Avant peut-être ne s'en rendaient-ils pas compte, maintenant ils le savent. Cet étouffement monétaire nous l'avons organisé à notre profit. Le processus a réussi. Bien entendu ce n'est jamais le "bon" moment pour en sortir, pourtant il faut le faire. J'ai ainsi proposé qu'un seuil monétaire, un plancher, soit établi pour toutes les devises du monde et que le change soit établi pour elles. Puis que ce seuil soit régulièrement réévalué jusqu'à la convergence au moment qui serait nécessaire. Peut-être dans un siècle, probablement bien avant. Bien entendu nous créerons ainsi des concurrents comme le sont les chinois ou les indiens mais ils seront aussi concurrents entre eux. Nous éviterons ainsi cette ruée vers l'or qui finirait par nous faire sombrer.
a écrit le 19/06/2015 à 8:51 :
A ces coûts, il faut, pour la France, ajouter l'AME dont le coût moyen est de 600/700 millions/an depuis 2000 pour le contribuable, et autres charges du même genre, une peccadille.Le chiffre des "bénéficiaires" ne cesse de croître : 264000 en 2013. Il serait bon d'arrêter d'urgence de remplir ce tonneau sans fond.
a écrit le 19/06/2015 à 7:34 :
il faut agir avant qu'ils soient sur notre territoire ou alors ce qui nous attend c'est ce qui se passe chez eux aujourd'hui ; mais ça qui en aura le courage politique ? nos gouvernants sont trop préoccupés par leur carrière .Il est grand temps de modifier notre constitution !
a écrit le 18/06/2015 à 20:29 :
On les laisserait couler en méditerrané, ce serait plus économique.
a écrit le 18/06/2015 à 16:52 :
On n'arrêtera pas la marée avec nos petites mains.
A moins de rétablir les empires coloniaux l'ordre ne règnera jamais dans le tiers monde et les gens seront toujours misérables et dominés par des corrompus incapables.
Au final nous allons être submergés par un phénomène logique d'osmose et ce n'est qu'une question de temps avant que le bordel qui règne là-bas soit notre avenir ici.

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