Allemagne : à 6,4%, l'inflation repart à la hausse pour la première fois en sept mois

L'inflation en Allemagne a accéléré en juin, à 6,4% sur un an selon des chiffres provisoires, contre 6,3% en mai. La hausse générale des prix a en revanche faibli en Italie et en Espagne. Ces signaux contradictoires compliquent la tâche de la Banque centrale européenne dans sa lutte contre les prix élevés en zone euro.
Cette hausse est plus nette que ne le prévoyait le consensus d'experts interrogés par Factset, qui anticipait une inflation à 6,3% sur un an.
Cette hausse est plus nette que ne le prévoyait le consensus d'experts interrogés par Factset, qui anticipait une inflation à 6,3% sur un an. (Crédits : Reuters)

C'est une première depuis le pic d'octobre : l'inflation en Allemagne a été enregistrée à la hausse en juin. L'indicateur augmente de 0,3% par rapport au mois de mai, selon les premières estimations de l'Office statistique Destatis publiées ce jeudi 29 juin.

Lire aussiAllemagne : l'inflation a bien reculé en mai, à 6,3% sur un an

Cette hausse de 6,4% est légèrement plus marquée que ne le prévoyait le consensus d'experts interrogés par Factset, qui anticipait une inflation à 6,3% sur un an. Servant de référence pour la Banque centrale européenne (BCE), l'indice des prix harmonisé est également reparti à la hausse à 6,8% en juin, sur un an.

Retour à la « désinflation » après l'été

L'indicateur en juin met en avant plusieurs effets de base. Les prix dans les services ont connu une poussée à 5,3% sur un an. Le billet unique de transport à 9 euros par mois dans tout le pays pendant les trois mois estivaux de 2022 n'a pas été renouvelé cette année. Les prix de l'énergie ont par ailleurs connu une hausse annuelle de 3%, après 2,6% en mai, en raison d'une baisse de la taxe sur le carburant en juin 2022 qui ne se retrouve pas cette année. Mais en tendance les prix de l'énergie sont en baisse après leur flambée en 2022, dans le sillage de l'invasion russe en Ukraine.

De son côté, l'inflation alimentaire continue de reculer, même si elle reste à des niveaux élevés, à 13,7% en juin. « Nous allons maintenant voir des taux d'inflation tout aussi élevés d'environ 6% pendant encore deux mois », estime Jens-Oliver Niklasch, analyste pour LBBW. Le mouvement de « désinflation » observé depuis octobre « devrait s'accélérer après l'été », assure même Carsten Brzeski, économiste à la banque ING.

Vents contraires en Europe

Contrairement à l'Allemagne, l'inflation a fortement baissé en Italie et en Espagne en juin. Elle s'affiche à respectivement 6,4% (contre 7,6% un mois plus tôt) et 1,9% (contre 3,2%). « Les chiffres allemands suggèrent que l'inflation globale de la zone euro est passée de 6,1 % à 5,8 % en juin », selon Capital Economics.

La hausse des prix en Allemagne reste encore bien au-dessus de l'objectif de 2% poursuivi par la BCE. Pour contrer ce phénomène, l'institution monétaire a déjà relevé ses taux directeurs de 4,0% sur les onze derniers mois et compte encore les relever lors de sa prochaine réunion prévue fin juillet.

Lire aussiInflation : l'Espagne passe sous la barre des 2% sur un an en juin

« Notre travail n'est pas fini », a déclaré sa présidente Christine Lagarde en début de semaine. La responsable a mis en garde mardi contre un revirement « trop rapide de la politique monétaire » face à un « processus d'inflation plus persistant », dans la zone euro. Elle a souligné l'« incertitude » entourant l'effet de ses politiques monétaires, autant dans leur « durée » que leur « niveau ». Une politique ouvertement critiquée ce mercredi par la Première ministre italienne, Giorgia Meloni.

(Avec AFP)

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 4
à écrit le 30/06/2023 à 7:34
Signaler
L'Allemagne le pays rêvé de nos "commentateurs" tellement nostalgiques du troisième reich. Et pourtant ils vivent en France ces gens là... -_-

le 30/06/2023 à 8:37
Signaler
Il faut quand même rester modeste!!! L'Allemagne a une dette qui est à 62% du PIB et une balance commerciale attendue en 2023 á 200 milliards € et un équilibre budgetaire attendu en 2024... Pas de "quoi quìl en coûte"...... alors que la France coule ...

à écrit le 29/06/2023 à 20:54
Signaler
J'espère ne pas etre le seul à avoir noté que le deuxième tour salarial quoi qu'il en coûte à été enclenché ce qui transforme un choc exogène en choc endogène, grâce aux syndicats qui ne manqueront pas désormais de venir manifester contre la rigueur...

le 29/06/2023 à 22:25
Signaler
ALERTE ROUGE Tout à fait d'accord avec vous : il n'y a que les directions qui devraient avoir le droit de s'augmenter, ce qu'elles ne font jamais pour préserver l'avenir de leurs sociétés Comme le montrent toutes les études. Halte à la démagogie. ...

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.