Attentats : l'Italie craint d'être la prochaine cible

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L'expression utilisée par le pape François, qui a parlé de troisième guerre mondiale qui se combat par morceaux, est largement reprise par la presse italienne.
L'expression utilisée par le pape François, qui a parlé de "troisième guerre mondiale qui se combat par morceaux", est largement reprise par la presse italienne. (Crédits : Bert Kaufmann)
A Rome, où se tient dans quelques semaines l'"Année sainte" proclamée par le Vatican, la tension est extrême. La péninsule a déjà été menacée à plusieurs reprises par Daech.

Article publié à 12h29, mis à jour à 14h14

Profonde empathie, et alerte extrême, en Italie au lendemain de la vague d'attentats qui a frappé Paris. La péninsule, qui sait qu'elle fait partie des cibles prioritaires de Daech, est sous le choc après cette attaque portée, selon la presse, "au coeur de l'Europe". Elle craint le pire, à moins d'un mois du début à Rome du Jubilée -l'"Année sainte" proclamée par le Vatican, qui devrait attirer plusieurs millions de catholiques à Rome.

Sur Twitter, selon le quotidien italien Il Sole 24 Ore, une menace explicite a d'ailleurs circulé ces dernières heures, proclamant:

"C'est maintenant le tour de Rome, Londres et Washington".

En octobre, un montage photographique montrant le drapeau noir de Daech hissé au sommet de la basilique de Saint-Pierre avait d'ailleurs été publié sur la revue Web de l'Etat islamique, Dabiq.

Les contrôles renforcés

Après avoir exprimé sa solidarité à la France et aux Français, le président du Conseil, Matteo Renzi, a immédiatement convoqué une réunion, samedi matin à 9h30, du Comité national pour l'ordre  et la sécurité publique, au ministère de l'Intérieur, composé des directions des forces de l'ordre et des services de renseignement. Matteo Renzi avait personnellement entendu ces derniers juste avant.

A l'issue de la réunion du comité, e ministre de l'Intérieur, Angelino Alfano, a déclaré:

"Nous avons élevé le niveau de sécurité, il est maintenant au deuxième niveau.Nous sommes donc au niveau qui précède celui maximal et qui permet l'utilisation des unités spéciales de l'armée". Les unités spéciales et les forces de l'ordre sont "prêtes à intervenir immédiatement", a-t-il précisé.

Les contrôles ont été renforcés aux frontières, gares, ports, aéroports, en particulier aux frontières avec la France. Le ministre a affirmé qu'il serait "contre-intutif d'exclure qu'il pourrait y avoir quelques infiltrations" parmi les migrants.

La visite du président iranien Hassan Rohani, prévue en Italie la semaine prochaine, a -comme en France- été annulée. Le ministère des Affaires étrangères a déconseillé aux Italiens de se rendre en France.

Unité nationale

Quant aux mesures particulières pour la ville de Rome -dont le maire vient d'ailleurs d'être déchu après un scandale lié à des notes de frais-, Alfano a confirmé le renforcement du nombre de militaires présents: 700 sont désormais immédiatement disponibles. Il a également précisé qu'une "nouvelle évaluation de la sécurité de la capitale en prévision du Jubilé sera effectuée avant le 20 novembre".

Mais, au-delà des mesures pratiques, Matteo Renzi s'est aussi adressé aux forces politiques en leur demandant de faire preuve de leur "plus grand sens des responsabilités car, en ce moment, il faut rester unis". Il rencontrera samedi après-midi les chefs de tous les groupes parlementaires -y compris ceux de l'opposition. Le Premier ministre italien partira ensuite, dimanche matin pour le G20 en Turquie.

État de guerre? Une armée européenne en réponse ?

L'expression utilisée par le pape François, qui a parlé de "troisième guerre mondiale qui se combat par morceaux", est largement reprise par la presse italienne. Il Sole 24 Ore va jusqu'à rappeler que la Constitution italienne, tout en rejetant la guerre "comme instrument d'offense à la liberté d'autres peuples et comme moyen de résolution des conflits internationaux"confère au Parlement le droit de "délibérer sur l'état de guerre et de conférer au gouvernement les pouvoirs nécessaires", et attribue au président de la République, à la tête de l'armée, le pouvoir de déclarer cet état de guerre.

Nombre de commentateurs évoquent aussi la nécessité de remettre sur la table le dossier, bloqué depuis les années 1950, de la constitution d'une armée européenne -et sur lequel la Commission européenne a relancé un processus de réflexion l'été dernier.

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