Brexit : l'UE va exempter les Britanniques de visas, même en cas de "no-deal"

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(Crédits : Francois Lenoir)
Les Britanniques pourront se rendre dans l'Union européenne sans visa, pour des courts séjours, même en cas de Brexit sans accord, selon un accord préliminaire conclu ce mercredi 3 avril entre le Parlement européen et le Conseil de l'Union européenne.

Les Britanniques effectuant de courts séjours dans l'Union européenne après le Brexit n'auront pas besoin de visa pour voyager, y compris en cas d'absence d'accord, selon un compromis conclu ce mercredi 3 avril entre le Parlement européen et le Conseil de l'Union européenne.

Cette exemption sera appliquée sous réserve de réciprocité de la part des autorités britanniques, et sera applicable dans tous les Etats membres de l'UE (sauf l'Irlande qui dispose de son propre arrangement bilatéral avec le Royaume-Uni) et dans les pays associés à l'espace Schengen (Islande, Liechtenstein, Norvège et Suisse), ont précisé les deux institutions dans des communiqués.

Cette disposition fait l'objet d'un accord préliminaire qui doit encore être confirmé par des votes en session plénière du Parlement européen et du Conseil, l'instance regroupant les Etats membres.

Une note de bas de page controversée sur Gibraltar

La négociation entre Européens de ce point sensible pour les millions de touristes britanniques qui traversent régulièrement la Manche a été marquée par une controverse sur un point annexe du texte. Elle a été provoquée par le fait que les Etats membres ont rajouté dans une note de bas de page, à la demande de l'Espagne, une référence à Gibraltar comme une "colonie de la couronne britannique".

Cette référence a ravivé un désaccord de longue date entre l'Espagne et le Royaume-Uni sur Gibraltar, ce territoire de 6,8 km² cédé par Madrid en 1713 à la couronne britannique, mais dont l'Espagne revendique la souveraineté.

Le rapporteur de la commission chargée d'examiner le texte au Parlement européen, le Britannique Claude Moraes, qui refusait d'accepter le passage controversé sur Gibraltar, a fini par être remplacé lundi sous la pression des Etats membres, ont indiqué des sources diplomatiques à l'AFP.

« Il n'est un secret pour personne que les négociations étaient bloquées à cause du cas de Gibraltar, mais au final le Parlement a pris ses responsabilités et a placé les intérêts des citoyens au premier plan », a tonné l'eurodéputé social-démocrate Sergei Stanishev, qui a remplacé M. Moraes, en fustigeant "l'approche irresponsable du Conseil".

La note de bas de page a été maintenue dans le texte de compromis, M. Stanishev arguant de la nécessité de faire passer rapidement la législation à l'approche du 12 avril approche, nouvelle date butoir du Brexit.

Le 12 avril, "dernière date butoir" pour ratifier l'Accord de Brexit

Le texte sera soumis au vote du Parlement dans son ensemble jeudi. « La législation doit être adoptée et publiée au Journal officiel de l'UE d'ici au 12 avril, en cas de Brexit sans accord à cette date », a précisé le Parlement dans un communiqué.

D'ailleurs, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a prévenu ce mercredi que le 12 avril est la dernière date limite pour la ratification de l'Accord de retrait du Royaume-Uni de l'UE.

« Un 'no deal' à minuit à cette date est désormais un scénario très probable. Ce n'est pas l'issue que je souhaite. Mais c'est une issue à laquelle j'ai fait en sorte que l'UE soit prête », a-t-il ajouté.

Cette déclaration douche ainsi tout espoir d'un nouveau report de la date de Brexit souhaitée par Theresa May. Après sept heures de discussions avec ses ministres, la dirigeante conservatrice a annoncé mardi, lors d'une allocution télévisée, qu'elle rencontrera le chef de file de l'opposition travailliste, Jeremy Corbyn, pour sortir de l'impasse parlementaire en cours.

Lire aussi : Brexit : les marchés doivent intégrer le risque de no-deal (Villeroy de Galhau)

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Commentaires
a écrit le 04/04/2019 à 10:50 :
On retourne au régime de 1954 et 1966 conclu sous l'égide du Conseil d'Europe...
a écrit le 04/04/2019 à 8:41 :
Une exigence de la finance je suppose...
Réponse de le 05/04/2019 à 3:20 :
On parle de Visa de tourisme, la regle de Visa des 90 jours s'applique pour les francais qui visitent le japon, la thailande. Les britaniques pourront rester 90 jours en France s'il le souhaite. C'est normal non? Rien a voir avec la finance. Les sympatisants des Gilets Jaunes disent vraiement n'importe quoi.
Réponse de le 08/04/2019 à 8:43 :
@ multipseudos:

donnes moi une preuve que nos politiciens n'appartiennent pas à la finance alors qu'ils les laissent s'évader fiscalement ?

Vas-y toto... JE te signale en attendant hein.
a écrit le 04/04/2019 à 4:13 :
Quel progres. Une exemption de visa pour les sejours courts !
Presque partout dans le monde cette mesure est en vigueur.
a écrit le 03/04/2019 à 23:40 :
Vive le BREXIT, puis le FREXIT !
Il faut voter UPR aux Européennes...
a écrit le 03/04/2019 à 22:45 :
Donc pas besoin d'être dans l'Union Européenne pour bénéficier de la liberté de circulation des personnes ? Voilà qui pourrait donner des idées à ceux qui en cherchent...
a écrit le 03/04/2019 à 21:20 :
Il faut que les anglais résidants dans l'UE , continuent comme avant, c'est ce que Mat aurait dû négocier, mais elle était en train de compter des milliards théoriques!
a écrit le 03/04/2019 à 18:50 :
Quelle faveur !!! De nombreux pays sont exemptés de visas pour les courts séjours.
a écrit le 03/04/2019 à 17:41 :
Et voilà comment un Brexit no deal peut passer comme une lettre à la poste, le seul gagnant étant le RU qui regagne la démocratie et les deux s' entendent dans un intérêt commun pour ne rien taxer, Merkel continue de vendre ses autos (25 % de la production allemande au RU et les britishs continuent quant à eux d' écouler leurs autos sur le continent).
Gentlemen' s agreement pour tous et porte ouverte à ceux qui veulent sortir!
Réponse de le 03/04/2019 à 19:58 :
Notez bien que le "gentlemen's agreement" a été obtenu en "remerciant" le rapporteur de la commission qui était britannique et sous condition de réciprocité.
a écrit le 03/04/2019 à 17:22 :
Le contraire aurait été bien mal vue, c'était déjà le cas avant la construction de cet administration hors sol qu'est l'UE de Bruxelles! Les frontières c'est eux qui les ont!

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