Brexit : les six propositions majeures du Royaume-Uni pour sortir de l'Europe

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Theresa May a convaincu les défenseurs d'un Brexit dur au sein de son gouvernement de la soutenir sur son projet de zone de libre-échange pour les biens dans l'UE.
Theresa May a convaincu les défenseurs d'un Brexit dur au sein de son gouvernement de la soutenir sur son projet de "zone de libre-échange pour les biens" dans l'UE. (Crédits : Axel Schmidt)
Le gouvernement britannique a présenté vendredi sa proposition sur les futures relations entre l'Union européenne et le Royaume-Uni après le Brexit, centrée autour de la création d'une "zone de libre échange".

La Première ministre britannique Theresa May s'est enfin accordée avec son gouvernement autour d'une ligne commune sur le Brexit dans l'espoir d'accélérer les négociations sur la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne (UE), prévue le 29 mars 2019. Alors qu'il reste neuf mois au Royaume-Uni avant de quitter l'UE et trois mois pour trouver un accord avec l'UE, Theresa May subit une pression intense de la part des Européens et des entreprises pour qu'elle dévoile sa vision sur les négociations.

"Aujourd'hui, lors de discussions approfondies, le gouvernement s'est entendu sur une position commune pour les futures négociations avec l'Union européenne", a annoncé dans un communiqué, Theresa May. "Désormais, nous devons tous accélérer les négociations pour offrir le futur prospère et sûr que notre peuple mérite".

Après des heures de négociations avec ses ministres lors d'un séminaire à Chequers, sa résidence de campagne située à 60 km de Londres, Theresa May a convaincu les défenseurs d'un Brexit dur au sein de son gouvernement de la soutenir sur son projet de "zone de libre-échange pour les biens" dans l'UE. Theresa May s'est montrée prudente quant à l'accueil réservé par Bruxelles à sa nouvelle proposition. "Cette une proposition qui, je crois, sera bonne pour le Royaume-Uni et bonne pour l'Union européenne et j'espère qu'elle sera accueillie positivement", a-t-expliqué dit devant des journalistes. Sur Twitter, le négociateur européen pour le Brexit, Michel Barnier, a salué l'accord: "Nous allons étudier les propositions pour voir si elles sont réalistes".

"C'est une nouvelle étape importante dans nos négociations avec l'UE (...) Mais évidemment nous avons encore beaucoup à faire avec l'UE pour nous assurer que nous allons arriver au bout en octobre", a-t-elle tempéré.

Zone de libre échange

"Notre proposition créerait une zone de libre échange entre le Royaume-Uni et l'UE avec un ensemble de règles communes pour les biens industriels et les produits agricoles", a déclaré la Première ministre Theresa May. Londres souhaite également que le Parlement britannique puisse rejeter de futures règles qui ne lui conviendraient pas, tout en acceptant les "conséquences" que cela pourrait impliquer.

"Souplesse" pour les services

La proposition britannique prévoit que le secteur des services fasse l'objet "d'arrangements différents", par rapport aux biens, pour conserver une "souplesse" de fonctionnement, notamment vis à vis des marchés hors UE. Londres accepte la fin du "passeport financier", qui permet aux sociétés de proposer leurs services sans entrave dans l'UE depuis le Royaume-Uni, et propose des accords pour "préserver les avantages mutuels des marchés intégrés et protéger la stabilité financière".

Fin de la libre circulation

La proposition britannique souhaite mettre "fin" à libre circulation des personnes pour "redonner" au Royaume-Uni le contrôle de sa politique migratoire. Londres aspire toutefois à un dispositif permettant aux citoyens britanniques et de l'UE de "continuer à voyager dans les territoires des uns et des autres", d'y faire des études ou de travailler.

Un cadre juridique

Le Royaume-Uni souhaite la mise en place d'un "cadre institutionnel commun" pour permettre le bon fonctionnement de la future relation avec l'UE, avec un mécanisme de résolution des conflits et un système d'arbitrage indépendant. Londres confirme également son intention de quitter la juridiction de la Cour de justice de l'UE, mais souligne que les tribunaux britanniques pourraient tenir compte de la réglementation européenne pour les affaires tombant sous le coup de "règles communes".

Droits de douane et frontières

Le gouvernement britannique propose d'appliquer à ses frontières "les droits de douane et règles commerciales du Royaume-Uni aux biens destinés au Royaume-Uni, et les droits de douane et règles commerciales de l'UE pour les biens destinées à l'UE". Selon Londres, ce système permettrait d'éviter les contrôles douaniers entre le Royaume-Uni et l'UE, une manière de résoudre l'épineuse question d'un rétablissement d'une frontière physique entre l'Irlande et l'Irlande du Nord.

Absence d'accord

Le gouvernement britannique réaffirme qu'il est dans l'intérêt des deux parties de parvenir à un accord sur le Brexit, prévu le 29 mars 2019. Mais, alors que la date fatidique se rapproche, il souligne aussi la nécessité d'"intensifier" le travail de préparation pour faire face à tous les scénarios possibles - en particulier celui d'une éventuelle sortie de l'UE sans accord avec Bruxelles.

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a écrit le 09/07/2018 à 12:56 :
"Mettre fin à la libre circulation" !!! J'étais lycéen étudiant en langue russe dans les années 70 et il m'est arrivé à trois reprises de voyager à Moscou au départ de la gare du Nord. Alors que le monde était en pleine guerre froide, nulle trace d'une zone de transit avec contrôle préalable des passeports, mais un seul et unique contrôle des visas une fois installé dans le train (wagons-lits russe avec du personnel russe), et ce jusqu'à Moscou. Aller à Londres aujourd'hui depuis cette même gare en prenant l'Eurostar....zone de transit obligatoire où il faut montrer patte blanche face à des personnels soupçonneux, contrôle sur quais quasi-systématiques avant de monter dans le train. Cherchez l'erreur...
a écrit le 09/07/2018 à 10:53 :
j'espère qu'on ne se fera pas pas encore enfler.
a écrit le 09/07/2018 à 7:14 :
A moins d'un an des élections Européennes, il peut être utile de lire la pensée de Mme Le Pen. Ainsi il y a un an, sur son blog "Carnet d'Esprérances", dans l'article "Brexit, un an après" il est possible d'évaluer la pertinence du modèle prôné par ceux qui considèrent que la priorité doit être donnée au contrôle de l'immigration, fusse au détriment de "l'orthodoxie économique". http://carnetsdesperances.fr/2017/06/23/brexit-an-apres/ i.e "Quelques éléments très objectifs permettent de mesurer que le Royaume-Uni tient bon, et dépasse même assez largement les performances des autres pays toujours soumis aux dogmes européistes, et surtout toujours invités à ne surtout pas entamer de débat sur les bienfaits et les méfaits de l’appartenance à l’Union européenne, enfermés dans l’absence de dialogue à ce sujet, contraints de toujours éloigner le peuple de toute réflexion en la matière."
Souhaitons, qu'en effet, la campagne future "permette de façon très objective aux peuples qui restent dans l'U.E. de réfléchir à l'exemple de nos voisins".
a écrit le 08/07/2018 à 12:24 :
L'Europe par le biais de Barnier va rejeter l'ensemble des proposition de May.
Comment imaginer le contraire ?
Réponse de le 08/07/2018 à 13:38 :
La Commission Européenne veut donner, il me semble, l'impression qu'elle restera aux manettes et que l'U.E impose sa Loi. Le R.U, emploie ces termes qui ne veulent rien dire, pour lui permettre de conserver cette image. Le R.U continuera à faire du libre échange avec les pays de l'U.E, ce qui change tout mais retenir que l'U.E peut arbitrer c' est permettre à la Commission de ne pas perdre la face. Qu'en pensez-vous ?
Réponse de le 09/07/2018 à 8:09 :
A Marie Nicolas.
Sans doute avez-vous raison sur l'idee de vouloir rester aux manettes ou a donner le change. Ce qui primera in fine sera le chorum lors du vote des 27. Jamais a mon sens les suggestions de May ne pourront etre validees.
Ce serait faire entrer le renard dans le poulailler et la reputation du RU de profiter tjrs davantage, n'est plus a faire. Il n'empeche, la "sortie" du RU de l'union va couter a tous et a la France en particulier. Cordialement
a écrit le 08/07/2018 à 10:30 :
Rien de veut venant de la Tamise, toujours la politique du cakisme. De Bruxelles on connait déjà la réponse: Non (peut être plus sympa que précédemment, non merci)

En même je suis dur, en faisant avaler ce brexit soft, elle fait admettre aux brexiters extrêmes qu'en fait y a rien de bon dans le brexit, aucun bénéfice que des pertes, et qu' il faut donc en atténuer les effets.

Inutile de dire que ça ne convient absolument à personne, ni aux brexiters ni aux remainers....Peut être aux européeens si on manoeurvre bien... on leur fourgue l'accord norvégien: raquer, prendre nos lois et se taire: LE REVE.
a écrit le 08/07/2018 à 9:13 :
On progresse, reste à fixer la cotisation britannique au budget de l'UE, qui devrait logiquement, en vertu de l'accès au marché unique, être assez comparable à la contribution nette du Royaume-Uni au budget de l'UE.
a écrit le 08/07/2018 à 7:31 :
je ne crois pas que Trump soit prêt à faire quoi que ça soit de concret pour le Royaume-Uni... les relations avec Theresa May sont exécrables. Trump n'a aucune vision à part faire différemment d'Obama et de tout critiquer et tout déconstruire. Mais ça ne sera pas bénéfique du tout aux US.
a écrit le 07/07/2018 à 23:03 :
Non, nein, no. Pas de EU à la carte. Ces propositions c'est du cherry picking. Je prends ce qui m'arrange et le reste.. La grande Bretagne mérite bien son nom de perfide albion.
a écrit le 07/07/2018 à 21:22 :
Marie Nicolas l'U.E a été voulue par les USA, mais dans le contexte économique où se trouve actuellement les USA, Trump veut la peau de l'économie florissante de l'Allemagne, et si pour cela l'U.E peut voler en éclats, c'est tant mieux.

Avec toutes les lois d'extraterritorialité qu'ils ont voté et renforcé depuis 2001, ils sont tranquilles et n'ont plus besoin de l'U.E et ni, s'il on y songe de l'OTAN qui leur coûte cher et ne leur rapporte rien, vu que, pour Trump l'ennemi n'est plus la Russie mais la Chine.

Il est d' ailleurs prêt à faire un pont d' or aux anglais si l' Ue leur casse un tant soit peu les bonbons!
a écrit le 07/07/2018 à 21:19 :
Ouais enfin, ça c'est le résultat des négociations avec les ministres du RU.
Maintenant il va falloir négocier ça avec l'UE. Et c'est pas gagné.
a écrit le 07/07/2018 à 16:32 :
Il me semble que dès le départ, ces propositions sont vouées à l'échec : l'UE avait posé comme préalable qu'il n'y aurait pas de libre circulation des biens sans libre circulation des personnes !!! ... donc ?
Réponse de le 07/07/2018 à 19:51 :
Sauf que cet argument est totalement pipeau aujourd'hui. De nombreux pays de l'UE ont retabli les controles aux frontieres, soit a cause de la crise migratoire (europe centrale), soit a cause du terrorisme (la France), et pourtant ils font toujours partie de l'UE ! Theresa May vient de (très) bien jouer :)
Réponse de le 07/07/2018 à 21:04 :
@wawate
Les contrôles aux frontières ne remettent pas en cause la libre circulation des personnes. La question est de savoir si j'aurais le droit d'aller au RU à volonté avec ma carte d'identité RF.
a écrit le 07/07/2018 à 15:30 :
NON. Ils poussent le bouchon à l'extrême.
a écrit le 07/07/2018 à 15:23 :
NON.
a écrit le 07/07/2018 à 15:03 :
J'aime le pragmatisme anglosaxon et surtout leur hypocrisie ...
Réponse de le 07/07/2018 à 21:19 :
Vous préférez le dogmatisme des pays du sud et les couleuvres que l' UE leur fait avaler contrairement aux anglo-saxons pragmatiques qui se taillent quand l' engeance menace ruine ....?
a écrit le 07/07/2018 à 12:59 :
S l'UE accepte ça, c'est la fin de l'UE car tout le monde en demandera autant: les avantages sans les inconvénients. Pour ma part, je suis "pour" car les Anglais ont raison. La dictature des fonctionnaires est un fléau et c'est le projet français. Je suis Anglais!!!!
Réponse de le 07/07/2018 à 17:20 :
Donc l'UE est loin d'être une zone démocratique?
Réponse de le 09/07/2018 à 14:23 :
MDR. ça ne l'a jamais été en même temps.
a écrit le 07/07/2018 à 12:01 :
tout simplement NON NON NON. Il ne faudrait pas que les politiques oublient que 2019 sera l'année des élections européennes et pour moi toute concession à la GB serait considérée comme un affaiblissement de l'Europe. L'Europe doit imposer et non subir . L'Europe déjà tellement affaiblit par les pays de l'est, l'Europe qui veut encore s'ouvrir à des pays comme l'Albanie est entrain de jouer sa survie car aujourd'hui elle ne vit plus elle est dans un état inquiétant (comateux) voir les dernières baisses de culottes et de pantalons devant M. Trump mais aussi devant les difficultés à mettre en place une vraie politique d'immigration et non des discours qui ne sont JAMAIS en phase avec la réalité. M. Macron grand!!! européen a montré ses positions se limitent soit au discours soit à avaler les couleuvres, le symbole le budget européen dont l'Allemagne l' a suivi pour une valeur au niveau du pourboire ou son pantalon au niveau des chevilles face à M. Trump dans l'affaire iranienne ou son discours gloriole sur l'accord des migrants déjà mis à mal le lendemain par l'Allemagne. L'Europe est dans une sorte de déroute qui ne tient que par des discours qui ne sont que des paroles de "petits bras" sans envergure internationale et encore moins sur une vision de ce que doit être l'Europe à l'échelle de la planète face aux deux grands actuels US, Chine rejoints demain par l'Inde. Je ne parle pas de M. Poutine qui malgré les sanctions avance avec un certain succès à contrario d'une France de discours et de com à outrance inversement proportionnelle à la réalité de l'économie de notre pays et d'une Europe qui n'existe pas.
Réponse de le 07/07/2018 à 14:45 :
L'Europe que l'on nous vend n'existe pas vraiment et n'a jamais existé de manière viable, c'est une "never was", c'est un fantasme. Et le problème de fond c'est que le projet européen n'a pas été formalisé et "l'Europe" qui existe aujourd'hui est rejetée par les peuples.
Donc tant que l'on aura pas répondu aux questions suivantes: qu'est ce que l'Europe, avec qui, pour quoi faire et comment, on ira dans le mur. Et les réponses à ces questions devront être validées par un referendum auprès des peuples qui constituent cette Europe.
Réponse de le 07/07/2018 à 18:21 :
@oblabla : insondable ignorance !! Il faut travailler un peu avant de dire ce chapelet d'âneries !!
a écrit le 07/07/2018 à 11:41 :
Cette proposition est ridicule .Il est impossible de distinguer la destination finale d'un bien importé en Grande Bretagne ,de faire payer les droits du Tarif Extérieur Commun à la douane anglaise ,(en les reversant à l'Union ? )et de penser qu'une zone de libre échange dispense des formalité et par exemple du contrôle de l'origine. !
a écrit le 07/07/2018 à 11:40 :
Une « zone de libre échange ». Bref, l’Europe sans l’Europe... ils ont de l’humour ces anglais, on ne peut pas leur retirer ça !
a écrit le 07/07/2018 à 11:39 :
Au fond ce qu'ils proposent, c'est ce qu'ils ont toujours voulu pour casser l'Europe, une zone de libre échange où ils pourraient faire n'importe quoi sans contribuer à rien.
a écrit le 07/07/2018 à 11:21 :
On voit nettement qu'ils cherchent a tirer le meilleur de cette sortie, en s'arrangeant encore une fois des droits spécifiques. On a assez perdu de temps avec eux. Ils sortent, un point c'est tout. S'il veulent un autre statut, ils prennent le même que la Norvège et consorts. Si on plie, c'est la porte ouverte au démantèlement pur et simple de l'Europe, pays après pays... Après, c'est peut-être ce que l'on cherche a faire... sans le dire...
a écrit le 07/07/2018 à 11:07 :
Pour RAPPELS, la GB n'a jamais vraiment été dans l'UE, ce pays a toujours bloqué un maximum de décisions et ils n'ont toujours cherché QUE les avantages sans les inconvénients. Soit, logiquement et calmement : QUE leur "devons"-nous..??
Réponse de le 07/07/2018 à 14:14 :
Il paraitrait même que ce sont eux qui ont poussé à un élargissement en force, rapide, précipitée, pour élargir le commerce, business, développer la City. Vu que le reste est "pas pour eux", si ça génère des difficultés & ennuis, peu importe, £££ avant tout. Perfide Albion.
a écrit le 07/07/2018 à 10:56 :
He, oui. Ils sont comme cela les britains.
Durs, tres dur en affaires. Mais la, ou ca achoppe, c'est qu'ils sont encore plus isoles desormais. En face , 27 pays qui rament ensemble dans un joyeux desordre.
Qui va l'emporter ? La reponse coule de source. Mais tout le monde va y perdre.

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