Brexit : quel impact sur le tourisme ?

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(Crédits : HANNIBAL HANSCHKE)
Le Brexit, effectif ce vendredi, n'imposera aucune nouvelle formalité aux touristes qui entreront ou sortiront du Royaume-Uni en 2020, et seule une forte variation du cours de la livre sterling pourrait jouer sur les flux de visiteurs, selon des experts du secteur.
  • Faudra-t-il un visa pour entrer au Royaume-Uni après le 31 ?

"Jusqu'à fin 2020 au moins, rien ne change pour les Français qui se rendent au Royaume-Uni, ni pour les Britanniques qui viennent en France", explique Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères. L'accord de Brexit négocié avec Bruxelles vise à garantir un passage en douceur vers une nouvelle relation, qui reste encore à définir. Mais le gouvernement britannique a assuré que les cartes d'identité de l'UE restaient valables pour les voyages jusqu'à décembre 2020.

Les trois ans et demi d'atermoiements qui ont suivi le référendum de juin 2016 ont cependant semé la confusion parmi les voyageurs, qui ne savent plus très bien s'ils ont besoin d'un visa ou d'un passeport pour traverser la Manche. "On a eu des interrogations mais qui se sont peu à peu tassées, on a un peu plus de demandes concernant les voyages scolaires et notamment les autorisations de sortie de territoire pour les enfants, mais là non plus rien ne change", relève Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage.

Tous les transporteurs - aériens, ferroviaires, maritimes, routiers - communiquent abondamment pour rassurer les clients français comme britanniques sur la "continuité du service" après le 31 janvier. "Le prix à la réservation est garanti, et aucune augmentation due au Brexit ne sera appliquée", précise Brittany Ferries, tandis qu'Eurostar souligne qu'il est "prévu de maintenir les services, horaires et conditions de vente après le Brexit".

  • La livre basse peut-elle dynamiser le tourisme au Royaume-Uni?

La livre sterling a perdu 15% de sa valeur par rapport à l'euro depuis le référendum. Une "aubaine, mais qui ne se traduit pas par une fréquentation supérieure", tempère Jean-Pierre Mas. Ainsi, 1,64 million de Français se sont rendus en Grande-Bretagne en 2018 pour un séjour strictement touristique, contre 1,77 million en 2017 et 1,89 million en 2015, selon VisitBritain, l'organisme chargé de la promotion du tourisme vers la Grande-Bretagne.

"Il y a eu un tassement. Mais le flux de Français reste primordial pour le Royaume-Uni" : ils représentent le deuxième contingent de visiteurs "en volume derrière les Etats-Unis", détaille Séverine Tharreau, directrice France de VisitBritain. Elle souligne aussi que les visiteurs français, toutes clientèles confondues, dépensent 1,4 milliard de livres (1,6 milliard d'euros) par an, ce qui les place en troisième position.

  • Les Britanniques vont-ils moins voyager après le Brexit?

En 2018, les arrivées britanniques dans l'Hexagone se sont établies à 13 millions, contre 12,7 millions un an plus tôt et 11,9 millions en 2016. "Le marché est résilient. Les signaux sont ambivalents, certains sont positifs, d'autres plus difficiles à lire", résume Gwenaëlle Delos, directrice pour le Royaume-Uni et l'Irlande d'Atout France, l'agence qui promeut le tourisme hexagonal à l'étranger.

Lire aussi : Brexit : en quittant l'UE, le Royaume-Uni peut-il redevenir un champion du libre-échange ?

Mais à fin septembre 2019, "les recettes touristiques en France émanant des visiteurs britanniques étaient en hausse de 6%. Et l'Hexagone demeure une destination privilégiée pour le ski". A Paris et en Ile-de-France cependant, les arrivées hôtelières des Britanniques ont baissé en 2019, à 1,72 million entre janvier et novembre, contre 1,97 million sur la même période un an plus tôt, et 1,84 million deux ans plus tôt, selon le Comité régional du tourisme.

  • La situation pourrait-elle évoluer au cours de 2020?

Le Brexit "ne devrait pas avoir beaucoup d'impact sur les flux touristiques, dans un sens comme dans l'autre. La seule chose qui pourrait avoir un impact, ce serait si le cours de la livre se dégrade encore plus, ou si l'euro se dégrade par rapport à la livre", estime Jean-Pierre Mas. "S'il y a une variable à surveiller, c'est le taux de change", renchérit Gwenaëlle Delos.

Mais selon elle, "on n'est plus dans une période d'incertitude. Il y a une étape claire et on sait qu'en 2020 rien ne va changer: on ne devrait donc plus avoir ces gros ralentissements dans les réservations qu'on constatait avant chaque étape du Brexit".

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Commentaires
a écrit le 30/01/2020 à 11:15 :
"La livre basse peut-elle dynamiser le tourisme au Royaume-Uni?"

Pour y habiter plus que pour le tourisme puisque vu le réchauffement climatique que nous subissons d'ici 20 ans il fera meilleur au RU libre en qu'en France asservie par la finance européenne en plus.

Avec dorénavant d'une pierre deux coups ben on va acheter des maisons en au royaume uni donc !

La bas c'est Londres, ici c'est bruxelles !
Réponse de le 30/01/2020 à 13:44 :
Je crois que c'est très cher, les maisons la bas, dépêchez vous d'investir (dans le nord si possible pour devancer le réchauffement) ! En Dordogne les retraités GB respirent, c'est très abordable comme tarifs (relativement).
Réponse de le 30/01/2020 à 14:47 :
En dordogne mais encore plus dans le lot, les anglais, rincés par la purge Blair et son néolibéralisme stupide, ont vendu leurs maisons, en masse à ce moment là c'était impressionnant même, que maintenant les belges achètent en moins grande quantité quand même permettant en effet une baisse des prix.

Et si les parisiens et autres pouvaient vendre leurs baraques qu'ils n'occupent même pas un mois dans l'année ce serait encore mieux.

Par contre dans sud ouest on a connu les plus grosses canicules de notre histoire cet été 2019 donc si on veut investir dans les coins il vaut mieux aller dans le Cantal puisque même la Corrèze que j'ai toujours connu verte, cet été 2019 était jaune, là aussi je n'avais jamais vu cela.

Le nord du RU serait bien si j'avais 20 ans en effet.

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