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ÉconomieUnion européenne

Brexit : quel impact sur le tourisme ?

Katia Dolmadjian, AFP

Publié le 30 janvier 2020 à 10:06 - Mis à jour le 30 janvier 2020 à 10:06

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Le Brexit, effectif ce vendredi, n'imposera aucune nouvelle formalité aux touristes qui entreront ou sortiront du Royaume-Uni en 2020, et seule une forte variation du cours de la livre sterling pourrait jouer sur les flux de visiteurs, selon des experts du secteur.
  • Faudra-t-il un visa pour entrer au Royaume-Uni après le 31 ?

"Jusqu'à fin 2020 au moins, rien ne change pour les Français qui se rendent au Royaume-Uni, ni pour les Britanniques qui viennent en France", explique Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères. L'accord de Brexit négocié avec Bruxelles vise à garantir un passage en douceur vers une nouvelle relation, qui reste encore à définir. Mais le gouvernement britannique a assuré que les cartes d'identité de l'UE restaient valables pour les voyages jusqu'à décembre 2020.

Les trois ans et demi d'atermoiements qui ont suivi le référendum de juin 2016 ont cependant semé la confusion parmi les voyageurs, qui ne savent plus très bien s'ils ont besoin d'un visa ou d'un passeport pour traverser la Manche. "On a eu des interrogations mais qui se sont peu à peu tassées, on a un peu plus de demandes concernant les voyages scolaires et notamment les autorisations de sortie de territoire pour les enfants, mais là non plus rien ne change", relève Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage.

Tous les transporteurs - aériens, ferroviaires, maritimes, routiers - communiquent abondamment pour rassurer les clients français comme britanniques sur la "continuité du service" après le 31 janvier. "Le prix à la réservation est garanti, et aucune augmentation due au Brexit ne sera appliquée", précise Brittany Ferries, tandis qu'Eurostar souligne qu'il est "prévu de maintenir les services, horaires et conditions de vente après le Brexit".

  • La livre basse peut-elle dynamiser le tourisme au Royaume-Uni?

La livre sterling a perdu 15% de sa valeur par rapport à l'euro depuis le référendum. Une "aubaine, mais qui ne se traduit pas par une fréquentation supérieure", tempère Jean-Pierre Mas. Ainsi, 1,64 million de Français se sont rendus en Grande-Bretagne en 2018 pour un séjour strictement touristique, contre 1,77 million en 2017 et 1,89 million en 2015, selon VisitBritain, l'organisme chargé de la promotion du tourisme vers la Grande-Bretagne.

"Il y a eu un tassement. Mais le flux de Français reste primordial pour le Royaume-Uni" : ils représentent le deuxième contingent de visiteurs "en volume derrière les Etats-Unis", détaille Séverine Tharreau, directrice France de VisitBritain. Elle souligne aussi que les visiteurs français, toutes clientèles confondues, dépensent 1,4 milliard de livres (1,6 milliard d'euros) par an, ce qui les place en troisième position.

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  • Les Britanniques vont-ils moins voyager après le Brexit?

En 2018, les arrivées britanniques dans l'Hexagone se sont établies à 13 millions, contre 12,7 millions un an plus tôt et 11,9 millions en 2016. "Le marché est résilient. Les signaux sont ambivalents, certains sont positifs, d'autres plus difficiles à lire", résume Gwenaëlle Delos, directrice pour le Royaume-Uni et l'Irlande d'Atout France, l'agence qui promeut le tourisme hexagonal à l'étranger.

Mais à fin septembre 2019, "les recettes touristiques en France émanant des visiteurs britanniques étaient en hausse de 6%. Et l'Hexagone demeure une destination privilégiée pour le ski". A Paris et en Ile-de-France cependant, les arrivées hôtelières des Britanniques ont baissé en 2019, à 1,72 million entre janvier et novembre, contre 1,97 million sur la même période un an plus tôt, et 1,84 million deux ans plus tôt, selon le Comité régional du tourisme.

  • La situation pourrait-elle évoluer au cours de 2020?

Le Brexit "ne devrait pas avoir beaucoup d'impact sur les flux touristiques, dans un sens comme dans l'autre. La seule chose qui pourrait avoir un impact, ce serait si le cours de la livre se dégrade encore plus, ou si l'euro se dégrade par rapport à la livre", estime Jean-Pierre Mas. "S'il y a une variable à surveiller, c'est le taux de change", renchérit Gwenaëlle Delos.

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Mais selon elle, "on n'est plus dans une période d'incertitude. Il y a une étape claire et on sait qu'en 2020 rien ne va changer: on ne devrait donc plus avoir ces gros ralentissements dans les réservations qu'on constatait avant chaque étape du Brexit".

Katia Dolmadjian, AFP

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