Bruxelles lance un audit sur les projets d’investissement des grandes entreprises européennes aux États-Unis
La Tribune

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne.
Lisi Niesner
La Tribune

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne.
Lisi Niesner
Alors que les tensions commerciales entre Bruxelles et Washington ressurgissent, la Commission européenne intensifie ses préparatifs en vue des discussions décisives avec l'administration américaine. Afin « d'armer » ses négociations, la Commission vient de solliciter, selon Reuters, plusieurs grandes entreprises européennes ainsi que des dirigeants d'organisations patronales afin d'obtenir des données précises sur leurs projets d'investissement aux États-Unis.
Cette initiative s'inscrit directement dans le cadre de l'élaboration de la stratégie européenne avant l'échéance du 9 juillet, date butoir fixée pour conclure un accord commercial avec Washington. En regroupant les données des entreprises européennes en matière d'investissements aux États-Unis, la Commission compte faire état des du rôle actif du Vieux Continent dans l'économie américaine.
D'après deux sources citées par Reuters, un questionnaire a été adressé en début de semaine aux membres de BusinessEurope, la principale organisation patronale européenne regroupant 42 fédérations nationales. Il leur est demandé de détailler leurs investissements à venir sur le sol américain, avec l'instruction d'y répondre dans les plus brefs délais.
Une démarche similaire a été entreprise auprès de la Table ronde des industriels européens (ERT), qui rassemble 59 grands groupes du continent. Selon l'une des sources, la requête aurait été formulée directement à l'initiative d'Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne.
Cette mobilisation s'inscrit dans un contexte de fortes tensions commerciales. Dimanche, à l'issue d'un entretien avec Ursula von der Leyen, Donald Trump a temporairement suspendu sa menace d'imposer des droits de douane de 50 % sur certains produits européens. Il a néanmoins fixé un ultimatum au 9 juillet, laissant aux deux parties quelques semaines pour avancer vers un compromis.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Le président américain continue de défendre une politique résolument tournée vers la réindustrialisation du pays. Il voit dans les investissements des entreprises européennes un levier potentiel pour relocaliser certaines chaînes de valeur sur le sol américain.
À lire également
Dans les discussions en cours, un scénario est à l'étude : un accord centré sur les produits industriels, qui seraient exonérés de droits de douane. En contrepartie, l'Union européenne pourrait s'engager à augmenter ses importations de produits américains stratégiques tels que le soja, le gaz naturel liquéfié (GNL) ou encore certaines technologies de défense.
(avec Reuters)
La Tribune