Bruxelles s'attaque à la concurrence déloyale des entreprises chinoises

Bruxelles a proposé mercredi de s'octroyer de nouveaux pouvoirs pour limiter les incursions dans l'UE des entreprises étrangères soutenues par l'État, une réponse européenne à la montée en puissance de la Chine.
(Crédits : Jason Lee)

Bruxelles a proposé mercredi de s'octroyer de nouveaux pouvoirs pour limiter les incursions dans l'UE des entreprises étrangères soutenues par l'État, une réponse européenne à la montée en puissance de la Chine.

Avec cette proposition, la Commission européenne entend se donner les moyens de bloquer une acquisition ou l'accès à un marché public si une entreprise étrangère est trop lourdement subventionnée.

"L'ouverture du marché unique est notre principal atout, mais elle doit s'accompagner d'une certaine équité", a expliqué la commissaire à la Concurrence, Margrethe Vestager.

La Danoise souligne que la législation en vigueur permet à l'UE de contrôler les aides accordées par les Etats membres, mais pas celles allouées par des pays tiers, ce qui crée des distorsions de concurrence.

Durcissement de l'UE vis-à-vis de Pékin

Ce texte s'inscrit dans le cadre d'un durcissement de l'Europe vis-à-vis de Pékin, son deuxième partenaire commercial après les États-Unis, avec qui elle s'efforce de maintenir un équilibre économique et diplomatique.

D'un côté, l'Allemagne souhaite garder des liens avec cette destination privilégiée pour ses exportations; de l'autre, certains États membres s'inquiètent de la concurrence déloyale d'entreprises chinoises largement subventionnées par le régime communiste.

La tension entre les deux blocs est aussi politique: l'UE a imposé des sanctions contre la Chine, accusée de violations des droits de l'Homme dans la région du Xinjiang. Celle-ci a répliqué en sanctionnant divers parlementaires européens, des universitaires et le think-tank allemand MERICS.

Selon la législation présentée mercredi, une entreprise étrangère qui cherche à acquérir une société européenne au chiffre d'affaires annuel supérieur à 500 millions d'euros devra notifier la Commission de "toute contribution financière reçue d'un pouvoir public d'un pays tiers".

Il en irait de même pour un groupe candidat à un grand marché public de l'UE, comme dans le rail ou les télécommunications, d'une valeur supérieure à 250 millions d'euros.

Dans le cas contraire, la Commission pourrait infliger des amendes.

Bruxelles prévoit aussi d'ouvrir des enquêtes de sa propre initiative dans les autres cas de figure.

Secteurs stratégiques

En cas de distorsion de concurrence, l'exécutif européen pourrait réclamer des mesures correctives, comme des cessions, et même interdire une concentration ou l'attribution d'un marché public.

Les prêts à taux zéro, un traitement fiscal préférentiel ou tout simplement des subventions directes pourraient faire partie des aides considérées comme faussant la concurrence.

La proposition, qui doit maintenant être examinée par le Parlement européen et les Etats membres, a été qualifié de "pas dans la bonne direction" par l'organisation patronale européenne BusinessEurope.

Le texte ne vise pas officiellement à contrer un pays en particulier, mais des sources européennes conviennent que les préoccupations concernant la Chine sont au cœur de sa rédaction.

Il est présenté peu de temps après l'accord surprise sur les investissements conclu fin 2020 entre Bruxelles et Pékin, après des années de blocage, qui doit encore être ratifié.

Le vice-président de la Commission, Valdis Dombrovskis, a déclaré mardi à l'AFP que les "efforts" de ses services pour cela avaient été "suspendus". "Dans la situation actuelle (...) l'environnement n'est pas propice à la ratification de l'accord", a-t-il affirmé.

La chancelière allemande Angela Merkel a cependant défendu mercredi cet accord, qu'elle a qualifié d'"initiative très importante" malgré "toutes les difficultés qui vont certainement apparaître en ce qui concerne la ratification".

Bruxelles a également publié mercredi une mise à jour de sa stratégie industrielle pour aider l'UE à réduire sa dépendance vis à vis de l'étranger et en particulier la Chine.

Le commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton, a souligné que l'UE avait été "trop naïve" dans son approche de certains secteurs stratégiques comme les puces électroniques, essentiellement produites en Asie.

La pandémie a appris à l'UE que "le partenaire d'hier ne pouvait pas être le partenaire d'aujourd'hui", a souligné le Français.

La Commission étudie les moyens de renforcer l'indépendance européenne dans plusieurs secteurs comme la 5G, l'hydrogène et éventuellement les lanceurs spatiaux et l'aviation à émissions nulles.

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Commentaires 7
à écrit le 08/05/2021 à 18:52
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Ils et temps ? mais trop tard la Chine vas devenir la première puissance économique du monde la feuttte de gouvernement européen et américain ?

à écrit le 06/05/2021 à 15:28
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les entreprise européennes ne peuvent pas s'établir à 100% en Chine, il leur faut OBLIGATOIREMENT un partenaire chinois à plus de 50% (donc majoritaire)

à écrit le 06/05/2021 à 12:16
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L'europe étant construit sur la concurrence déloyale en interne, c'est une vaste rigolade !!! Les mouvements de populations en europe sont directement en lien avec les lois européennes!! Les directives permettent une non concurrence par l'év...

à écrit le 06/05/2021 à 10:58
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Bruxelles s'en occupe: on est sauvés !

à écrit le 06/05/2021 à 10:22
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Où l'on découvre que la Chine n'a pas la même notion du temps que nous. Nous avons pris l'habitude de vouloir tout, tout de suite, "à pas cher". Les Chinois s'agitent chez eux, mais sur l'extérieur ils ont une vision à long terme. Il est bien tard po...

à écrit le 06/05/2021 à 9:42
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Si l'UE commence a en parler c'est que cela sera mis en place dans quelques années!

à écrit le 06/05/2021 à 8:30
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Après que le consortium européen financier a comme seules idéologies économiques le dumping fiscal et le dumping social c'est un mauvais timing même si les chinois ont besoin par contre en effet de tous les consommateurs potentiels du monde. "tro...

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