Comment la Grèce veut revenir sur les marchés internationaux

 |   |  559  mots
(Crédits : © Eric Vidal / Reuters)
Samedi, le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis a estimé que le rachat par Athènes des obligations grecques détenues par la BCE, faciliterait le retour du pays sur les marchés internationaux d'emprunt.

Samedi, le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis a estimé que le rachat par Athènes des obligations grecques détenues par la BCE, faciliterait le retour du pays sur les marchés internationaux d'emprunt.

Dans le cadre d'une aide aux pays les plus touchés par la crise de la dette, la Banque centrale européenne (BCE) avait décidé en 2010 de racheter des obligations souveraines grecques d'une valeur nominale de 27 milliards d'euros.

"Ces obligations créent un double problème aux finances grecques: d'une part l'arrivée à échéance d'une partie de ces obligations en été (l'Etat grec doit rembourser 6,7 milliards à la BCE (en juillet et août) crée un gap budgétaire important; d'autre part leur détention par la BCE empêche Athènes de participer au vaste programme du rachat des dettes des pays ("QE") lancé par la BCE", explique Yanis Varoufakis dans un entretien au quotidien Avghi (gauche).

Transfert de dette de le BCE au MES

Selon le ministre, la solution à ces problèmes "serait un prêt du MES (Mécanisme européen de stabilité, ndrl) à la Grèce avec un taux bas de 1,5% afin que le pays puisse racheter les obligations détenues par la BCE; cela permettrait le transfert de la dette de la BCE au MES ainsi que la participation du pays au programme QE, qui attirerait des investisseurs et marquerait le retour du pays sur les marchés".

Ce retour, "qui requiert également une restructuration de la dette publique, pourrait couvrir une grande partie de nos dettes au FMI, soit 19,9 milliards d'euros, grâce à l'émission de nouvelles obligations", ajoute-t-il.

Discussions avec l'UE et le FMI

Les investisseurs rechignent actuellement à acheter la dette du pays car Athènes et ses créanciers, l'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire européen (FMI), peinent toujours à arriver à un accord sur l'avenir financier du pays.

Le gouvernement de la gauche radicale Syriza souhaite alléger la politique d'austérité tandis que les créanciers veulent leur imposer de poursuivre le plan d'aide en vigueur depuis cinq ans. En raison des difficultés financières et du manque de confiance des investisseurs dans le gouvernement de gauche, la Grèce peine à revenir sur les marchés obligataires d'emprunt de moyen et long terme après son premier retour il y a un an pour se financer.

Malgré certains progrès enregistrés récemment dans les négociations entre Athènes et ses créanciers, ces derniers ont indiqué qu'il faudra encore de temps pour conclure un accord. A Athènes, le Premier ministre Alexis Tsipras a présidé samedi après-midi une réunion-marathon de plus de huit heures, samedi, avec des ministres chargés de la négociation avec les créanciers.

Parallèlement, à Bruxelles "d'intenses discussions" ont lieu samedi entre les experts grecs et ceux des créanciers, visant à arriver à un accord, selon l'Agence de presse grecque (Ana, semi-officielle). Elles doivent se poursuivre dimanche, selon la même source.

Le patron du MES, l'Allemand Klaus Regling, a appelé de nouveau samedi le gouvernement grec à poursuivre les réformes pour éviter des conséquences négatives sur l'avenir du pays.

"Si le gouvernement grec refuse de poursuivre le processus de réformes, il met en danger l'avenir du pays", a-t-il déclaré au magazine allemand Focus.

 (AFP)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 01/06/2015 à 9:57 :
La partie de bouzouki est finie ...il va falloir payer ou partir...mais, l'ardoise va couté cher aux européens, seulement 40 milliards + intérêts à la France...le plus intéressant en ce début de 21 siècle ,dans la liquidation de l'héritage du socialiste Papandréou , c'est que personne ni les grecques... ni les européens ...ne veulent ,ni ne peuvent fiancer les ardoises socialistes .....
Réponse de le 01/06/2015 à 14:33 :
PASOK et Nouvelle Democratie s'etant succédés au pouvoir depuis près de 40 ans, ces ardoises ne sont pas spécifiquement "socialistes"
Réponse de le 01/06/2015 à 14:39 :
de 2000 à 2010, il s'agissait du gouvernement conservateur. Et si l'ardoise n'est pas spécifique au gouvernement conservateur, c'est bien ce gouvernement qui a camouflé les comptes.
a écrit le 01/06/2015 à 9:18 :
un exellent article du type de monsieur Godin. Oui parfaitement les raisons évoquées de Vazrousfakir sont parfaitement valables et cà coulent de source. Bravo clap clap (((o)))(((o)))
a écrit le 01/06/2015 à 8:02 :
On vois ici encore une fois la tres tres tres grande compétence de la gauche européenne !😜👹
a écrit le 31/05/2015 à 21:29 :
on n'arrive plus trop a savoir si ce type est le 'monsieur petites blagues' grec, s'il est incompetent au point d'arriver a sortir des idioties du genre, ou si c'est juste un vaste manipulateur ( qui pourra pointer du doigt le responsable designe quand ca va derouiller, sur un petit air de ' c'est pas ma faute')
je vote pour la troisieme hypothese
a écrit le 31/05/2015 à 18:25 :
A lire Faroutakis ici et Tsypras ailleurs, on voit bien que les dirigeants grecs sont en plein délire. Les problèmes grecs viendraient des créanciers, les solutions relèveraient de la magie économique. Ou bien ils nous prennent pour des billes, ce qui est plus vraisemblable.
a écrit le 31/05/2015 à 11:20 :
Monsieur Y. Varoufakis est vraiment gonflé: revenir sur les marchés obligataires !
Cordialement

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :