La Chine concentrera la majorité de l'emploi industriel mondial en 2050

La Chine devrait voir sa part dans les emplois manufacturiers augmenter d'ici à 2050 et représenter 43% au niveau mondial, selon une étude américaine. A contrario, les États-Unis et l'Union européenne devraient voir la leur continuer à baisser, en dépit de leur souhait de réduire leur dépendance à l'industrie chinoise pour leurs approvisionnements, en relocalisant notamment des productions.
Depuis la pandémie de Covid-19 et le premier confinement au niveau mondial, les principales économies occidentales ont estimé que leur dépendance à l'industrie chinoise représentait un risque pour leurs chaînes d'approvisionnement.
Depuis la pandémie de Covid-19 et le premier confinement au niveau mondial, les principales économies occidentales ont estimé que leur dépendance à l'industrie chinoise représentait un risque pour leurs chaînes d'approvisionnement. (Crédits : China Daily CDIC)

D'ici 2050, la Chine concentrera 43% de l'emploi industriel mondial. En outre, l'Empire du Milieu sera l'un des seuls pays à voir ses emplois industriels progresser, selon une étude du Centre pour le développement mondial (CGD) de Washington, publiée ce lundi 30 octobre, réalisée sur les projections de 59 pays représentant plus de 75% du PIB mondial. A contrario du reste du monde, où la tendance sera plutôt à la baisse. Exemple à l'appui avec les économies avancées - États-Unis et Europe - dont la part de l'emploi industriel est voué à diminuer : elle devrait passer de 11,4% aujourd'hui à 8,3% d'ici moins de 30 ans.

Lire aussi« L'Union européenne a contribué à détruire une partie du tissu industriel français » (Arnaud Montebourg)

L'indépendance industrielle infructueuse sur le volet emploi

Pourtant, depuis la pandémie de Covid-19 et le premier confinement au niveau mondial, les principales économies occidentales ont estimé que leur dépendance à l'industrie chinoise représentait un risque pour leurs chaînes d'approvisionnement. La reprise rapide de l'économie post-confinement et les goulots d'étranglement observés dans l'approvisionnement ont incité l'UE et les États-Unis à mettre en place une stratégie pour réduire ces risques.

Résultat, certains amorcent une relocalisation de la production jugée stratégique, jusqu'ici réalisée en Chine. Washington a ainsi opté pour une stratégie agressive de réindustrialisation - notamment par le biais d'une enveloppe de 430 milliards de dollars de subventions - et Bruxelles pour une basée sur des fonds substantiels. Les États-Unis souhaitent également limiter les capacités chinoises relatives à la production de technologies de pointe, comme les microprocesseurs nécessaires au développement de l'intelligence artificielle (IA) afin de conserver une longueur d'avance en la matière.

Lire aussiL'IRA américain, le cauchemar de la réindustrialisation européenne

Reste que cette approche de relocalisation ne devrait pas trouver de traduction en matière d'emplois à terme, selon l'étude du CGD.

Pas de développement industriel prévu au Sud

Les pays les plus pauvres ne devraient d'ailleurs pas assister non plus à une hausse significative de leur part de l'emploi industriel. Elle devrait rester stable sur les 30 prochaines années, avec moins de 8% de la population active dans trois décennies.

Dans les faits, ces pays devraient passer d'une économie principalement agricole à une économie de services, sans connaître réellement de transition par un développement de leur industrie, comme cela a pu être observé dans les pays occidentaux ou en Chine et au Japon notamment.

« Cela ne signifie pas pour autant que ces pays ne réussiront pas à sortir de la pauvreté », a prévenu Ranil Dissanayake, un des auteurs de l'étude, cité dans un communiqué, « mais savoir en tirer partie nécessitera de faire les bons choix politiques et des efforts concertés ».

(Avec AFP)

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 8
à écrit le 30/10/2023 à 18:35
Signaler
Alors que dernièrement j'étais intervenu ici (mais ailleurs depuis des années) pour dénoncer le mythe de la "destruction-créatrice schumpétérienne" en Occident - post 2020 alors que certains "loulous" faisaient une honteuse comparaison avec l'ère du ...

à écrit le 30/10/2023 à 15:01
Signaler
La Réalistitude devrait être notre obsession ... Le commerce avec la Chine, c'est comme le commerce du pétrole gaz avec Poutine, plus on les enrichis, plus ils s'arment pour tout taper sur le gueule tôt ou tard ; IL Y A DES LECONS que les voyous en ...

le 30/10/2023 à 15:50
Signaler
vous etes un adepte de m philippe la ne doit rien produire et tout acheter aux chinois alors allez faire votre job en chine et une remuneration de ouigours

à écrit le 30/10/2023 à 14:25
Signaler
Pour mieux connaître la Chine, lisez le récit de Jean Tuan "Un siècle chinois". Le père de l'auteur est arrivé en France en 1929 depuis la région de Pékin où ses parents étaient des paysans aisés. Ses frères aîné et cadet le suivront. L'un sera cuisi...

à écrit le 30/10/2023 à 11:51
Signaler
Quelque peu aventureux d'avancer un tel chiffre à l'heure où la Chine se lamente de voir sa population vieillir et de ne même pas citer une seule fois l'Inde est ce bien sérieux ?

le 30/10/2023 à 12:53
Signaler
Les personnes qui ont réalisé cette étude ont été payés grassement pendant des mois avec de l'argent sûrement public(US ici) pour finalement nous pondre un truc invérifiable et comme vous le dites illogique connaissant la soif de développement des 1....

à écrit le 30/10/2023 à 11:07
Signaler
2050...c'est loin! Tout relocaliser est un non sens. Il est beaucoup plus intéressant de se concentrer sur les productions à haute valeur ajoutée et en parallèle durcir les normes, toutes les normes.

à écrit le 30/10/2023 à 10:42
Signaler
43% ! LOL ! Merci qui ? Merci l'oligarchie ! Ah mais non pardon c'est la faute aux gens qui ne veulent pas mourir en travaillant pour 300 balles par mois suis-je bête...

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.